31/10/2007

Prostitution: Le Conseil de l'Europe met en place un nouvel organe pour accroître la lutte contre l'exploitation des êtres humains

STRASBOURG:L'année prochaine, le Conseil de l'Europe mettra en place le groupe d'experts sur la lutte contre la traité des êtres humains (GRETA), mécanisme indépendant de suivi des droits de l'homme. Cet organe quasi-judiciaire suivra la mise en œuvre de la Convention du Conseil sur la lutte contre la traite des êtres humains.

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La composition et les méthodes de travail du GRETA feront l'objet d'une conférence à haut niveau qui se tiendra à Strasbourg les 8 et 9 novembre et à laquelle prendront part les Etats membres du Conseil de l'Europe, les pays observateurs, d'autres organisations internationales (OSCE, ONU et Commission européenne) et des ONG (Anti-Slavery International et Amnesty International).

La Convention du Conseil de l'Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains (STCE n° 197) entrera en vigueur le 1er février 2008 à la suite de sa ratification par un dixième pays au début du mois. L'Albanie, l'Autriche, la Bulgarie, la Croatie, Chypre, le Danemark, la Géorgie, la Moldova, la Roumanie et la Slovaquie ont à ce jour ratifié la convention qui a été signée par 27 pays supplémentaires.

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Notes

* La traite des êtres humains est un phénomène mondial souvent lié à la criminalité organisée. Dans le cadre de cette forme moderne d'esclavage, les êtres humains sont traités comme un bien aux fins d'exploitation sexuelle ou de travail forcé. D'après l'Organisation internationale du Travail, jusqu'à 2,45 millions de personnes dans le monde sont victimes de la traite chaque année. Les profits illicites de ce commerce s'élèvent à 33 milliards de dollars par an, ce qui en fait la troisième activité criminelle la plus lucrative après le trafic de drogues illicites et celui des armes.

* Les 27 Etats membres qui ont signé la Convention mais ne l'ont pas encore ratifiée sont les suivants : Allemagne, Andorre, Arménie, Belgique, Bosnie-Herzégovine, " l'ex-République yougoslave de Macédoine ", Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Lettonie, Luxembourg, Malte, Monténégro, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Royaume-Uni, Saint-Marin, Serbie, Slovénie, Suède et Ukraine.

18/02/2007

Promouvoir la Convention sur la lutte contre la traite des êtres humains


 Les 15 et 16 février à Nicosie (Chypre), le Conseil de l’Europe a tenu son sixième séminaire régional destiné à soutenir la lutte contre la traite des êtres humains. Dans son discours introductif, Maud de Boer-Buquicchio, Secrétaire Générale Adjointe de l'Organisation, a encouragé les 46 pays du Conseil de l'Europe à ratifier la Convention sur la lutte contre la traite des êtres humains (STCE n° 197). Ce traité novateur vise à prévenir la traite, poursuivre les trafiquants, renforcer la coopération internationale et à créer un mécanisme de suivi pour garantir la mise en œuvre effective de ses dispositions par les Etats. A ce jour, la Convention a été ratifiée par l’Albanie, l’Autriche, la Moldova et la Roumanie, et signée par 30 autres pays. (suite ...)
Discours: Maud de Boer-Buquicchio
Dossier spécial


23/11/2006

Il devient de plus en plus difficile d'aider les prostituées

LU DANS LA CROIX: Plusieurs associations, dont l'Amicale du Nid, dénoncent les conséquences du délit de racolage mis en place en 2003

 

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<>Avec l’afflux massif de prostituées issues d’Europe de l’Est et d’Afrique occidentale ces dernières années, travailleurs sociaux et bénévoles associatifs avaient déjà dû relever de nouveaux défis. « Faire quitter la prostitution à une femme n’est jamais simple, mais quand, en plus, elle se dit sous l’emprise d’un sorcier nigérian, il nous faut redoubler d’effort », assure Patricia Léger, directrice des établissements de Seine-Saint-Denis, à l’Amicale du Nid.

Depuis l’entrée en vigueur de la loi pour la sécurité intérieure du 18 mars 2003, les associations ont encore plus de mal à venir en aide aux prostituées. Car celles-ci ne peuvent plus opérer en pleine rue, sous peine d’être arrêtées pour « racolage passif », délit passible de prison et d’une amende pouvant aller jusqu’à 4 000 €.

Résultat : les lieux de prostitution habituels ont progressivement été désertés. La plupart des femmes reçoivent leurs clients dans des endroits retirés. Certaines ne sont plus joignables qu’en passant par les petites annonces ou par Internet. Elles peuplent les « salons de massage », les bars à hôtesses ou encore les caves des bars à narguilés. Ces nouveaux lieux de rencontres ne datent certes pas de la loi de 2003. Mais ils n’ont cessé de se multiplier depuis. « Le développement de la prostitution en milieu fermé est très préoccupant, assure Catherine Barbe, directrice de l’association du Bus des femmes. Il rend beaucoup plus compliquée la prise de contact avec les prostituées. »

Dans la rue, près des centres-villes

Finie l’époque où il suffisait d’une tournée en camionnette sur les boulevards périphériques de la capitale pour les localiser et engager la conversation. « Avec le temps, nous finissons par repérer les bâtiments où elles opèrent, reconnaît Patricia Léger. Mais parler avec les femmes qui se trouvent à l’intérieur suppose de passer par les propriétaires des lieux. Cela peut être dangereux. »

D’autres prostituées, contre vents et marées, sont restées dans la rue, loin des centres-villes. Les forêts de Saint-Germain-en-Laye, de Melun ou de Fontainebleau font partie de leurs lieux. Elles n’hésitent pas à changer en permanence d’emplacement pour ne pas être repérées par les policiers, compliquant encore la tâche des associations. Elles seraient même de plus en plus nombreuses à attendre les clients au milieu des bois. « Celles-là se font souvent détrousser par des bandes de malfrats », assure Catherine Barbe, dont l’association intervient dans certaines forêts d’Île-de-France. Des agressions que les femmes dénoncent rarement. Selon l’Amicale du Nid, « se plaindre aux forces de l’ordre équivaudrait à reconnaître le délit de racolage ».

Quelques prostituées ont toutefois choisi de rester en centre-ville, quitte à prendre le risque d’être condamnées. « C’est le cas notamment des femmes venues d’Afrique, explique Guy Parent, chef de la brigade de répression du proxénétisme (BRP), à Paris. Contrairement aux Albanaises ou aux Bulgares, les Nigérianes ne sont pas expulsables puisque leur pays refuse de leur délivrer un laissez-passer. » Elles sont néanmoins déférées devant les tribunaux pour « délit de racolage ». Ce qui, là encore, bouleverse le travail des associations.

Une préoccupation : ne pas se faire arrêter

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(image d'un autre temps.Oliver Twist....)
«Nous consacrons désormais un temps fou à conseiller juridiquement les femmes», regrette Corinne Monnet, responsable de l’association Caribia, à Lyon. La pénalisation du racolage a d’autres conséquences, selon Catherine Barbe : « Les femmes que nous aidons n’ont plus qu’une préoccupation : ne pas se faire arrêter. Du coup, elles sont de moins en moins à l’écoute de nos conseils en matière sanitaire. Elles n’ont plus la tête à cela. »

Les associations déplorent d’autant plus les répercussions de la loi pour la sécurité intérieure que, selon elles, le milieu de la prostitution serait davantage violent que par le passé. « Il y a vingt-cinq ans, quand j’ai commencé à tenter de sortir les femmes de là, les proxénètes pouvaient être brutaux, mais ils ne dépassaient jamais certaines limites, assure Patricia Léger. Il y avait des codes à respecter. Les femmes que nous rencontrons aujourd’hui ont enduré des choses effroyables. »

Si les acteurs associatifs avaient, dès 2003, critiqué la condamnation du racolage, ils avaient plutôt bien accueilli l’article 76 de la loi, qui prévoit d’aider les femmes dénonçant leur souteneur. Le texte stipule en effet que « les prostituées étrangères qui dénonceront les proxénètes pourront recevoir des papiers et la protection de la police ». Pour Patrick Hauvuy, directeur de l’ALC, un service national offrant des places en centre d’hébergement aux personnes désireuses de quitter la prostitution, « la loi a le mérite de reconnaître ces femmes comme des victimes ». Mais à l’entendre, le texte ne va pas assez loin.

Prostituées pour payer leur passeur

« Nous regrettons qu’aucune allocation ne leur soit allouée au sortir de la prostitution. D’autant qu’il est très difficile pour toutes celles qui ne parlent pas français de trouver un emploi. » Aux dires des responsables associatifs, aussi incitatif que soit l’article 76, la peur d’une éventuelle vengeance du proxénète reste très prégnante chez les femmes. Elles ne craignent d’ailleurs pas seulement pour elles-mêmes, mais pour leurs proches restés au pays. Cela explique sans doute l’augmentation moins significative qu’escompté des arrestations de souteneurs ces dernières années.

À la Brigade de répression du proxénétisme, on précise que 136 proxénètes ont été déférés devant la justice en 2003, 163 en 2004 et 164 en 2005. Des chiffres qui n’étonnent pas Corinne Monnet, convaincue qu’il faut aider les femmes autrement qu’en les incitant à la dénonciation : « On se trompe en pensant qu’il y a un proxénète derrière chaque prostituée. À Lyon, de plus en plus de femmes viennent seules et de leur plein gré de l’étranger, précise-t elle. Elles se prostituent pour payer leur passeur. Nous sommes loin de la configuration classique. » </>

Marie BOëTON (LA CROIX)

17/09/2006

Le Congrès des pouvoirs locaux du Conseil de l'Europe accentue sa campagne contre la traite des êtres humains

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Une pétition à signer et à faire signer >>>>>>>>>>>>>>&...
Une campagne à soutenir, du local au global. les responsabilités sont aussi personnelles.... EN SAVOIR PLUS>>>>