06/06/2007
METZ: Un faits divers? Un signal d'alarme.
Il ne faut se garder de confondre faits divers et phénomènes de société. Et je dénonce trop les exloitations politciennes de faits d'actualité.
Mais ce qui s'est passé au Tribunal de Metz illustre tragiquement ce que peuvent avoir comme effets, le décalage entre les discours sécuritaire et les mesures effectives de sûreté, le manque d'évaluation de birn des décisons prises par les minsitres et leur bureaucratie, et le scandale de l'insuffisance des crédits alloués à la Justice.
Qui plus est, trop de discours de type populiste contre "les juges", surtout en période électorale, ont contribué à désacraliser la fonction de magistrats. C'est grave et dangereux.
C. C.
Les faits: un magistrat poignardé en pleine audience au tribunal
Le vice-président du TGI, chargé du tribunal pour enfants, a été grièvement blessé par la mère d'un enfant dont il venait de décider le placement en foyer. L'USM dénonce l'inaction du gouvernement. Sarkozy demande le renforcement des mesures de sécurité dans les juridictions.
Nicolas Sarkozy a exprimé mardi 5 juin son "profond soutien" au magistrat agressé à Metz et demandé à la ministre de la Justice Rachida Dati de lui présenter des mesures pour améliorer "la sécurité des juridictions".
Le président de la République a demandé à Rachida Dati, qui doit se rendre à Metz dans l'après-midi, de "rencontrer l'ensemble des magistrats et fonctionnaires du tribunal de grande instance de Metz pour leur faire part de sa solidarité face à cette agression", selon un communiqué de l'Elysée.
Poignardé pendant l’audience
Jacques Noris, vice-président du TGI chargé du tribunal pour enfants, a été poignardé par la mère d'un enfant dont il venait de décider le placement en foyer à Metz, alors qu'il présidait une audience au tribunal de grande instance (TGI) de Metz, a-t-on indiqué de source judiciaire.
Le magistrat a reçu trois coups de couteau au ventre, vers 10H30, et a été évacué par le Samu à l'hôpital Bon-Secours de Metz, a indiqué un médecin du Centre d'appels d'urgence (le 15).
Jacques Noris exerçait ses fonctions au TGI de Metz depuis avril 2000.
Une lame de 20cm de long
"Si on assurait la sécurité à l'entrée des palais de justice, aucun justiciable normalement constitué ne devrait pouvoir entrer avec un couteau qui, semble-t-il, en l'espèce a une lame de 20 cm de long", a-t-il estimé, en référence à l'agression de Metz.
"Les palais de justice ont été depuis 2002 désertés par la police à la demande de l'ancien ministre de l'Intérieur M. (Nicolas) Sarkozy qui considérait, avec ses services, que c'était une tâche indue que d'assurer la protection et la sécurisation des tribunaux", a ajouté le responsable de l'USM. "Ce désengagement n'a pas été compensé par des sociétés de surveillance parce que le budget de la justice ne permet pas de les payer", a-t-il expliqué.
"A force de vouer les juges aux gémonies, de systématiquement les contester dans toutes leurs fonctions, leurs missions, on aboutit forcément, dans la tête d'un certain nombre de justiciables un peu simples, à ce qu'ils règlent leurs comptes en direct avec le juge", a-t-il ajouté.
17:56 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : justce, violence, magistrature, police
05/04/2007
Interpellation musclée (et filmée) dans une banlieue de Rouen
Deux jeunes hommes se sont fait arrêtés de manière particulièrement violente par des policiers au cours d'un contrôle de voiture. un riverain a filmé la scène.

Une image tirée de la vidéo diffusée sur DailyMotion (DR)
Deux jeunes hommes ont été arrêtés par des policiers mardi soir à Mont-Saint-Aignan, dans la banlieue de Rouen, une interpellation musclée filmée par l'occupant d'un immeuble voisin et diffusée jeudi 5 avril midi par France 3.
Sur les séquences diffusées par France 3, on voit un policier plaquer la tête d'un des deux jeunes gens sur le toit d'une voiture. On distingue ensuite ce qui semble être des coups de pied donnés par des policiers à l'autre jeune alors qu'il est au sol.
Un chien est lâché ensuite contre lui. Enfin, on les distingue jetés sans ménagement dans un fourgon de police.
Garde à vue prolongée
De source policière, on indique que les deux personnes ont été interpellées au cours d'un contrôle pour conduite "apparemment" en état d'ivresse après un accident.
Elles ont été placées en garde à vue mardi soir pour outrages et rébellion. Cette garde à vue a été prolongée mercredi soir pour 24h00, a-t-on précisé de même source. "Nous sommes toujours dans cette configuration jeudi en début d'après-midi et non dans celle de fonctionnaires qui se seraient mal comportés", a-t-on ajouté.
France 3 a diffusé jeudi dans son journal de la mi-journée les images de cette interpellation, tournées par l'occupant d'un immeuble au pied duquel les violences se sont déroulées. Il a filmé pendant 40 minutes.
Mont-Saint-Aignan est une ville de la banlieue de Rouen qui n'est pas considéré comme "sensible".
Enquête administrative
Par ailleurs, le préfet de Seine-Maritime, Jean-François Carenco indique avoir saisi "le cabinet du ministre de l'intérieur aux fins qu'une enquête administrative soit diligentée par l'IGPN sur la consistance réelle des faits présentés (les images sont très floues) et sur les suites à y donner". Il rappelle qu'il appartient au procureur de la République "de diligenter une action publique s'il l'estime nécessaire".
Le préfet indique que, selon les comptes rendus de la police, "les individus en cause ont gravement agressé les policiers, ont proféré des menaces de mort inacceptables, tant à l'encontre des fonctionnaires de police que de leur familles". Selon lui, "la question qui se pose est celle de la proportionnalité de l'usage de la force face à une situation que chaque jour les fonctionnaires de police, dans des situations difficiles, sont amenés à engager en toute responsabilité".
Il affirme enfin que "les procédures de droit sont désormais à l'œuvre pour faire toute la lumière sur cet incident grave s'il est corroboré par l'enquête conduite sous l'autorité du procureur de la République".
21:37 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : police, violence, france, justice, politique
05/12/2006
La loi Sarkozy sur la délinquance: le 10 ième texte législatif "sécuritair" en france depuis 2002
Le projet de loi sur la prévention de la délinquance a voté en première lecture, aujourd’hui, à l'Assemblée nationale est la dixième loi pénale depuis 2002. Petit rappel, repris dans LE MONDE (article de Nathalie Guibert et Piotr Smolar)
. 30 AOÛT 2002 : LOI D'ORIENTATION POUR LA SÉCURITÉ INTÉRIEURE
Elle a fixé pour cinq ans les efforts budgétaires et humains consentis pour conduire la nouvelle politique de sécurité. Selon le ministère de l'intérieur, la loi a été "strictement respectée" pour la police. En cinq ans, 4 200 postes de policiers - et 2 000 de fonctionnaires administratifs, scientifiques et techniques -, ont été créés, et 1,1 milliard d'euros engagés. Pour la première fois, en 2007, les effectifs globaux de la police nationale dépasseront la barre des 150 000. Pour la gendarmerie, les objectifs ne sont pas intégralement tenus : 6 050 emplois auront été créés, contre 7 000 prévus, et 726 millions d'euros engagés pour 1,02 milliard d'euros prévus.
9 SEPTEMBRE 2002 : LOI D'ORIENTATION ET DE PROGRAMMATION POUR LA JUSTICE
C'était "un pilier de la lutte contre l'insécurité", avait expliqué le garde des sceaux, Dominique Perben. Le texte a prévu une augmentation des moyens des tribunaux : 9 620 emplois (dont 950 magistrats et 3 740 fonctionnaires pénitentiaires) et 2,8 milliards de crédits. Des objectifs respectés à 80 %. Il a, en matière pénale, donné le feu vert à un usage massif de la procédure de comparution immédiate en l'étendant à tous les délits passibles de 6 mois à 10 ans d'emprisonnement. La loi a aussi créé le "référé détention", par lequel le procureur peut s'opposer à une remise en liberté d'une personne placée en détention provisoire, ainsi que de nouvelles procédures, comme celle des témoins anonymes.
L'ordonnance de 1945 sur l'enfance délinquante est réformée en un sens plus répressif. Huit établissements pénitentiaires spécialisés pour les mineurs sont programmés. La loi crée des centres éducatifs fermés, et, dans ce cadre, autorise la détention provisoire dès 13 ans. Pour les jeunes de 16 à 18 ans, le jugement "à délai rapproché" est instauré. Enfin, la réforme a autorisé le juge des enfants à prononcer des "sanctions éducatives" dès 10 ans. Le texte a aussi aggravé les sanctions encourues en cas d'outrages contre les personnels des établissements scolaires.
18 MARS 2003 : LOI POUR LA SÉCURITÉ INTÉRIEURE
"La sanction, la répression, la punition, il ne faut pas en avoir peur", a répété Nicolas Sarkozy. La loi étend la consultation administrative des fichiers informatiques. Les policiers peuvent procéder à des contrôles d'identité sur la base d'une "raison plausible de soupçonner" une personne. La police judiciaire peut conduire des perquisitions informatiques, fouiller des véhicules dans de simples affaires de vol et recel. Toute insulte à un agent de la force publique devient passible de deux ans de prison, la peine passant à cinq ans en cas de menaces de mort. Un outrage public à l'hymne ou au drapeau français est puni jusqu'à six mois de prison si le délit est commis en réunion.

Autres nouvelles sanctions : deux mois de prison pour les regroupements intempestifs dans les halls d'immeuble, deux mois aussi pour le racolage, actif ou passif, six mois pour les campements interdits de nomades, trois ans pour l'encouragement à la mendicité, voire dix ans si l'exploitation est commise en bande organisée. La mendicité elle-même, en réunion et agressive, peut être sanctionnée de six mois de prison.
12 JUIN 2003 : LOI SUR LA VIOLENCE ROUTIÈRE
Le texte a aggravé la répression des atteintes involontaires à la vie commises au volant (sept ans encourus pour un homicide involontaire au lieu de cinq ans auparavant) et a durci la répression des mauvais conducteurs récidivistes. Il a développé le système des sanctions automatiques au moyen des radars, allongé de six mois à un an le temps imposé pour repasser un permis après retrait de tous ses points, et insaturé le permis probatoire pour les conducteurs novices.
27 NOVEMBRE 2003 : LOI SUR LA MAÎTRISE DE L'IMMIGRATION
La durée maximum de rétention administrative passe de 12 à 32 jours. L'objectif affiché est d'augmenter le taux de reconduite à la frontière, qui plafonne alors à 20 %. Le pouvoir des maires est renforcé pour le contrôle des certificats d'hébergement, qu'ils peuvent enregistrer dans un fichier des demandeurs. La carte de résident pour les étrangers entrés en France au titre du regroupement familial n'est plus automatique.
9 MARS 2004 : LOI ADAPTANT LA JUSTICE AUX ÉVOLUTIONS DE LA CRIMINALITÉ, DITE LOI "PERBEN 2 +"
Elle a fourni un nouvel arsenal contre les actes les plus graves de la délinquance, en renforçant significativement les pouvoirs de la police et du parquet : allongement de la garde à vue jusqu'à 96 heures, y compris pour les mineurs de 16 à 18 ans, allongement de l'enquête de flagrance de 8 à 15 jours, possibilité de perquisitionner la nuit, de poser des micros dans des lieux privés. Huit juridictions interrégionales spécialisées dans la grande criminalité ont été créées.
De nouvelles infractions sont ajoutées au code pénal, allant de la divulgation d'éléments d'enquête jusqu'aux actes zoophiles. Pour de nombreuses autres, la répression a été aggravée : pollution maritime, incendies de forêt, contrefaçon, racisme et homophobie, proxénétisme, aide au séjour irrégulier des étrangers, enlèvement et séquestration, etc.
Les procédures pénales rapides sont de nouveau développées, avec, notamment, la création du plaider-coupable à la française. Enfin, un fichier judiciaire national automatisé des auteurs d'infractions sexuelles (FIJAIS) est mis en place, tandis que le champ couvert par le fichier des empreintes génétiques (FNAEG) est étendu, le fichier pouvant être alimenté sans l'accord de l'intéressé.
12 DÉCEMBRE 2005 : LOI SUR LA RÉCIDIVE
Elle renforce encore le dispositif. La volonté exprimée depuis 2003 par M. Sarkozy d'instaurer des peines planchers est à l'origine de ce texte. Conçue pour les grands criminels, la loi vise finalement aussi les auteurs de délits. La définition juridique de la récidive, qui entraîne le doublement des peines encourues, est élargie. Les violences volontaires aux personnes sont désormais assimilées à tous les délits commis avec la circonstance aggravante de violence, ce qui fait entrer en situation de récidive légale un grand nombre d'auteurs de délits.
L'emprisonnement des récidivistes est facilité. A l'audience, le tribunal correctionnel ne peut plus laisser en liberté la personne, à moins d'une décision spécialement motivée. Les peines de sursis avec mise à l'épreuve sont limitées. Les temps d'épreuve de la libération conditionnelle sont augmentés pour les récidivistes, et les réductions de peine auxquelles ils ont droit, diminuées. Le placement sous bracelet électronique mobile est instauré.

24 JANVIER 2006 : LOI SUR LE TERRORISME
A la suite des attentats de Londres, le 7 juillet 2005, le gouvernement a décidé de renforcer le dispositif antiterroriste français, de nature préventive. Les peines encourues en cas de préparation d'un attentat sont aggravées. La garde à vue est prolongée de quatre à six jours. Les transporteurs aériens sont obligés de communiquer les données relatives aux passagers. Les données de connexion Internet sont conservées par les cybercafés. Enfin, l'installation de la vidéosurveillance est facilitée aux abords des bâtiments privés. Une mesure qui dépasse largement le cadre de la lutte antiterroriste.
25 JUILLET 2006 : LOI SUR L'IMMIGRATION ET L'INTÉGRATION
Deuxième loi de la législature sur le sujet, elle vise à durcir les conditions du regroupement familial (durée d'installation, critères d'intégration, etc.) et celles d'entrée des migrants. Il faut désormais dix-huit mois, contre douze auparavant, pour déposer une demande de regroupement familial. Autre mesure phare : l'abrogation du dispositif de régularisation de plein droit après dix années de séjour.
19:20 Publié dans Repères | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : justices, lois sarkozy, violence, délinquances, immigration







