05/11/2007

La lettre de l'Observatoire des inégalités

Inégalités : l’essentiel.
L’Observatoire des inégalités lance les "Dossiers de l'Observatoire". Le premier numéro synthétise les principaux éléments d’information sur les inégalités en France : les questions clés et les chiffres de base. lire l'article ...

 

Les inégalités entre hommes et femmes dans la fonction publique
La fonction publique est largement féminisée, sauf dans les emplois de direction. lire l'article ...


Les revenus démesurés des grands patrons
En 2006, Bernard Arnault (LVMH) a touché l’équivalent de 27 000 années de Smic net en dividendes et les revenus de Louis Schweitzer (ex-Renault) se sont montés à un millénaire de Smic... lire l'article ...


Plus de 800 millions de personnes sous-alimentées
Plus de 800 millions de personnes demeurent sous-alimentées dans les pays pauvres... lire l'article ...


L’impôt de solidarité sur la fortune et les territoires
L’ISF a rapporté 3,68 milliards d’euros en 2006. Près de la moitié de cet impôt provient de la région Ile-de-France, en particulier de Paris. lire l'article ...

Articles

L’engagement militant de la grande bourgeoisie
La notion de militantisme est en général attachée aux mouvements politiques et syndicaux mais la grande bourgeoisie n’est pas en reste quand il s’agit de protéger les beaux quartiers. Une analyse de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, sociologues, extrait du livre "Les Ghettos Du Gotha", ed Seuil, 2007. lire l'article ...

 


Repenser l’égalité des chances
Qu’est-ce que l’égalité des chances ? Une utopie, un objectif politique crédible, une idéologie trompeuse ? Dans Repenser l’égalité des chances (Grasset, 2007), Patrick Savidan, Président de l’Observatoire des inégalités, réouvre le dossier et en défend une redéfinition qui ouvre sur la possibilité d’une "égalité des chances soutenable". lire l'article ...

 


Le nombre de travailleurs pauvres diminue mais reste préoccupant
Le nombre de travailleurs pauvres diminue selon les données officielles. Une analyse de Julien Damon, chef du département Questions sociales du Centre d’analyse stratégique, Professeur associé à Sciences-Po (cycle d’urbanisme). lire l'article ...

 


Le président de la République veut réduire la pauvreté
Réduire d’un tiers la pauvreté en cinq ans, pourquoi pas ? Mais cela risque d’être difficile si l’Etat continue à utiliser toutes ses marges de manoeuvre au profit des plus aisés. L’analyse de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités. lire l'article ...


Comment mesure-t-on la pauvreté ?
Qu’est-ce qu’être pauvre ? Comment mesurer la portée du phénomène ? Les statisticiens utilisent trois types de mesures. Les explications d’Isabelle Gautier, professeur de sciences économiques et sociales. lire l'article ...


L’Observatoire des inégalités ouvre une nouvelle antenne en Ile-de-France
lgo obs L’Observatoire des inégalités ouvre une nouvelle antenne en Ile-de-France, grâce au soutien de la région Ile-de-France et du département du Val-de-Marne. lire l'article ...

 


"La démocratisation de l’école doit être poursuivie" entretien avec Eric Maurin
L’ambition d’une même éducation pour tous, jusqu’à 16 ans, est aujourd’hui remise en cause. Dans La Nouvelle question scolaire (Seuil, 2007), Éric Maurin, directeur de recherche à l’École des hautes études en sciences sociales, dénonce une telle évolution. Propos recueillis par Bernard Le Solleu, journaliste à Ouest-France. lire l'article ...

 


Les classes moyennes en quête de définition
logo cas De qui parle-t-on lorsque l’on évoque les « classes moyennes » ? Une définition, proposée par Virginie Gimbert et Arnaud Rohmer. Extrait de la note de veille du Centre d’analyse stratégique. lire l'article ...

27/09/2007

Immigration:Emmaüs et la Cimade dénoncent un autre amendement au projet Hortefeux

Alors que les tests ADN étaient au centre des débats, un autre amendement au projet Hortefeux a été voté par les députés, au terme duquel les sans-papiers n'auraient plus accès à l'hébergement d'urgence.

Lors d'une grève de la faim de sans-papiers à Lille en juillet

Lors d'une grève de la faim de sans-papiers à Lille en juillet

(c) Reuters

 

Emmaüs et la Cimade ont dénoncé un article du projet de loi Hortefeux sur la maîtrise de l'immigration, qui exclut les sans-papiers de l'accès à l'hébergement d'urgence. Dans un communiqué, les organisations demandent au Sénat de le censurer comme il a supprimé la mesure concernant les tests ADN pour les candidats au regroupement familial.
L'article 21, qui provient d'un amendement adopté le 19 septembre lors des débats à l'Assemblée, introduit une modification de l'article 4 de la loi sur le droit au logement opposable (DALO). Il conditionne en fait l'accès à l'hébergement d'urgence au fait de pouvoir "justifier de la régularité de son séjour sur le territoire dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat".

"Stigmatisation et marginalisation"

Pour Emmaüs et la Cimade, "cet amendement, en excluant de fait les sans-papiers des dispositifs d'hébergement d'urgence et de stabilisation, change la nature même de ce type d'hébergement qui a vocation à accueillir toute personne, sans discrimination d'aucune sorte".
Les associations, "fortes de leur expérience d'accueil, d'hébergement et d'accompagnement des personnes à la rue et des migrants, s'indignent que le principe d'inconditionnalité de l'accueil puisse être remis en question".
"On ne peut imaginer que, dans le pays des droits de l'Homme, les personnes qui sont à la rue et en situation irrégulière ne puissent trouver un abri. Leur refuser ce droit élémentaire tout au long de l'année serait un pas franchi dans la stigmatisation et la marginalisation de ces personnes, et porterait une atteinte inacceptable à la dignité et à l'égalité de traitement des personnes", s'indignent Emmaus et la Cimade, organisation œcuménique d'entraide.
Les associations demandent au Sénat "de censurer ce nouvel article qui va à l'encontre de l'inconditionnalité de l'accueil, et donc des droits de l'Homme".

26/08/2007

Produit odorant anti-SDF....

La ministre du Logement qualifie d'"atteinte à la dignité de la personne humaine" la décision de la mairie UMP d'Argenteuil (Val-d'Oise) de chasser les SDF par l'odeur.


(Reuters)

 

La décision de la mairie UMP d'Argenteuil (Val-d'Oise) de chasser les SDF par l'odeur a provoqué samedi 25 août la réaction indignée de la ministre du Logement, Christine Boutin, qui "dénonce avec la plus grande fermeté de tels procédés".
"Le principe même de l'utilisation de produits de ce type constitue en effet une atteinte à la dignité de la personne humaine parfaitement inacceptable", indique le ministère, dans un communiqué. Le ministère promet de mettre "tout en œuvre dès les prochains jours pour aider les communes concernées à trouver des solutions qui préservent à la fois la dignité de la personne et le respect des riverains", sans plus de détails.

Un procédé "immonde"

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a lui aussi réagit samedi, qualifiant d'"immondes" les procédés de la mairie: "Le maire d'Argenteuil a une attitude particulièrement méprisable du fait des procédés immondes auxquels il fait appel pour 'éliminer' les Sans Domiciles Fixes de sa ville", a dénoncé Bernard Thibault.
Il fustige "un comportement indigne vis-à-vis des plus démunis de notre société qui génère de l'exclusion sociale".
Le dirigeant syndical juge également qu'il est du "devoir des salariés au service de leurs concitoyens dans les collectivités publiques de refuser des missions portant atteinte à la dignité humaine".

Les agents ont refusé de le diffuser

La mairie d'Argenteuil a reconnu vendredi s'être procuré du "Malodore", un produit répulsif, pour éloigner les SDF vivant notamment aux abords du centre commercial.
Selon un agent de la mairie, un carton de produits répulsifs a été acheté en juillet. Le carton précisait que le produit était toxique et irritant, et qu'il ne fallait pas le respirer. Les agents ont donc refusé de le diffuser.
La direction du centre commercial "Côté Seine" a reconnu que le produit, qui lui avait été donné "par la mairie", a été diffusé au niveau des sorties de secours de la galerie marchande, où des SDF ont leurs habitudes. La direction soutient que le produit n'est pas dangereux.

Le maire UMP d'Argenteuil, Georges Mothron, prend chaque été des arrêtés municipaux pour interdire la mendicité dans le centre. En 2005, la préfecture du Val-d'Oise avait annulé une de ces arrêtés qui évoquait une "gêne olfactive anormale" liée à la présence des SDF.
Le 6 août dernier, la mairie a pris un nouvel arrêté interdisant la mendicité dans le centre d'Argenteuil pendant l'été

28/07/2007

Une enquête sur la discrimination contre les autistes est ouverte

e2383e607949e7ab33c2caa107443232.jpgL'association "Léa pour Samy" fustige une politique française de mise à l'écart des enfants autistes, contraire à celle de la Belgique où sont scolarisés plus d'un millier d'entre eux.

 

Le parquet de Paris af1ee0c4984bd3b664d57d25263590af.jpga ouvert début juillet une information judiciaire pour "discrimination" après une plainte déposée en septembre 2006 par l'association de parents d'enfants autistes "Léa pour Samy".

L'association estime que les pouvoirs publics ont "mis en place sciemment une discrimination" des enfants autistes, en les plaçant dans des hôpitaux psychiatriques ou en obligeant les parents à les envoyer dans des institutions spécialisées et privées en Belgique. Elle condamne des moyens insuffisants et inadaptés.
Par cette plainte, "Léa pour Samy - La voix de l'enfant autiste" souhaite "mettre en lumière la prise en charge catastrophique des enfants atteints d'autisme dans notre pays" avec notamment un accès "impossible" à l'école, expliquait-elle en mars.

f6a44f47a91626dcbb94dfef0ecbc2bf.jpgFaire rendre des comptes à l'Etat
Le magistrat Patrick Ramaël a été désigné pour instruire cette enquête qui vise les faits de "discrimination à raison de l'état de santé et du handicap".
En mars, l'association demandait que le juge d'instruction qui serait saisi "convoque des hauts fonctionnaires du ministère de la Santé et de hauts responsables de l'Etat pour rendre compte".
L'association avait à cette période assuré qu'une dizaine de familles étaient prêtes à se joindre à sa plainte avec constitution de partie civile. Cette procédure débouche quasi-systématiquement sur l'ouverture d'une information judiciaire.
La France épinglée par le conseil de l'Europe en 2004

Selon une étude de 2005 du ministère de la Santé, seulement 10% des enfants autistes en âge d'aller à l'école "bénéficient d'une intégration scolaire ou d'une formation professionnelle en milieu ordinaire".
La France a déjà été épinglée en 2004 par le Conseil de l'Europe en raison de l'insuffisance des structures d'accueil pour les autistes dans l'éducation.
De nombreuses familles vivant dans le nord de la France scolarisent leurs enfants autistes en Belgique, où ils reçoivent une meilleure pédagogie et un meilleur accueil. Le nombre d'autistes français suivis outre-Quiévrain est évalué entre un millier et plus de 1.500 selon les associations.
Les associations estiment à environ 100.000 le nombre de personnes touchées par l'autisme.

 

cb67de82e20a2d9f694a4a7f7d394a84.jpg

Les objectifs de l'association "Léa pour Samy"

Qu'est-ce que l'autisme ?

La loi du 12 juillet 1990 relative à la protection des personnes contre la discrimination en raison de leur état de santé ou de leur handicap

L'étude d'avril 2005 du ministère de la Santé sur l'intégration scolaire des enfants autistes (en PDF)

La condamnation par le Conseil de l'Europe de la France le 10 mars 2004

Le handicap sur le site du ministère de la Santé

Quelques réflexions sur l'intégration des enfants autistes à l'école

Le site de l'Union Nationale des Associations de Parents et Amis de Personnes Handicapées Mentales (UNAPEI)

Le site du Centre National de Recherches et de Ressources pour la Formation Professionnelle des Travailleurs Handicapés (CNTH)

26/07/2007

Les inspecteurs du travail ne veulent pas être des chasseurs d'étrangers en situation irrrégulière.

Les syndicats de l'inspection du travail ont déposé un recours devant le Conseil d'Etat. Ils contestent la légalité de la nouvelle compétence relative le "travail illégal des étrangers" introduite dans leurs missions, ainsi que leur rattachement au ministère de l'Immigration, de l'identité nationale et du co-développement de Brice Hortefeux.

25/07/2007

Immigration: Hortefeux ignore le code du travail

REPRIS SUR RUE89 Les inspecteurs du travail protestent contre un décret du ministre qui les fait passer pour des auxiliaires de police. Un article de Zineb Dryef

Après les historiens, c’est au tour des inspecteurs du travail de s’élever contre Brice Hortefeux, le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale. Quatre syndicats de l’inspection du travail ont déposé un recours devant le Conseil d’Etat contre un décret d’attribution du ministre qui lui permet d’utiliser les inspecteurs du travail dans la recherche des travailleurs étrangers illégaux.

"Nous attendons la décision du Conseil d’Etat." Le commentaire laconique du service de la communication du nouveau ministère de l’Immigration témoigne de l’embarras dans lequel se trouve Brice Hortefeux. Dans ce ministère hybride, le mot d’ordre principal semble être, pour le moment, "expulsions". A tel point qu’un "décret Hortefeux" publié le 1er juin suscite la colère des inspecteurs du travail.

Ce décret permet de placer la Direction générale du travail sous l’autorité du ministère de l’Immigration, alors même que son référent principal est le ministère du Travail, en conformité avec la convention n°81 de l’Organisation internationale du travail (OIT), qui garantit l’indépendance de l’inspection du travail.

En clair, avec ce nouveau décret, la police pourra entrer dans n’importe quelle entreprise, à n’importe quel moment, pour y effectuer des contrôles. Ce qui n’était pas le cas avant, l’autorisation d’un juge étant un préablable à tout contrôle effectué par les services de police. Les inspecteurs du travail ont, eux, ce droit de contrôle permanent sur les entreprises.

Pierre Mériaux, membre du bureau national du SNU-TEF (travail, emploi, formation) s’indigne de ce décret qui pose, selon lui, un "problème juridique et pratique grave".

Depuis 2005, une circulaire commune à Nicolas Sarkozy et à Gérard Larcher (alors ministre du Travail) prévoyait des contrôles communs de l'inspection du travail et de la police. Cette circulaire a été largement boycottée par les syndicats.

Aujourd'hui, un tel décret, s'il venait à être maintenu par le Conseil d'Etat, systématiserait ces contrôles et placerait l'inspection du travail sous l'autorité de Brice Hortefeux. Gérard Mériaux estime qu'il s'agit là d'une "violation flagrante de la convention 81 de l'OIT, ce qui est très grave car cette convention est précieuse pour nous, elle garantit l'indépendance de l'inspection du travail: sans cela, nous sommes soumis à tous les aléas de la vie politique alors que notre mission fondamentale est de veiller à l’application des dispositions du code du travail".

Un seul objectif: "Bourrer les charters"

Pour les quatre syndicats, représentant 80% de la profession, l'objectif de Brice Hortefeux est clair: "Bourrer les charters." Aspiration qui ne colle pas tout à fait à l'idée que se font de leur métier les inspecteurs du travail: "Les dispositions qu'on applique sont celles du code du travail, qui protègent les salariés..."

Démonstration: un inspecteur qui, lors d'un contrôle, tombe sur un employé sans-papiers est censé enclencher le dispositif de sanctions visant l'employeur. Le code du travail prévoit d'ailleurs que l'employé reçoive, quelle que soit son ancienneté, un mois de dommages et intérêts. Cette compensation financière vise à le faire reconnaître comme victime et à pénaliser l'employeur ainsi contraint de la verser. Or, lors des contrôles de police dans les entreprises, cette mesure permettant de recouvrer un mois de salaire n'est quasiment jamais mise en œuvre.

Là encore, les syndicats dénoncent une dénaturation de leur profession et une situation "intenable" du point de vue déontologique: "Nous devenons ainsi de simples auxiliaires de police", des "ouvre-boîtes".

La manifestation la plus claire de cette dérive policière reste sans doute la lettre de mission de Nicolas Sarkozy adressée à Brice Hortefeux et donnant le nombre d'expulsions à atteindre pour 2007: 25000. Pour Pierre Mériaux, le ministre de l'Immigration a, par ce décret, fait main basse sur l'inspection du travail:

06/07/2007

Discrimination raciale à l'embauche

PARIS (Reuters) - La société Garnier, filiale du géant mondial des cosmétiques L'Oréal, a été condamnée à 30.000 euros d'amende dans un dossier visant une discrimination raciale à l'embauche en 2000.

La cour a infirmé le jugement de première instance qui avait relaxé la société. L'ancien patron français de Garnier Laurent Dubois est relaxé.

Adecco, spécialiste du travail intérimaire, jugé pour les mêmes faits, et son partenaire de communication Ajilon (ex-Districom) sont condamnés à 30.000 euros d'amende chacun. Une ancienne employée d'Adecco Thérèse Coulange est condamnée à trois mois de prison avec sursis.

Garnier était accusé d'avoir demandé d'exclure les candidates d'origine arabe, africaine ou asiatique d'emplois d'animatrices en grandes surfaces, lors d'une campagne promotionnelle en 2000 dans la région parisienne pour les produits "Fructis Style".

Cette procédure visant de grandes sociétés cotées en Bourse est une première judiciaire en France, où les poursuites pénales pour racisme dans le monde du travail sont rares.

Les personnes physiques encouraient en théorie jusqu'à trois ans de prison et 45.000 euros d'amende, les sociétés une amende allant jusqu'à 220.000 euros.

04/05/2007

Un suicide reconnu comme accident du travail

La Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) a reconnu comme un accident du travail le premier de la série des trois suicides de salariés du Technocentre de Renault, celui d'Antonio B., un ingénieur surmené et mis sous pression par sa hiérarchie.

 

 

(c) Reuters

 

La Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) des Hauts-de-Seine a reconnu comme un accident du travail le suicide d'un salarié du Technocentre de Renault à Guyancourt (Yvelines), a-t-on appris jeudi 3 mai, auprès de l'avocate de la veuve.
Antonio B., ingénieur en informatique de 39 ans et père d'un garçon de 11 ans, s'était jeté du 5e étage du bâtiment principal du Technocentre le 20 octobre 2006.
"Cette reconnaissance d'un lien avec le travail est une étape symbolique importante, sans compter les indemnisations auxquelles cela donne droit", a déclaré Me Rachel Saada en précisant que la veuve du salarié avait reçu le courrier de la CPAM ce jeudi 3 mai.
"Nous allons maintenant tenter de faire reconnaître la faute inexcusable de Renault, qui avait une obligation d'assurer la sécurité et de protéger la santé physique et mentale de son salarié", a-t-elle ajouté.
De son côté, Renault "prend acte" de cette décision de la CPAM, d'après le porte-parole.

Le deuxième suicide: "en dehors des horaires de travail"

Le deuxième cas de suicide, celui d'un technicien qui s'est noyé le 22 janvier aux abords du Technocentre, n'a pas été reconnu comme un accident du travail, selon la société.
Pour une source proche du dossier, cette décision résulte du fait que le corps avait été retrouvé aux limites du site et l'heure du décès n'étant pas précise. Il pouvait donc se situer en dehors des horaires de travail.
En ce qui concerne Antonio B., "depuis la rentrée il avait atteint un seuil critique: il s'inquiétait pour son avenir, pour ses missions, était surmené et mis en cause régulièrement par un membre de sa hiérarchie", selon Me Saada.
La CPAM avait rejeté le 17 janvier dans une première décision le classement du suicide en accident du travail, après une enquête jugée "bâclée" par l'avocate. La Caisse nationale d'assurance maladie a demandé à la CPAM de ré-examiner ce cas, ce qui a donné lieu à cette nouvelle décision.
Le PDG de Renault, Carlos Ghosn, a évoqué mercredi "des tensions objectivement très fortes" pour les ingénieurs du groupe, lors de l'assemblée générale du groupe. Il faut "identifier les situations dans lesquelles nos collaborateurs sont seuls en face des difficultés", a-t-il estimé, rappelant la mise en place d'un plan de soutien aux personnels de Guyancourt après le dernier suicide, survenu le 16 février.

 

15/03/2007

Racisme à l'embauche : Le gouvernement français "conscient" des problèmes après la publication d'un rapport accablant du BIT

 

(Reuters)

 

Le gouvernement est "pleinement conscient des problèmes et des efforts qui doivent être accomplis", a indiqué, mercredi 14 mars, le ministère de l'Emploi, après la publication d'une nouvelle enquête, réalisée par le Bureau international du travail pointant le racisme à l'embauche en France.
Près de quatre fois sur cinq, un employeur français préfère embaucher un candidat "d'origine hexagonale ancienne" plutôt que son collègue d'origine maghrébine ou noire africaine, indique un rapport du BIT, basé sur un testing géant de plus de 2.000 entreprises réalisé fin 2005-début 2006 à Lille, Lyon, Marseille, Nantes, Paris et Strasbourg.

"Le gouvernement, pleinement conscient des problèmes existants et des efforts qui doivent être accomplis, a mis en place dès 2003 les instruments législatifs et opérationnels pour lutter contre les discriminations", a indiqué le ministère de l'Emploi, rappelant notamment la création de la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde).

Regrets de SOS Racisme

Sa publication a provoqué des commentaires mitigés de SOS Racisme. Son vice-président, Samuel Thomas, a regretté au micro de France Info "de n'utiliser la méthode du testing qu'à la moitié de son intérêt". "Recueillir ces preuves-là simplement pour une mesure statistique, c'est un peu du gaspillage", a-t-il estimé. Selon lui en effet, "la méthode du testing, a aussi l'intérêt de recueillir des preuves pour faire sanctionner les auteurs de la discrimination". "Un testing, ça doit être fait pour faire un procès", comme l'a fait à plusieurs reprises avec succès l'association de lutte contre le racisme, a poursuivi le vice-président de SOS Racisme. 

Les pratiques dénoncées

"Collectivement, les employeurs testés ont très nettement discriminé les candidats minoritaires (d'origine maghrébine ou noire africaine) et seulement 11% des employeurs ont respecté tout au long du processus de recrutement une égalité de traitement entre les deux candidats", note le BIT. "Près de 90% de la discrimination globale est enregistrée avant même que les employeurs ne se soient donné la peine de recevoir les deux testeurs en entrevue", souligne l'enquête.
Différentes pratiques sont dénoncées, du mensonge basique ("le poste est déjà pourvu") à la réponse embrouillée ("rappelez-moi en fin de semaine, on est quel jour ? ...on est vendredi...euh oui donc, rappelez-moi la semaine prochaine pour voir s'il y a du changement."). Le BIT note également "une forme assez sournoise de discrimination" qui consiste à mettre en attente le candidat discriminé ("envoyez un CV", "rappelez" ou "on vous rappellera"), alors que le candidat majoritaire reçoit une proposition d'entretien.

Diplômes et expériences équivalents

Le BIT a testé ainsi 2.440 offres d'emploi à Lille, Lyon, Marseille, Nantes, Paris et Strasbourg, en ayant recours à des étudiants ou des comédiens, de 20 à 25 ans, dûment formés pour l'exercice.
Tous Français, les candidats qui ont répondu à des offres de basses et moyennes-basses qualifications, dans le secteur de l'hôtellerie-restauration, de la vente, du commerce et d'autres domaines comme les services à la personne, transports, accueil, etc., se font appeler, pour le "candidat majoritaire" Julien Roche ou Jérôme Moulin pour les hommes, Marion Roche ou Emilie Moulin pour les femmes, et Kader Larbi, Farid Boukhrit, Aminata Bongo ou Binta Traoré pour le "candidat minoritaire".
Tous ont des CV rigoureusement équivalents en termes de scolarité, formation, qualifications, expérience, mobilité, résidence et se distinguent simplement par la consonance de leur nom.
Les vrais faux candidats ont téléphoné, envoyé un CV ou se sont présentés directement.

Réponses différentes aux deux candidats

Dans 32,8% des cas, les deux candidats concurrents ont essuyé un refus après le premier contact. 22,3% ont été priés de patienter, 13,3% ont tous les deux été convoqués pour un entretien ou pour une évaluation (3,6%), ce qui constitue, souligne le BIT, la meilleure manière de prévenir les discriminations. Dans les autres cas (28%), la réaction la plus fréquente a consisté à donner des réponses différentes aux deux candidats, les trois quart du temps au détriment du candidat d'origine maghrébine ou noire africaine.
Parfois, après un rendez-vous, la discrimination a quand même eu lieu, l'excuse invoquée par certains employeurs étant de faire croire au candidat discriminé qu'il est refusé sous prétexte qu'il habite loin.
Un seul test a eu pour résultat une discrimination à l'encontre d'un candidat prénommé Julien et intéressé par un poste de serveur. L'employeur a retenu le vrai faux Farid Boukhrit, après lui avoir posé une foule de questions sur ses origines et sa religion "parce que, lui a-t-il dit, j'ai un cuisinier originaire de Sétif qui visiblement n'accepte pas tellement les musulmans non pratiquants

 

24/01/2007

EUROPE: UNE EGALITE DES CHANCES EFFECTIVE

Pourquoi cette Année

  

européenne?

L’Union européenne (UE) a toutes les raisons d’être fière de sa législation antidiscriminatoire, qui compte parmi les plus complètes au monde. En 2000, l’Union adoptait deux Directives ambitieuses, interdisant la discrimination fondée sur la race ou l’origine ethnique, la religion ou les convictions, un handicap, l’âge ou l’orientation sexuelle sur le lieu de travail, la discrimination ethnique et raciale se voyant aussi interdite dans d’autres aspects de la vie quotidienne. Ces deux directives s’appuient sur les nombreuses dispositions qui existaient déjà à l’échelon de l’UE en vue de promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes.

Toutefois, appeler à l’égalité de traitement et adopter de nouvelles directives pour essayer de garantir ce droit n’est pas suffisant pour que tout un chacun bénéficie, dans les faits, de l’égalité des chances. Des mesures incitatives doivent être prises afin d’induire un changement de comportement et de mentalité. Des mesures doivent également être introduites pour dénouer l’écheveau complexe d’inégalités que subissent certains groupes et certaines communautés en Europe, comme les Roms.

Nous devons également examiner les causes à l’origine de ces problèmes et enfin, admettre que nos sociétés sont en pleine mutation. Nous ne citerons ici que le vieillissement de la population européenne et son caractère de plus en plus multiethnique. Cette diversité croissante est à l’origine de nouveaux défis auxquels nous devons réagir plus efficacement. Elle nous offre en même temps un très large éventail d’opportunités que nous ne devons pas manquer de saisir.

L’Année européenne 2007 de l’Egalité des chances est une initiative qui doit aboutir à une stratégie plus audacieuse visant à donner un nouvel élan à la lutte contre la discrimination dans l’UE. C’est ce qu’a d’ailleurs expliqué la Commission européenne dans sa communication "Stratégie-cadre pour la non-discrimination et l’égalité des chances pour tous"   [168 Kb], publiée en juin 2005. Durant l'Année, tous les motifs de discrimination devront faire l’objet d’un traitement équilibré, et il conviendra également de tenir compte des différentes façons dont femmes et hommes subissent la discrimination fondée sur le sexe, la race ou l’origine ethnique, la religion ou les convictions, un handicap, l’âge ou l’orientation sexuelle.

medium_logo_egalite_des_chances.jpg

L'Année vise à:

  • mieux sensibiliser les hommes et les femmes à leur droit à l’égalité de traitement et à une vie exempte de discrimination, et ce quel que soit leur sexe, leur race ou leur origine ethnique, leur religion ou leurs convictions, un éventuel handicap, leur âge et leur orientation sexuelle
  • promouvoir l’égalité des chances pour tous
  • lancer un vaste débat sur les avantages de la diversité, tant pour les sociétés européennes que pour les individus

Durant l’Année, les activités s’articuleront autour de quatre objectifs clés: les droits, la représentation, la reconnaissance et le respect:

  • Droits – Sensibiliser l’opinion publique au droit à l’égalité de traitement et à la non-discrimination ainsi qu’à la problématique des discriminations multiples.
  • Représentation – Stimuler un débat sur les moyens de renforcer la participation à la société des groupes victimes de discrimination ainsi qu’une participation équilibrée entre hommes et femmes
  • Reconnaissance – Facilit Faciliter et célébrer la diversité et l’égalité
  • Respect – Œuvrer en faveur d’une société plus solidaire

Droits – sensibiliser l’opinion publique au droit à l’égalité de traitement et à la non-discrimination ainsi qu’à la problématique des discriminations multiples

Toute personne, quel que soit son sexe, sa race ou son origine ethnique, sa religion ou ses convictions, son handicap, son âge ou son orientation sexuelle, a droit à un traitement égal au sein de l’Union européenne – tel est le message clé que l’Année promouvra auprès du grand public, mais aussi des personnes ou groupes souffrant de discrimination ou potentiellement victimes de discrimination. Il s’agira aussi de montrer égalité ne signifie pas ressemblance. La mise en œuvre du concept d’égalité doit tenir compte des différences et de la diversité, afin d’assurer réellement à chaque personne un traitement égal.

Représentation – stimuler un débat sur les moyens de renforcer la participation à la société des groupes victimes de discrimination ainsi qu’une participation équilibrée entre hommes et femmes

Nos Parlements comptent peu de femmes, et encore moins de députés issus des minorités ethniques. Les personnes atteintes d'un handicap sont peu visibles dans la société. L’Année lancera donc une série de débats sur la façon de promouvoir une plus grande participation à la société des groupes sous-représentés, ainsi que la participation équilibrée des hommes et des femmes dans tous les secteurs et à tous les niveaux. Le monde des entreprises et celui de la politique seront des cibles privilégiées en la matière. Une politique d’égalité des chances ne peut pas se contenter d’éliminer la discrimination. Elle doit également tenter de donner à tous les mêmes chances de participer pleinement et sur un pied d’égalité à la société. Certaines communautés – comme par exemple les Roms – sont à ce point défavorisées et cette inégalité si profondément ancrée dans la société qu’une action positive en leur faveur pourrait s’avérer nécessaire. L'opportunité de la mise en place d'actions positives pour assurer l'égalité des chances fera également l'objet de nombreux débats et travaux pendant l'Année.

Reconnaissance – faciliter et célébrer la diversité et l’égalité

Un autre objectif de l'Année sera de sensibiliser l’opinion publique et les personnes concernées à la contribution positive que tout un chacun peut apporter à la société dans son ensemble, et ce quel que soit son sexe, sa race ou son origine ethnique, sa religion ou ses croyances, un éventuel handicap, son âge ou son orientation sexuelle. L’Année s’efforcera d’associer le grand public à un débat ouvert sur le sens de la diversité dans l’Europe d’aujourd’hui et la façon de valoriser les différences dans la société.

Respect – œuvrer en faveur d’une société plus solidaire

L’Année s’emploiera à sensibiliser l’opinion publique et les personnes concernées à l’importance d'abolir les clichés, les stéréotypes et la violence, et de favoriser de bonnes relations entre toutes les composantes de la société et en particulier parmi les jeunes. Elle visera à promouvoir et à diffuser les valeurs de l’égalité de traitement et de la lutte contre la discrimination.

Toutes les notes