09/12/2007

Van Ruymbeke s'insurge contre une reprise en main de la justice

"On veut transformer les procureurs en préfets, c'est inacceptable dans une démocratie digne de ce nom", dénonce le juge d'instruction du pôle financier. Il s'inquiète particulièrement des projets de dépénalisation du droit des affaires.

Renaud van Ruymbeke (AP)

Renaud van Ruymbeke (AP)

Renaud Van Ruymbeke, le juge d'instruction connu pour avoir instruit de nombreuses enquêtes sur des scandales politico-financiers dont l'affaire Clearstream, estime que le pouvoir politique cherche à reprendre en main la justice, dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, dimanche 9 décembre.
"Il apparaît qu'on cherche à discréditer notamment la justice financière, qui dérange. Il existe indiscutablement une volonté de reprise en main de la justice, par le biais des procureurs notamment, sommés aujourd'hui de rendre compte, y compris lorsqu'ils prennent la parole à l'audience", déclare-t-il.

"Veut-on en finir avec les 'affaires' ?"


Renaud Van Ruymbeke critique les changements de dix postes de procureurs généraux sur 35 intervenus le 14 novembre sur décision de la ministre de la Justice Rachida Dati.
"On veut transformer les procureurs en préfets, c'est inacceptable dans une démocratie digne de ce nom. L'époque est à la dépénalisation du droit des affaires et les juges d'instruction sont de moins en moins saisis. Veut-on en finir avec les 'affaires' ?", se demande-t-il.
Il dit redouter que la réforme sur cette "dépénalisation", actuellement à l'étude auprès d'une commission formée par le ministère de la Justice, "ne crée de nouveaux obstacles juridiques à la poursuite des investigations (dans les affaires financières)".

Poursuivi en marge de l'affaire Clearstream

Renaud Van Ruymbeke, juge d'instruction à Paris, a notamment instruit des dossiers sur le financement occulte du PS et sur les détournements de fonds à Elf. Il attend actuellement une décision du Conseil supérieur de la magistrature devant lequel il est poursuivi sur le plan disciplinaire pour ses méthodes contestées en marge du dossier Clearstream.

08/11/2007

La France et la directive européenne sur le financement du terrorisme, par Chantal CUTAJAR

Lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme : l’urgence d’une indispensable refonte du dispositif de prévention à l’occasion de la transposition de la 3ème directive de l’UE.

0f01825b52c8810fb9c22fc9637e9343.jpg

Chantal Cutajar

Dans un communiqué du Conseil des ministres du 21 mars 2007, le gouvernement a fait savoir qu’il « entend maintenir la lutte contre le blanchiment en France au niveau des meilleurs standards internationaux car elle constitue un élément majeur de la sécurité des populations et de la sécurité économique ».

Pour mener à bien la  transposition de la directive du Parlement et du Conseil relative à la prévention de l’utilisation du système financier aux fins du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme 2005/60/CE du 26 octobre 2005, dite 3ème directive anti-blanchiment, une mission a été confiée à Jean-Louis FORT , ancien président du GAFI et Yves CHARPENEL, magistrat, pour procéder à une concertation approfondie avec les professionnels pour « que les nouvelles règles intègrent au mieux leurs préoccupations ».

Les auditions se sont déroulées, le rapport a été remis au ministre des finances fin juillet 2007, dans le plus grand secret.  Alors que la France s’apprête à assurer la présidence tournante de l’Union européenne à compter du 1er juillet 2008, il lui revient de transposer cette directive au plus tard le 15 décembre 2007.

acb87b7c780dc49bbb7fb74a83555ad9.jpg

Le principe de la directive qui fait table rase du dispositif antérieur a été arrêté au lendemain des attentats de Madrid avec l’objectif affiché de « Porter un coup » à la criminalité et au terrorisme. Il est certain que la lutte contre le blanchiment constitue un axe essentiel de la lutte contre les organisations criminelles parce que, sans le blanchiment, elles ne pourraient pas réintroduire dans le système financier les masses considérables de capitaux provenant des trafics d’êtres humains, d’organes, de drogue, de la contrefaçon, de la corruption etc… De fait, sans le blanchiment, les organisations criminelles ne pourraient pas prospérer.

Le législateur européen a fait le choix éclairé d’adapter le dispositif préventif à l’évolution de la criminalité organisée et des organisations terroristes en mettant en œuvre une approche plus concrète et pragmatique, moins légaliste

LIRE LA SUITE >>>>>>>>.

06/11/2007

Le semestre de Sarkozy, par Daniel RIOT

 L’urgentiste, la cigale frimeuse et le "choc de confiance"

Six mois. « Le temps s’en va, le temps s’en va, Madame, le temps, non mais nous nous en allons »… Ronsardien, Sarkozy ! Il a raison. « Cueillons dès aujourd’hui les roses de la vie ». C’est ce qui est appréciable et le plus apprécié chez lui. Il sait maximaliser son temps en se jouant de l’espace. En donnant au temps l’épaisseur que seule l’action peut donner et en occupant l’espace qui compte le plus aujourd’hui dans le paysage politique: le « médiatique ». « Je me montre, donc je suis » : Descartes 2007…

Problème : autant un chef de gouvernement doit faire face à toutes les urgences, le « nez dans le guidon », autant un chef de l’Etat (même en république monarchique) devrait pour inscrire son action dans des perspectives d’avenir prendre de la hauteur (non de l’altitude) et de la distance (non de l’éloignement) par à rapport aux événements qui restent « l’écume des choses ». Sinon, il prend un risque, chargé de périls, qui est l’un des pièges majeurs des « décideurs « ne cette ère de « zappanthropie » aiguë : « A force de sacrifier l’essentiel à l’urgent, on oublie l’urgence de l’essentiel », selon l’excellente formule d’Edgar Morin.

En six mois, quoi de changé ?

LIRE LA SUITE >>>>>>>>>>>>

Dati / magistrats : le malaise s'accroit, selon l'USM

La garde des Sceaux, qui accompagne Nicolas Sarkozy aux Etats-Unis, a annulé in extremis un rendez-vous avec l'Union syndicale des magistrats. Le syndicat parle d'"un manque de respect".

Bruno Thouzellier et Rachida Dati (Sipa)

Bruno Thouzellier et Rachida Dati (Sipa)

Bruno Thouzellier, président de l'Union syndicale des magistrats (USM), syndicat majoritaire en France, estime, mardi 6 novembre, que "le malaise s'accroît de jour en jour" entre Rachida Dati et les professions judiciaires. Il s'est exprimé à la suite d'un rendez-vous, prévu mardi matin, entre l'USM et la ministre de la Justice et décommandé à la dernière minute en raison de l'agenda de Rachida Dati, qui accompagne Nicolas Sarkozy aux Etats-Unis.
"Il y a un manque de respect pour nous. La ministre traite les gens de manière très légère", a déclaré Bruno Thouzellier à l'AFP. Selon lui, "le problème est de savoir ce qu'on privilégie : son ministère ou autre chose ?"

La Chancellerie explique

"Il n'est en aucun cas question d'un manque de respect pour l'USM, le départ pour Washington a été avancé et un autre rendez-vous a été proposé" pour jeudi, a répliqué le porte-parole de la Chancellerie, Guillaume Didier.
"La priorité pour Rachida Dati est de s'entretenir avec les syndicats, comme elle le fait régulièrement", a-t-il ajouté en soulignant que des rencontres étaient déjà prévues jeudi avec le Syndicat de la magistrature (SM, gauche) et FO-magistrats.
L'annulation du rendez-vous de mardi matin combinée à "une absence réelle de concertation sur les sujets essentiels" comme la carte judiciaire, "ne concourt pas à désamorcer la crise et le malaise très profond qui s'accroît de jour en jour", a souligné, de son côté, le président de l'USM.

"L'impossibilité de dialogue avec Rachida Dati"

Bruno Thouzellier a également insisté sur le "climat très lourd" après la manifestation contre la réforme de la carte judiciaire, lundi à Colmar, au cours de laquelle une avocate a été blessée dans une bousculade avec les forces de l'ordre. Cet incident s'ajoute à l'important déploiement policier qui avait entouré la visite de Rachida Dati au palais de justice de Paris, le 29 octobre.
"On ne fait pas donner la troupe contre les professions judiciaires", a-t-il protesté, appelant à un "front commun avec les avocats".
Dans ce contexte, même si la décision n'a pas été prise officiellement, l'USM "s'oriente vers un mouvement de mobilisation le 29 novembre", date à laquelle le SM et trois syndicats de fonctionnaires de justice ont appelé à la grève et à une manifestation nationale.
Au-delà de la question de la carte judiciaire, le mot d'ordre de l'USM devrait à cette occasion s'élargir à "l'impossibilité de dialogue avec Rachida Dati", selon Bruno Thouzellier.(source AFP)

04/11/2007

WEB: Halte aux proxénètes de l'info-intox!

 

DESINFORMATION : Confidences en guise

de Défense et illustration de… Sarkozy.

« Sarko, l’Américain » : un « agent » de l’Oncle Sam ?

Le « réseau Voltaire » devrait avoir la décence de changer de nom…

7a2956bdf21090d4570f2f1301ff0cf8.jpgRUE89 éprouve le besoin de s’étendre, pour les leur tordre le cou,  sur des fausses infos diffusées par le « réseau Voltaire », l’un des champions toutes catégories de l’intox sur internet, et reprises sur d'innombrables blogs. Un réseau qui devrait avoir la décence de changer de nom, tant il insulte ce philosophe que l’on devrait tellement relire en cette période liberticide et lâche.  

Voici une preuve de plus de l’extrême difficulté de lutter contre les effets pervers d’Internet « grande machine à rumeurs ». Sarkozy se voit d'avoir été "formé" par les Américains, voire d'être un "agent" américain. Du coup, l’effet boule de neige du web en folie, accrédite cette connerie immonde !

A la base de cette accusation, un voyage d'étude aux Etats-Unis effectué par Nicolas Sarkozy dans les années 80 alors qu'il était maire de Neuilly, à l'invitation du département d'Etat dans le cadre de son Programme d'invitation de personnalités étrangères.

SIX SEMAINES QUI VALENT DES ANNEES

Et alors ? Confidence : ce programme, j’en ai bénéficié aussi.  Et je ne regrette en rien d’avoir grâce à lui passé six semaines (plus que la norme de ce type de bourse) à sillonner les Etats-Unis, à rencontrer des membres du Congrès, des conseillers de la maison Blanche, des responsables du département d'etat,et les meilleurs chercheurs, experts ou acteurs  des domaines qui m’intéressaient : la presse et le média (bien sûr), les minorités (Noirs , Portoricains,Indiens, Amish, Mexicains, Chinois, "Français" de Louisiane), les rouages du complexe militaro-industriel et les multinationales... 

LIRE LA SUITE >>>>>>>>>>>

03/11/2007

Qu'en pensez-vous?

Accès à l'information: La France freine les élans du Conseil de l'Europe pour plus de transparence

La rédaction de la Convention européenne sur l'accès aux documents administratifs se heurte au  gout du secret ...

(Sipa)

(Sipa)

Les associations Liberté d'informer et Access Info Europe interpellent la France sur la question de l'accès à l'information. Dans une lettre adressée à Nicolas Sarkozy, au ministre des Affaires Etrangères et au président de la Commission d'accès aux documents administratifs, lundi 8 octobre, il est reproché à la France "d'imposer une interprétation très limitée du droit du citoyen d'accéder aux informations détenues par les autorités publiques" dans le cadre de la rédaction de la future Convention européenne sur l'accès aux documents administratifs. Les représentants de quinze pays du Conseil de l'Europe, dont la France, travaillent actuellement sur le projet de traité.
La France, qui se situe derrière la Roumanie, la Bulgarie ou l'Arménie dans la facilité d'accès à l'information, est montrée du doigt par Access Info Europe.
Parmi les premiers signataires figurent Reporters sans frontières, Florence Aubenas (journaliste au Nouvel Observateur), Denis Robert (écrivain), la Fédération internationale des journalistes, des personnalités politiques (comme Michel Rocard)...

Retard de l'Europe

Les associations, qui soulignent néanmoins les efforts engagés par le gouvernement français en faveur de la transparence, demandent que le droit d’accès à l’information s’applique également aux documents détenus par les pouvoirs législatif et judiciaire.
Les ONG jugent, en outre, que la version actuelle de la Convention est largement en dessous des normes déjà existantes en Europe. Elles estiment que le texte irait à l'encontre des lois sur l’accès à l’information adoptées dans vingt pays issus du bloc communiste depuis 1992 et des nouvelles lois votées par le Royaume-Uni et l'Allemagne.
Dans une lettre transmise vendredi 28 septembre, journée internationale du droit à l'accès à l'information, au Conseil de l'Europe, Access Info Europe avait déjà dénoncé le retard de l'Europe en matière d'accès aux documents officiels.

Pour signer la lettre,
cliquer ici
ff37bf330f3f377de9267efe989a2a86.jpgCommentaire RELATIO: Nous signons cette lettre pour des raisons évidentes, d'ordre philosophique, journalistique et surtout démocratique. La raison d'Etat entraîne souvent  une déraison d'Etat. Et la notion de "secret d'Etat" sert souvent d'alibi à des magouilles d'Etat, à des malversations d'Etat, à des délits d'Etat. La France, pays centralisé, souffre d'une culture du secret d'Etat qui masque mal une démocratie (et un capitalisme) de connivences et d'arrangements, qui sert trop d'intérêts particuliers au nom d'un intérêt général proclamé mais peu démontré. Un "Etat exemplaire" est un Etat qui s'impose une véritable transparence. Que des affaires (internationales surtout)  exigent de la discrétion est une chose. Que des informations doivent rester classifiées "secretes" pendant un temps est sans aucun doute indispensable dans une bonne gestion du présent pour ménager l'avenir dans de nombreux domaines (défense, sécurité intérieure, lutte contre le terrorisme, protection contre les espionnages en tous genres ...). Mais la participation citoyenne exige une information citoyenne. Le Droit de Savoir  ne doit pas être que le titre d'une émission de téle... Alors , cliquez>>>>> si vous êtes d'accord avec nous, bien sûr. Daniel RIOT

SUR LE NOUVELOBS: Rocard explique pourquoi il signe

02/11/2007

Laporte: Le parquet en appel

Les gérants d'un casino de Gironde accusent Laporte d'avoir monnayé ses relations avec  Sarkozy contre des parts. Un juge d'instruction s'est saisi de l'affaire contre l'avis du parquet. Celui-ci  fait appel.

Bernard Laporte (Reuters)

Bernard Laporte (Reuters)

Le parquet de Paris a fait appel lundi de la décision d'un juge d'instruction d'instruire une plainte déposée par les gérants du petit casino Gujan-Mestras, pour "favoritisme" contre X visant indirectement Bernard Laporte, actuel secrétaire d'Etat aux Sports, a-t-on appris vendredi 2 novembre de source judiciaire.
Le 23 mars, une plainte avec constitution de partie civile avait été déposée contre X, mettant en cause l'entraîneur du XV de France pour une intervention dans un dossier d'autorisation d'exploitation de machines à sous en 2005.

Recevabilité

Le parquet de Paris avait requis le 19 octobre qu'il n'y avait pas lieu d'ouvrir d'information judiciaire, estimant que le délit n'était pas constitué, que les faits visés dans la plainte ne pouvaient recevoir la qualification de favoritisme. La doyenne des juges d'instruction du pôle financier a rendu vendredi dernier une ordonnance non-conforme aux réquisitions du parquet, a-t-on précisé de même source.
Ainsi, la question de la recevabilité de cette plainte sera examinée par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris. Aucune date n'est encore fixée. Si la chambre de l'instruction confirme la décision du magistrat instructeur, l'enquête suivra son cours.

Machines à sous

La propriétaire de ce casino, qui s'était vu refuser une autorisation d'augmenter le nombre de ses machines à sous par le ministère de l'Intérieur, assure que l'ancien sélectionneur lui aurait proposé d'intervenir en sa faveur en échange de parts dans l'établissement de jeux.
Cette plainte contre X avec constitution de partie civile avait été déposée le 23 mars 2007 par les gérants du casino de Gujan-Mestras (Gironde) qui estimaient avoir rencontré des difficultés anormales pour obtenir des licences d'exploitation de machines à sous.
Dans le corps de cette plainte, le nom de Bernard Laporte apparaissait. La plaignante Frédérique Ruggieri reprochait à Bernard Laporte d'avoir proposé son entregent auprès de Nicolas Sarkozy pour obtenir les autorisations nécessaires contre des parts dans le casino.

"Tentative d'extorsion"

Une plainte pénale pour "tentative d'extorsion de capital", visant le secrétaire d'Etat aux Sports Bernard Laporte, avait été révélée par Libération dans son édition du mardi 30 octobre. Selon le journal, c'est la première fois que l'ancien entraîneur de l'équipe de France de rugby est visé directement par une procédure judiciaire, même s'il fait l'objet, lui-même ou son entourage, d'enquêtes sur des activités commerciales ou fiscales irrégulières.
L'établissement de Gujan-Mestras est en concurrence avec les groupes Partouche et Barrière et serait, affirme Libé, "en butte à l’ostracisme du ministère de l’Intérieur", qui privilégierait les deux grands groupes. Selon le casino de Gujan, Bernard Laporte aurait fait jouer ses relations avec Nicolas Sarkozy contre des parts dans l'établissement.

"Donne-moi 10%"

Libération rappelle que Bernard Laporte, dans une édition de L'Equipe d'octobre, expliquait : "C’est elle (Frédérique Ruggieri) qui m’avait demandé de lui organiser un rendez-vous avec Nicolas Sarkozy. En déconnant, j’ai répondu : Donne-moi 10 % et je te l’aurai, le rendez-vous". Pour Me Francis Terquem, avocat du casino, "il est assez inopérant que M. Laporte ait tenu ces propos 'pour rire' ou 'en déconnant'. Les faits relèvent d’une tentative d’extorsion de capital".
Cette plainte du casino est la troisième. Une première plainte a été retirée en 2005, "après un coup de fil du chef adjoint du cabinet de Sarkozy, contre la promesse d’un examen serein de (la) demande d’ouverture (du casino, ndlr), acquise dans la foulée", indique Libération. Une deuxième plainte avait été lancée en mars 2007 après que le casino s'était vu refuser des machines à sous supplémentaires.

Irrégularités fiscales

La semaine précédente, L'Equipe magazine affirmait qu'au terme de près d'un an d'enquête visant Bernard Laporte et d'une quinzaine de perquisitions, la Direction nationale d'enquêtes fiscales, qui dépend de la direction générale des impôts, a mis au jour une série d'irrégularités dont les plus graves pourraient être transmises à la justice.
Bernard Laporte avait pour sa part assuré avoir "la conscience tranquille", ajoutant : "il n'y a pas d'enquête. Il y a juste une société qui est contrôlée comme cela arrive tout le temps". (SourceAP/NouvelObs)

30/10/2007

Une plainte déposée au pénal contre Bernard Laporte

Le secrétaire d'Etat aux Sports aurait monnayé ses relations avec Nicolas Sarkozy contre des parts dans un casino du bassin d'Arcachon.

Bernard Laporte

Bernard Laporte (c) AP

Une plainte pénale pour "tentative d'extorsion de capital", visant le secrétaire d'Etat aux Sports Bernard Laporte, a été déposée au parquet de Paris, révèle Libération dans son édition du mardi 30 octobre. Selon le journal, c'est la première fois que l'ancien entraîneur de l'équipe de France de rugby est visé directement par une procédure judiciaire, même s'il fait l'objet, lui-même ou son entourage, d'enquêtes sur des activités commerciales ou fiscales irrégulières.
La plainte a été lancée le casino de Gujan-Mestras (Gironde), gérée par Frédérique Ruggieri. L'établissement est en concurrence avec les groupes Partouche et Barrière et serait, affirme Libé, "en butte à l’ostracisme du ministère de l’Intérieur", qui privilégierait les deux grands groupes. Selon le casino de Gujan, Bernard Laporte aurait fait jouer ses relations avec Nicolas Sarkozy contre des parts dans l'établissement.

"Donne-moi 10%"

Libération rappelle que Bernard Laporte, dans une édition de L'Equipe d'octobre, expliquait : "C’est elle (Frédérique Ruggieri) qui m’avait demandé de lui organiser un rendez-vous avec Nicolas Sarkozy. En déconnant, j’ai répondu : Donne-moi 10 % et je te l’aurai, le rendez-vous". Pour Me Francis Terquem, avocat du casino, "il est assez inopérant que M. Laporte ait tenu ces propos 'pour rire' ou 'en déconnant'. Les faits relèvent d’une tentative d’extorsion de capital".
Cette plainte du casino est la troisième. Une première plainte a été retirée en 2005, "après un coup de fil du chef adjoint du cabinet de Sarkozy, contre la promesse d’un examen serein de (la) demande d’ouverture (du casino, ndlr), acquise dans la foulée", indique Libération. Une deuxième plainte avait été lancée en mars 2007 après que le casino s'était vu refuser des machines à sous supplémentaires.

Irrégularités fiscales

La semaine dernière, L'Equipe magazine affirmait qu'au terme de près d'un an d'enquête visant Bernard Laporte et d'une quinzaine de perquisitions, la Direction nationale d'enquêtes fiscales, qui dépend de la direction générale des impôts, a mis au jour une série d'irrégularités dont les plus graves pourraient être transmises à la justice.
Bernard Laporte avait pour sa part assuré avoir "la conscience tranquille", ajoutant : "il n'y a pas d'enquête. Il y a juste une société qui est contrôlée comme cela arrive tout le temps".

24/10/2007

La nouvelle loi sur l'immigration votée par le Parlement

Le projet de loi sur la maîtrise de l'immigration a été définitivement adopté mardi soir par le Parlement, avec son dispositif autorisant les tests ADN comme preuve de filiation dans la procédure de regroupement familial, après un ultime vote du Sénat.  Un peu plus de trois heures après les députés, les sénateurs ont donné leur aval par 185 voix contre 136 au texte élaboré en commission mixte paritaire (CMP) par 14 députés et sénateurs, après une première lecture dans chacune des deux chambres du Parlement.

L'objet principal de ce projet de loi est de tirer les conséquences de la création d'un "ministère de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement", auquel ont été dévolues plusieurs compétences attribuées traditionnellement aux Affaires étrangères ou à l'Intérieur.

Il répond aussi à la promesse électorale de Nicolas Sarkozy de "mieux encadrer le regroupement familial" en prévoyant pour les candidats de moins de 65 ans une évaluation, dans leur pays d'origine, de leur degré de connaissance du français et des "valeurs de la République".

Aucun des 44 articles du texte définitif n'a trouvé grâce auprès de la gauche PS et PCF, qui a mobilisé sept orateurs sur dix dans la discussion générale pour en dénoncer toutes les dispositions, en particulier l'article sur les tests ADN.Les UDF Michel Mercier et Pierre Fauchon se sont ralliés à la rédaction de cet article, estimant qu'elle mettait désormais les étrangers à égalité avec les Français, que la législation autorise à recourir aux tests génétiques pour prouver ou nier leur filiation.

L'ancien ministre PS Louis Mermaz a reconnu que les modifications apportées à cet article au Sénat puis en CMP avaient abouti à en "rendre la procédure inopérante" mais, a-t-il dit, "il n'en reste pas moins que l'atteinte à des principes fondamentaux est perpétrée". Eliane Assassi pour le PCF a résumé sa pensée en proposant par dérision que le texte soit rebaptisé "projet de loi de lutte contre le regroupement familial et le droit d'asile".

11/10/2007

Les "vents mauvais" français vus par Serge BILE

L’ADN des polygames...

TRIBUNE LIBRE : Serge Bilé est journaliste, auteur de plusieurs ouvrages, dont le best-seller Noirs dans les camps nazis, en 2005. Il a également connu un succès avec son second livre La légende du sexe surdimensionné des Noirs, et publie, le 10 janvier prochain, un essai sur les grands empires soudanais du Moyen-âge. Passionné de musique, il vient d’achever une comédie musicale inspirée de la vie de Nelson Mandela, qui sera jouée aux Antilles et à Paris en avril 2008. DpJ reprend ici ce qui a été   publié sur RELATIO :sa réaction aux polémiques qui font rage en France sur l'utilisation de l'adn pour les regroupements famaliaux, sur les procès de la colonisation  et sur les suites d'une partie du discours de Dakar de Sarkozy. Un discours que BHL n'est pas seul à juger "raciste".

87ba8e0ca659d4ffbd3a7e3a314e690d.jpg

A l’heure où la France cherche à réduire ses dépenses publiques, il est surprenant que ses députés et sénateurs gaspillent l’argent des contribuables dans un interminable débat sur le regroupement familial, dont on connaissait, par avance, l’issue. Car, que révèleront les tests ADN, qu’on ne sache déjà ? D’abord que « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire », d’où son retard ; ensuite qu’il reste, même loin de sa base, un indécrottable « polygame », d’où les émeutes en banlieues ; enfin que la violence est « culturelle » chez les Noirs, d’où leur incapacité à s’intégrer ; sans oublier qu’il y a « trop de Blacks chez les Bleus », d’où leur défaite à la dernière coupe du monde de football !

S’ils s’étaient dispensés de ce débat, ces parlementaires auraient pu, avec les économies réalisées, enrichir la bibliothèque de l’assemblée nationale et du sénat, voire celle de la présidence de la république, de quelques ouvrages essentiels, pour les aider à combler leurs lacunes sur l’Afrique, dans la perspective des futures lois sur l’immigration qu’ils ne manqueront pas de voter à nouveau.

ab0221b0315cd668603826c7cdd98fb2.jpg

Ils auraient pu, ainsi, acquérir le récent livre de l’historien anglais Hugh Thomas, La Traite des Noirs, qui rappelle, opportunément, qu’au, Moyen-âge, donc bien avant l’esclavage et la colonisation qui l’ont affaiblie, « l’Afrique de l’ouest travaillait le fer et l’acier comme l’Europe au 13ème siècle avant l’utilisation de la force hydraulique », et que « la plupart des foyers africains avaient des couteaux, des épées, des haches et des houes de ce métal ». L’évidence même !

Ils auraient pu se procurer, également, les fameuses Descriptions de l'Afrique, du voyageur andalou Léon l’Africain, qui visita Tombouctou, en 1526, et s’enthousiasma pour cette cité florissante et moderne, traversée « par des canaux », servant à recevoir l’eau du fleuve Niger en cas de crue. Un tiers des 70 à 80.000 habitants de la ville était des étudiants « pleins d’ardeur pour la science et pour la vertu ».

Ils fréquentaient l’université de Sankoré, dont le niveau des enseignements n’avait rien à envier aux facultés de Cordoue, Damas, Grenade, ou du Caire, comme en témoigne la surprise d’un lettré arabe, arrivé de la Mecque pour occuper une chaire de droit. « Il se fixa à Tombouctou et trouva cette ville remplie d’une foule de jurisconsultes soudanais. Aussitôt qu’il s’aperçut que ceux-ci en savaient plus que lui en matière de droit, il partit pour Fez, s’y adonna à l’étude du droit, puis il revint se fixer de nouveau à Tombouctou ».

Faut-il, par ailleurs, rappeler, que L’Afrique noire connaissait, à cette époque, pas moins de… sept systèmes d’écritures qui, pour des raisons historiques, n’ont pas eu le développement de ceux des peuples asiatiques et européens : les écritures arako et nsibidi du Nigéria, giscandi du Kenya, ou encore mende de Sierra-Leone, pour ne citer qu’elles.

Faut-il, également, souligner, que c’est au Congo, que l’archéologue belge, Jean de Heinzelin de Braucourt, a découvert, en 1950, la plus ancienne calculette préhistorique, connue, aujourd’hui, sous le nom de bâton d’Ishango ? Il s’agit d’un petit os, datant de 20.000 ans av J.C., sur lequel figure une série de nombres, et qui prouve que les Africains maitrisaient les mathématiques bien avant tout le monde.

S’ils s’étaient dispensés de ce débat, ces parlementaires auraient pu, aussi, acheter et lire Voyages dans l’intérieur de l’Afrique de Mungo Park, cet aventurier écossais, qui sillonna le continent noir au xviiie siècle. Il a fourni de précieuses indications sur les connaissances médicales des « Nègres » qu’il rencontra, et qui se révélèrent « meilleurs chirurgiens que médecins », tant ils excellaient « dans le traitement des fractures et des dislocations », savaient guérir les fièvres, par des bains de vapeur, et soigner la cataracte.

 La lecture de ces livres, et de quelques autres, montre bien que la période précoloniale fut, pour le continent noir, une période faste, marquée par un bouillonnement culturel, un développement économique et une stabilité politique, incarnés, notamment en Afrique de l’ouest, par trois grands empires, celui de Ghana, de Mali, et du Songhaï, qui égalaient, en puissance, leurs lointains voisins arabes et européens, avec lesquels ils entretenaient des relations suivies. Leurs monarques étaient, d’ailleurs, sur bien des plans, en avance sur leur temps :

>>>Soundiata Kéita fit adopter, au 13ème siècle, une charte des droits de l’homme et du citoyen, la fameuse charte de Kouroukan Fouga, dont l’article 16 stipulait, déjà, que « les femmes, en plus de leurs occupations quotidiennes, doivent être associées à tous nos gouvernements ». 

>>>Aboubekr II entreprit de traverser l’Atlantique et de rallier l’Amérique, bien avant Christophe Colomb, comme le rapporte l’auteur égyptien du 13ème siècle Al-Omary.
>>>Mohamed Aboubakr créa, dès le 16ème siècle, une armée de métier et un ministère de… l’intégration pour les étrangers, arabes et européens, qui venaient dans le pays.

Il y eut, justement, parmi ces étrangers, un voyageur français, du nom de René Caillié. En route pour Tombouctou, il fit une halte à Djenné, le 11 mars 1828, et découvrit, en même temps que l’hospitalité du lieu, l’histoire de cette île, dont le fondateur, le sultan Konboro, s’était converti à l’islam, au douzième siècle. Il avait, à cette occasion, demandé, expressément, aux oulémas, les docteurs de la loi, de prier Dieu d’accorder au moins deux choses à sa ville. La première : « Que, celui qui, chassé de son pays par l’indigence et la misère, viendrait habiter cette ville, y trouvât en échange, grâce à Dieu, abondance et richesse, de façon qu’il oubliât son ancienne ». Et la seconde, encore plus étonnante : « Que la ville fut peuplée d’un nombre d’étrangers supérieur à celui de ses nationaux ». 
Ce n’est pas aujourd’hui qu’on entendrait ça !!!


 Serge Bilé

c80b61f52919c64b120a39e95ec640e1.jpg

Toutes les notes