20/11/2007

Strasbourg: Les ROMS A L'HONNEUR (suite)

DOSTA!

 Trois villes d'Europe du Sud-Est lauréates du Prix ''Dosta!-Congrès pour les municipalités''
 A l'occasion de la cérémonie du ''Prix Dosta!-Congrès pour les municipalités'', Henry Scicluna, Coordinateur du Conseil de l’Europe pour les questions roms, a remis un diplôme aux trois villes lauréates réprésentées par Dragoljub Davidovic, Maire de Banja Luka, Vlado Alilovic, Maire de Vitez, et Snezana Mushitski, Représentante de la Municipalité de Novi Sad. Halvdan Skard, leur a également offert, à cette occasion, la médaille du Congrès en reconnaissance de leurs initiatives en faveur des roms.
(suite ...)
Dossier ''Dosta!''

 Halvdan Skard : ''Les Roms ont des droits et aspirations de citoyens à part entière qui doivent être reconnus comme tels''
''Au Congrès, nous sommes entièrement d’accord avec les deux messages positifs de la Campagne ''Dosta !'' : un message sociopolitique, selon lequel les Roms ont des droits et aspirations de citoyens à part entière qui doivent être reconnus comme tels, et un message culturel, selon lequel la culture rom fait partie du patrimoine culturel de l’Europe et a contribué à l’enrichissement des sociétés européennes'', a souligné Halvdan Skard, Président du Congrès, lors de la cérémonie de remise du Prix Dosta ! du Congrès pour les municipalités. ''C’est pourquoi nous nous réjouissons d’avoir institué ce prix, destiné à récompenser les municipalités qui font bien davantage qu’approuver du bout des lèvres la promotion de la participation politique et culturelle de leur communauté rom'', a-t-il ajouté.
Discours (anglais)

 Maud de Boer-Buquicchio : ''La question des Roms se pose non seulement sur le plan européen, mais aussi sur les plans national, régional et local''
''Dosta !, mot signifiant ''assez'' dans la variante romani de la région ciblée, signifie qu’en voilà assez des préjugés à l’encontre des voisins roms'', a expliqué Maud de Boer-Buquicchio lors de la cérémonie de remise du ''Prix Dosta! du Congrès pour les municipalités''. ''Il n’appartient pas aux organisations internationales de se substituer aux gouvernements et aux pouvoirs locaux et régionaux des États membres. Mais c’est leur rôle – et c’est le nôtre, en particulier – d’assurer une coordination et une coopération visant à l’adoption d’une démarche commune et synergétique pour améliorer la situation des Roms dans toute l’Europe'', a-t-elle ajouté.
Discours (anglais)

 Lancement du CD ''Au-delà des préjudices: variations en Romani de l’hymne européen''
 Le CD ''Au-delà des préjudices : variations en Romani de l’hymne européen'', produit dans le cadre de la campagne Dosta !, a été présenté pour la première fois au public. Il comprend plusieurs compositions musicales sur le thème de l’hymne européen dont certaines ont été interprétées, à l’occasion de la remise du Prix, par la chanteuse Esma Redzepova.
(suite ...)

 

RAPPEL: SUR RELATIO >>>>>>> ET LE COMMENTAIRE DE DANIEL RIOT >>>>>>>>>

STRASBOURG: Téléchargez l'hymne européen en plusieurs versions

L'HYMNE EUROPEEN
Le Conseil de l'Europe met à disposition des professionnels et du public, les enregistrements de différentes interprétations de l'Hymne Européen
Fichiers Realmedia

CD - Variations sur le thème de l´Ode à la Joie

Piano
Hip-Hop


Variations Roms de l’Hymne européen : lancement d'un CD le 20 novembre 2007
Hymne européen en rom par Esma Redzepova
Hymne européen par Grupi folklorik Romenga Shqiperia
Hymne européen en rom par Yorgui Loeffler
Hymne européen en rom par Kal

08/11/2007

L’Europe face aux vagues xénophobes : « DOSTA »!

L’éditorial de Daniel RIOT pour RELATIO

Les « Ritals »… Ce n’est pas si vieux ! Et ce n’est pas seulement le titre d’un (excellent) livre de Cavanna. C’était (et c’est encore d’une façon plus sympathique, heureusement)  le surnom péjoratif et insultant des Italiens, ou plutôt des migrants italiens plus ou moins bien accueillis en France et ailleurs. Car l’Italie était une terre pauvre, donc d’émigration. Des émigrations qui depuis ont  d’ailleurs contribué à la richesse des pays d’accueil et … de l’Italie.

Qualités des travailleurs, rayonnement de la culture italienne (gastronomie en tête), intelligence et dynamisme des « colonies » italiennes. Même l’ombre des maffias n’a empêché une bonne intégration ou une excellente assimilation des Italiens et des italiennes…

Comme dit Jacques Attali dans ses bonnes analyses sur le nomadisme : les diaspora constituent un atout considérable des pays d’origine. C’est d’ailleurs, à terme, l’une des faiblesses des USA, par rapport aux pays européens, asiatiques et…africains !

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Immigrés italiens parqués en France au siècle dernier (avant-hier)

Et voici que les « Ritals » se défoulent ou prennent peur, contre d’autres personnes qui fuient la misère, cherchent une terre où la vie est plus facile,  tentent de trouver de l’air plus respirable quitte à s’enfoncer dans d’autres malheurs. Les milliers de gens qui quittent l’Afrique ou l’Asie ne sont pas les seuls : la Roumanie, entrée (peut-être prématurément) dans l’Union européenne reste une terre où la vie est dure, et où, surtout, des roms souvent mal traités sont tentés d’aller voir ailleurs ! Comme on ironisait en France en dénonçant les idéologies reposant sur un nationalisme d’exclusion : « il y a vraiment trop d’étrangers dans le monde »….

D’ailleurs, il y a des étrangers partout : 20 000 Italiens sont installés en Roumanie où  700 entreprises italiennes  travaillent. Un rappel que le chef du gouvernement roumain n’a pas manqué de faire à Prodi

La vague xénophobe qui frappe l’Italie, comme la plupart des pays européens, à des degrés divers, s’explique par des constats de bon sens. Quantitatif et qualitatif : aucune contrée ne peut, selon la formule de Rocard, « cueillir toute la misère du monde ». Et les faits divers médiatisés, ces moulins à émotions, des usines à déraison, ces accélérateurs de réflexes tripaux, provoquent vive des explosions. La peur, cette mauvaise conseillère, ne favorise pas la réflexion et les réactions de sang froid. Une irrationalité logique à impact politique inévitable et (hélas !)…exploités. En cela l’Italie actuelle n’est en rien un « cas », une « exception ». Hélas…

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Avant de crier haro sur Prodi, remarquons d’abord, sans rien excuser, que nous ne sommes pas en face «  d’expulsions de masse ». Il n’y a aucune « chasse aux romanichels » officiellement déclenchée, avec obligation des résultats statistiquement concrets. Et agités avec le bonheur qu’affiche, en France aujourd’hui, par exemple, Monsieur Hortefeux…

Le ministre de l’intérieur italien a, lui, donné le chiffre de 12 expulsions. Elles concernent des Roumains qui ont commis des délits ou sont soupçonnés d’en commettre.

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Deuxième remarque, à décharge si l’on peut dire afin de mieux comprendre l’émotivité de masse qui secoue l’Italie : la plupart des autres pays européens ont connu une immigration étalée dans le temps, l’Italie, elle,  a connu un afflux massif d’immigrés en l’espace de seulement 10 ans. On recense aujourd’hui 3,5 millions d’immigrés légaux et entre 1 et 2 millions de clandestins. Pour ce qui est des Roumains, on estime qu’ils sont 500 mille en Italie dont 160 mille romanichels. Des chiffres sans doute à multiplier par deux… L’ouverture des frontières en janvier 2007 avec l’entrée de la Roumanie en Europe a généré un flux énorme.

Mais il faut, évidemment,  distinguer la population roumaine « laborieuse », active notamment dans les travaux de garde et de maçonnerie, de sa « frange clandestine et criminelle ». Or,  c’est évidemment cette confusion qui pose problème. Toute la communauté roumaine qui risque d’en pâtir.Avec des vendetta à la clef. C’est déjà fait. Et il y a un véritable consensus là-dessus, même à gauche. 80% des Italiens selon un dernier sondage pensent que les Roumains sont des criminels potentiels ou réels. Et les mesures prises par le gouvernement, les expulsions et les camps des roms rasés, ne font que confirmer ce sentiment d’exutoire, ou de quête d’un bouc-émissaire. La droite elle réclame des mesures plus drastiques…

Les décrets gouvernementaux ne sont donc que la face émergée du drame qui est en train de se jouer. « On est en effet en train de raser massivement les baraques où vivent les romanichels. Sans les reloger. C’est terrible et grotesque. Jeter toutes ces personnes dans la rue, de plus alors que le froid commence à se faire sentir, risque évidemment d’accroître encore l’illégalité, la violence, la criminalité. Cela va avoir pour effet pervers de rendre cette population encore plus insupportable aux yeux des Italiens », souligne Marcelle Padovani, l’excellente envoyée spéciale permanente du Nouvel Obs en Italie…

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La mesure prise concernant les expulsions et la vague de xénophobie est  bien sûr extrêmement choquante et inquiétante au niveau européen : « la dangerosité devient en soi un critère d’expulsion ! Et sans garde-fou juridique. », souligne Marcelle Padovani. 

Le Conseil de l’Europe n’a pas manqué de rappeler les engagements pris par ses Etats membres en matière de droits de l’homme et de droits des migrants. Il ne manque pas non plus  de souligner l’importance de la campagne en faveur des rooms lancée dans l’Europe du Sud-est mais qui devrait être élargie :« DOSTA ! » Explications, ou plutôt rappel pour les lecteurs de Relatio qui ont eu l’occasion de la découvrir à plusieurs reprises :

« Dosta », un mot qui en Romani signifie “assez”, c’est une campagne de sensibilisations qui vise à faire rencontrer les citoyens Roms et non-Roms.”Dosta” signifie qu’on en a assez des préjugés et des stéréotypes, qui souvent faussent la réalité, et qu’on veut les combattre non pas en les dénonçant mais en démontrant qui sont les Roms.

« Les Roms ne sont pas parfait, bien sûr, mais qui l’est? Ce qui est clair est que les Roms sont des citoyens européens: ils sont un groupe qui compte environ 8 à 10 millions de personnes réparties dans presque tous les États membres du Conseil de l’Europe. Dans certains pays d’Europe centrale et orientale, ils représentent d’ailleurs plus de 5 % de la population. »

Marcelle Padovani, qui connaît bien l’Italie, termine son analyse sur le NouvelObs.com en déclarant « On dit souvent que l’Italie est le laboratoire du meilleur et du pire. En imaginant le pire, l’hypothèse la plus terrible serait que ce pays devienne un laboratoire du pré-fascisme vis-à-vis d’autres communautés européennes. » Alors, « Dosta » ! Ou alors, nous deviendrons tous les « Ritals » de quelqu’un. La xénophobie, on voit quand elle commence, mais on n’imagine jamais assez où elle peut conduire.

Daniel RIOT

 

LE SITE SPECIAL DE “DOSTA” >>>>>>>>

UNE FICHE SUR L’IMMIGRATION EN ITALIE >>>>>>

09/01/2007

VIOLENCE POLICIERE DANS UN CAMP ROM

Le maire et le député de Saint-Denis demandent une enquête. Les policiers auraient imité "l'exemple immonde des soldats américains à la prison d'Abou Ghraib".

 

Patrick Braouzec, député PCF de Seine-Saint-Denis

Patrick Braouzec, député PCF de Seine-Saint-Denis (Sipa)

Plusieurs dizaines de policiers ont fait irruption vendredi matin dans le campement du Hanul, avenue du président Wilson, où ils seraient intervenus "avec une violence inouïe" sur un camp rom à Saint-Denis, selon l'association d'aide aux enfants roumains Parada, qui demande dans un communiqué, avec le maire de Saint-Denis et le député communiste Patrick Braouzec "que soit immédiatement ouverte une enquête sur les exactions commises" et réclame "des sanctions".
"Les policiers ont éventré les caravanes, jeté leurs contenu dehors, brisé les vitres, sorti de force leurs occupants en les traînant par terre ou en les menaçant - y compris des enfants - avec leurs armes", poursuit Parada.

Des photos "le pied sur leurs 'trophées' humains

Selon l'association, "des policiers -dopés par l'exemple immonde des soldats américains à la prison d'Abou Ghraib ? - se sont pris mutuellement en photo le pied sur leurs 'trophées' humains jetés à terre". Elle dénonce "un pas franchi dans l'abjection" et organise une conférence de presse mardi matin avec la mairie sur les lieux.
Selon une source policière, l'opération a été menée par des effectifs de la police judiciaire (PJ) de Seine-Saint-Denis, et non des policiers locaux.

09/11/2006

Les Roms et les gens du voyage ont demandé la rédaction d'une charte européenne leur assurant une protection contre les discriminations

medium_roms.jpgA l'issue d'un forum de trois jours organisé par le Conseil de l'Europe, les gens du voyage et les Roms ont demandé, mercredi 8 novembre, la rédaction d'une charte européenne afin de garantir une meilleure protection contre les discriminations dont ils sont victimes notamment dans l'accès à l'école et à la formation, en matière de santé ou sur le marché de l'emploi.
Venus de toute l'Europe, les 80 délégués ont pointé du doigt la dégradation de la situation dans certains pays de l'Europe de l'Est, notamment en République tchèque et en Slovaquie.
Selon le président du Forum européen des Roms et gens du voyage Rudko Kawczynski, "Les femmes sont menacées de stérilisations forcées, des familles entières subissent des déplacements forcés" dans ces régions.
Le Kosovo connaît une situation dramatique : 20.000 Roms ont été expulsés de la province "sous les yeux des soldats de la Force de maintien de la paix au Kosovo (KFOR)", a-t-il souligné.
Il précise encore que quelque 14 millions de Roms vivent dans les 46 pays membres du Conseil de l'Europe, dont seuls 1% ne sont pas sédentarisés.
Créé en 2004, le Forum, qui a un partenariat avec le Conseil de l'Europe, lutte contre la "ghettoïsation" des Roms et demande une "meilleure utilisation" des fonds européens consacrés aux Roms.

01/11/2006

Festival de films mettant à l’honneur les Roms d’Europe, avec la participation de Tony Gatlif, réalisateur

Le Conseil de l’Europe organise un festival de films “La Quinzaine du Cinéma Rom” du 1 au 14 novembre pour célébrer l’art, la culture et la contribution des Roms à la société européenne. Le réalisateur Tony Gatlif (Gadjo Dilo, Transylvania, Exiles entre autres) participera à un débat public le 7 novembre sur les Roms, un groupe qui compte environ 10 millions de citoyens européens répartis dans presque tous les 46 Etats membres du Conseil de l'Europe.

Sept films seront diffusés au cinéma international de Strasbourg, L’Odyssée. Des représentants du Conseil de l’Europe et des experts participeront aux débats. Deux cérémonies auront lieu pour le concours du meilleur script et le concours de vidéos courtes. Les prix seront remis lors de la soirée événementielle du 7 novembre. Seront également présents l’ambassadeur de Finlande, dont la contribution a permis la réalisation de ce festival, et le Président du Forum européen des Roms et des gens du Voyage (FERV)– une ONG internationale créée à l’initiative de la Présidente de Finlande.

Un concert de jazz manouche du groupe Di Mauro Swing est également prévu dans la soirée du 7 novembre.

Contacts :
Aurora Ailincai (Direction de l’Education) aurora.ailincai@coe.int
Ivana D’Alessandro (Division des Roms et des Gens du voyage) ivana.dalessandro@coe.int


(voir également le site www.cinemaodyssee.com)