20/11/2007

Adolescents en souffrance : 25 recommandations en France

Info RELATIO

La défenseure des enfants s'est visiblement inspirée des recommandations du Conseil de l'Europe: Elle a bien fait. Reste la question-clef: Comment débloquer les moyens indispensables?

Dominique Versini la "Défenseure des enfants" (Sipa)

Dominique Versini la "Défenseure des enfants" (Sipa)

Dominique Versini, la défenseure des enfants, autorité indépendante chargée de la protection de leurs droits, a remis, aujourd'hui son rapport annuel préconisant 25 recommandations pour une meilleure prise en charge des adolescents en souffrance psychologique.

Dans le texte remis au président de la République et aux parlementaire, Dominique Versini, explique avoir rencontré dans le cadre de son activité de nombreux adolescents "en détresse" "qui se sont souvent heurtés à une multiplicité d'interlocuteurs sans réponse adéquate".

Dans le rapport qu'elle consacre à la question de la prise en charge des adolescents, la défenseure constate des "insuffisances de moyens" qui ont, selon elle, "des conséquences importantes sur le repérage et la prise en charge des adolescents".

Ainsi, 800 postes de psychiatres ne sont pas pourvus dans les hôpitaux publics, les infirmiers et médecins scolaires sont trop peu nombreux, les centres médico-psychologiques "saturés" et les structures de post-hospitalisation "complètement insuffisantes".

Alors qu'en 2004, l'objectif avait été fixé d'ouvrir une maison des adolescents dans chaque département, 18 seulement "sont ouvertes à ce jour", note également le rapport de Dominique Versini.Tout ceci génère "des situations qui (...) paraissent porter atteinte aux droits de l'enfant", constate la défenseure, qui dresse une liste de 25 recommandations.

>>> Dans un premier temps, il faut augmenter les moyens: les centres médicopsychologiques doivent être renforcés afin de réduire les délais d'attente pour obtenir un rendez-vous. Mme Versini demande aussi que chaque département soit doté de lits d'hôpital réservés aux adolescents en pédopsychiatrie, que les structures de post-hospitalisation soient plus nombreuses et que la France se fixe pour objectif de créer un poste d'infirmière dans chaque établissement scolaire.

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>>>Côté prévention, elle souhaite que le numéro vert du "fil santé jeunes" (0800.235.236, de 8h à minuit) soit rendu accessible 24 heures sur 24, que les parents disposent d'un numéro similaire et que tous les professionnels concernés (enseignants, soignants, magistrats) soient formés à la psychologie des adolescents pour leur permettre de repérer les souffrances des jeunes qu'ils côtoient. Elle suggère également de renforcer la prévention contre la consommation d'alcool et de cannabis.

>>>>La défenseure explique que sur les 2.100 demandes traitées par ses services, 37% concernent des conflits familiaux, notamment en raison de séparations "très conflictuelles". Elle préconise de renforcer la médiation familiale qu'il faut peut-être envisager de rendre obligatoire dans certains contextes". Dominique Versini suggère aussi d'améliorer les "espaces-rencontres" qui permettent à certains enfants de continuer à voir leurs parents en dehors de leur domicile.

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>>> Dominique Versini insiste aussi sur la situation des mineurs étrangers, qui représentent pas moins de 16% des cas traités. Elle évoque en particulier "la souffrance psychique des enfants de familles en situation irrégulière" et demande que "des dispositions soient prises pour qu'ils ne séjournent pas en rétention".

Pour elle, les délais imposés pour les demandes de regroupement familial sont également "trop longs" et "nécessitent une accélération". Dominique Versini pointe aussi les diverses "atteintes aux droits fondamentaux" dont sont victimes les "mineurs étrangers isolés", présents en France sans représentant légal

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SUR RELATIO >>>>>>>>  ET >>>>>>>>>>

13/11/2007

France: De plus en plus d'enfants en danger

Selon le rapport annuel de l'Observatoire national de l'action sociale décentralisée, le chiffre de l'enfance en danger a progressé de 18% en moins de dix ans.

(Reuters)

(Reuters)

Quelque 98.000 enfants ont été signalés en danger en 2006, soit un millier de plus qu'en 2005, selon le rapport annuel de l'Observatoire national de l'action sociale décentralisée (Odas), publié lundi 12 novembre. L'étude souligne que ce résultat reflète la part grandissante des adolescents en détresse.
Depuis 1998, le chiffre de l'enfance en danger n'a cessé d'augmenter chaque année pour progresser de 18% en moins de dix ans, selon les enquêtes menées par l'Odas auprès des départements, responsables de la protection de l'enfance.

7 mineurs sur 1.000

Ainsi, ce sont aujourd'hui sept mineurs sur 1.000 qui sont concernés contre cinq sur 1.000 en 1998, souligne l'Odas. "Le nombre d'enfants signalés en danger progresse plus vite que la population de la tranche d'âge correspondante", explique le rapport publié lundi.
Une étude sur les classes d'âge permet de déceler que l'augmentation des signalements en 2006 est liée au public de préadolescents et d'adolescents, poursuit l'Odas. Ainsi, alors que le nombre des enfants âgés de moins de 11 ans diminue de 1.100, celui des 11-21 ans augmente de 2.100. Néanmoins, avec 44% du total des signalements, la part de la population adolescente reste minoritaire.

"Carences éducatives"

Comme lors des précédents rapports, les "carences éducatives des parents" citées dans plus de la moitié des situations recensées, et les "conflits de couple et de séparation" (22%) figurent parmi les facteurs de dangers identifiés comme les plus fréquents.
Le facteur de la "précarité économique" augmente cette année : le nombre d'enfants concernés atteint les 15% du total des signalements et arrive en troisième place, avant celui des "problèmes psychopathologiques des parents" (11%).
LE SITE DU CONSEIL DE L'EUROPE SUR LES DROITS DE L'ENFANT >>>>>>

06/08/2007

Rappel: Les adolescents ne sont pas des adultes

Professionnels de l’enfance, magistrats, avocats, pédopsychiatres, éducateurs, enseignants..., ils contestent le projet de loi qui conduit, en cas de récidive, à faire juger les adolescents âgés de 16 à 18 ans comme des majeurs. Et lancent un appel, "Les adolescents ne sont pas des adultes", que vous pouvez, vous aussi, signer en ligne.

Un des premiers projets de loi du gouvernement Fillon, présenté à l’Assemblée nationale dès le mois de juillet, conduit, en cas de récidive, à faire juger les adolescents âgés de 16 à 18 ans comme des majeurs. En clair, les adolescents concernés seront traités comme des adultes.

Des professionnels de l’enfance, magistrats, avocats, pédopsychiatres, éducateurs, enseignants, spécialistes de la jeunesse lancent un appel pour que soit conduite une évaluation des politiques publiques, en concertation avec tous les acteurs concernés, et que soient attribués des moyens sérieux aux politiques qui permettent l’éducation des adolescents.

> Pour signer l'appel, cliquer ici
Le texte de l'appel

"L’adolescence est l’âge de tous les possibles. C’est aussi l’âge de tous les défis, des prises de risques, de l’entraînement réciproque. Le nombre des suicides, d’accidents de la circulation, de violences subies, et la surconsommation d’alcool ou de drogues sont les signes de la fragilité de cet âge. Une petite minorité s’engage dans la délinquance, parfois avec violence.

Devons nous traiter ces adolescents délinquants comme des adultes, alors qu’aucun débat n’a eu lieu sur l’age de la majorité, et vouloir les envoyer, plus nombreux encore, en prison ?

Cela peut être l’effet du projet de loi présenté par le gouvernement, qui entend faire juger les adolescents âgés de 16 à 18 ans comme des adultes, et durcir les peines de prison, en cas de récidive.

En l’état du texte, par exemple, un vol de portable, commis après deux précédents vols, pourra conduire, sauf exception, un adolescent de 16 ans pendant deux ans en prison, peine plancher minimum. Il en résultera une augmentation importante du nombre d’adolescents détenus.

Aujourd’hui, en France,  15 millions de jeunes poursuivent des études au delà de 20 ans, vivent en couple à 25 ans, ont un premier enfant à 30 ans. La prolongation des études et aussi l’accès difficile à un premier emploi, retardent, pour tous les jeunes, l’entrée dans la vie adulte.

Sur ces 15 millions de jeunes, 15 000 d’entre eux âgés de 16 et 17 ans sont  interpellés plusieurs fois dans l’année. La plupart de ces adolescents sont déscolarisés depuis l’age de 14 ans, sans qualification ; ils ne parviennent pas à accéder à un premier emploi. Se percevant comme inutiles, humiliés par les échecs répétés, ils « traînent », provoquent, commettent ensemble la plupart de leurs infractions.

Ce sont ces adolescents qui, seuls, seraient traités comme des adultes ? Ce sont ces adolescents pour lesquels la France abandonnerait tout effort d’éducation ?

Trois mille trois cent cinquante d’entre eux ont été en prison en 2006.

Faire de l’enfermement la seule réponse « automatique » à la délinquance des mineurs est une impasse ; dangereuse pour les adolescents, à cet age de la vie, et inefficace pour la société quand nous connaissons l’importance de la récidive à la sortie de prison.

D’autres sanctions existent, qui fixent des limites, réparent sans exclure, et permettent un nouveau départ.

Nous devons aussi oser nous engager dans la réussite des programmes éducatifs, des  internats éducatifs qui structurent ces adolescents, des classes relais, des centres de jour, des maisons des adolescents, qui les inscrivent dans  un projet.

Leur efficacité est démontrée. Elle serait encore plus forte si elle était appuyée par des budgets à la hauteur de ces enjeux.

A l’heure de l’ouverture politique et de la modernisation proclamée, nous demandons un moratoire sur le texte en projet, l’ouverture d’un « Grenelle de l’adolescence » pour mener un débat serein sur la délinquance des adolescents, une évaluation des politiques publiques et des réformes législatives successives, pour dégager un consensus sur l’insertion de tous les jeunes.

 Conscients de notre responsabilité d’adultes, nous souhaitons que l’adolescence fasse l’objet d’une politique audacieuse de la jeunesse, à la mesure des espoirs et des fragilités dont est porteuse cette période de la vie."

> Pour signer l'appel, cliquer ici

26/07/2007

Le projet de loi contre la récidive est définitivement adopté

Voté par l'UMP et le Nouveau centre, le projet de loi de lutte contre la récidive instaure des peines plancher pour les récidivistes, traduisant dans la loi un engagement de campagne de Nicolas Sarkozy.

 

La ministre de la Justice Rachida Dati

La ministre de la Justice Rachida Dati

(Reuters)

 

Le projet de loi de lutte contre la récidive a été définitivement adopté, jeudi 26 juillet, dans l'après-midi. Ce projet, qui traduit dans la loi un engagement de campagne du président Nicolas Sarkozy, a été voté par l'Assemblée nationale avec les voix de l'UMP et celles du Nouveau Centre. Les socialistes, les communistes et les Verts ont voté contre.
Le projet de loi de lutte contre la récidive instaure des peines plancher pour les récidivistes. Il écarte "l'excuse de minorité" pour les mineurs de plus de 16 ans, dans certains cas.

Commission mixte paritaire

Le texte définitif est proche de la première version votée par l'Assemblée nationale. Il est issu du compromis élaboré en commission mixte paritaire (7 sénateurs, 7 députés), et adopté jeudi matin au Sénat.
La commission mixte paritaire n'a apporté de modifications que sur la question de l'avertissement du condamné, en cas de récidive. Les députés avaient supprimé l'obligation faite à la juridiction qui prononce la peine "d'avertir le condamné des conséquences d'une nouvelle condamnation" en état de récidive.
Dans la rédaction finale, il est prévu que "lorsque les circonstances de l'infraction ou la personnalité de l'auteur le justifient, le président de la juridiction avertit le condamné au prononcé de la peine des conséquences qu'entraînerait une condamnation" en état de récidive.

Le rapport de la Commission mixte paritaire (pdf)

Le site de l'Institut national des hautes études de sécurité

Enfermements et éducations, sur le site de la Revue d'histoire de l'enfance irrégulière

Les mineurs délinquants dans le projet de loi de Nicolas Sarkozy

"La prison est une machine à récidive" sur un site toulonnais

Journal d'un avocat: les peines plancher

Les peines planchers sur un blog

Les cahiers de doléances des états généraux de la condition pénitentiaire

La procédure législative sur le site de l'Assemblée nationale

12/07/2007

Délinquance juvénile: le poids de l'idéologie

Un éditorial du journal "LE TEMPS" (Suisse)

 

Denis Masmejan
Jeudi 12 juillet 2007

 

 

 

 

Deux socialistes zurichois avancent une liste de douze idées pour mieux répondre à la criminalité juvénile. La plupart sont axées sur la prévention. Deux d'entre elles reconnaissent néanmoins la nécessité de faire preuve, dans les cas les plus graves, d'une sévérité accrue. Il n'en a pas fallu davantage pour déclencher au sein du parti et de la gauche en général un concert de protestations.

Des élus de gauche, et non des moindres, ont balayé d'un revers de la main ces propositions dont ils accusent les auteurs - la conseillère nationale Chantal Galladé et le député au Grand Conseil zurichois Daniel Jositsch, par ailleurs professeur de droit pénal - de céder à des préoccupations électoralistes et populistes. Cette condamnation dédaigneuse, plus hautaine en Suisse romande que partout ailleurs, sans que le fond des propositions n'ait été sérieusement examiné, en dit long sur la persistance de certaines œillères idéologiques.

La proximité des élections fédérales de cet automne et l'omniprésence tonitruante de l'UDC sur le thème de la sécurité et de la délinquance fournissent en l'occurrence à la gauche des prétextes commodes pour s'enfermer dans les plus inébranlables de ses préjugés. Mais personne ne peut croire sérieusement qu'il s'agisse là d'une situation strictement conjoncturelle et propre à la Suisse et au rôle qu'y joue l'UDC.
Au contraire, partout en Europe, les principales forces politiques ont été contraintes de se positionner sur ce thème sensible. En Suisse comme ailleurs, la gauche comme la droite traditionnelle sont placées aujourd'hui devant le choix brutal de céder du terrain aux discours simplistes de la droite dure ou d'avancer des propositions politiquement crédibles sur des questions où les instances dirigeantes des partis sont peut-être mal à l'aise, mais qui comptent aux yeux des électeurs.

Rien ne dit qu'un durcissement de la répression soit inévitable, ni a fortiori qu'en matière de délinquance juvénile l'abandon d'un droit plus éducatif que punitif soit une voie à suivre. Au contraire. Mais le besoin d'une réponse renouvelée, débarrassée du poids de certaines habitudes de pensée qui confinent à une atrophie de l'intelligence, est évident. En cela, l'option politiquement la moins payante à terme est celle qui consiste à ne pas vouloir ouvrir le débat, à refuser de mettre en jeu ses certitudes.

03/07/2007

La loi contre la récidive pourrait mener 10 000 personnes de plus en prison

Le nouveau projet de loi contre la récidive sera-t-il efficace ? Le texte examiné à partir de jeudi 5 juillet au Sénat se veut dissuasif à l'égard des délinquants. Il prévoit des peines planchers pour les crimes et les délits punissables de trois ans de prison au moins, la fin de l'excuse de minorité pour les 16-18 ans récidivistes et une obligation de soins en prison.

Il ne "correspond pas à la réalité de la récidive", ont dénoncé lors d'une conférence de presse, lundi 2 juillet, criminologues et professionnels de la justice. "Le travail sur le terrain comme les recherches existantes montrent qu'un programme efficace doit reposer sur quatre volets : une meilleure élucidation des actes délinquants par la police, une prévention pour éviter la première infraction, des conditions meilleures d'application des peines et une réforme du code pénal", a indiqué le chercheur Pierre Tournier.

Selon les estimations de ce dernier, la future loi pourrait conduire à une augmentation de 10 000 détenus. La France compte actuellement 63 600 personnes sous écrou, soit 12 000 détenus de plus que de places disponibles.

Les études menées par Pierre Tournier et Annie Kenzey, chargée de mission à l'administration pénitentiaire, ont montré que 59 % des sortants de prison sont de nouveau condamnés dans les cinq ans suivant leur libération. Ces recherches ont aussi montré la difficulté de tirer des conclusions générales sur la récidive.

Trois facteurs la font évoluer du tout au tout : le passé judiciaire de l'individu, son âge, et le fait de déclarer un emploi. Pour le délit de violences volontaires, la récidive varie ainsi de 0 % à 81 % selon la situation de l'auteur des faits.

Bien que le débat se focalise sur les crimes les plus traumatisants, deux délits représentent les trois quarts des récidives : le vol-recel (taux de récidive : 8 %) et la conduite en état d'ivresse, qui n'est cependant pas visée par la nouvelle loi car elle n'encourt que deux ans de prison (taux de récidive : 14 %).

Aucune corrélation n'a pu être établie entre le montant de la peine prononcée et la récidive. En matière d'infractions à la législation sur les stupéfiants, plus la peine est forte, moins les personnes récidivent. Mais pour les violences volontaires, c'est l'inverse.

Pour d'autres actes, on ne note aucun effet. Les auteurs d'agressions sexuelles sur mineurs affichent un taux de nouvelle condamnation quasi identique, qu'ils aient purgé une peine de moins de cinq ans de prison ou une peine de plus de cinq ans (23 % et 22 %). Même constat pour les auteurs de vols avec violence : 68 % des condamnés à moins de six mois écopent d'une nouvelle condamnation, 72 % après deux ans de prison.

Les études disponibles ont également montré qu'un mineur incarcéré pour la deuxième fois sera, dans plus de 90 % des cas, impliqué dans une nouvelle affaire dans les cinq ans qui suivent sa libération. "Ces chiffres invitent à mettre sérieusement en doute le caractère dissuasif de la prison", indique M. Tournier.

Autre donnée criminologique : la récidive est toujours plus forte après une "sortie sèche" de prison que dans le cadre d'une peine aménagée (une libération conditionnelle, un sursis avec mise à l'épreuve, etc.). "L'aménagement de la peine est le meilleur moyen de faire diminuer la récidive", défend Eric Martin, membre de l'Association des juges de l'application des peines. L'Anjap critique vivement le projet, estimant notamment que l'obligation de soins faite aux condamnés sera inapplicable : " La moitié des tribunaux ne peuvent exécuter les peines de suivi socio-judiciaire qui comprennent l'injonction de soins faute de médecins coordonnateurs", explique M. Martin. "En détention, l'offre de soins est très inégale, et de nombreux condamnés sont sur des listes d'attente."

L'importance de la récidive dépend de l'accompagnement des condamnés et de leurs possibilités réelles de réinsertion. "Nous constatons que le travail de préparation à la sortie est de plus en plus difficile avec la surpopulation des maisons d'arrêt", témoigne Michel Jouannot, secrétaire général de l'Association nationale des visiteurs de prison. "Les prisons bouillonnent, le projet risque de les conduire à l'explosion."

Le "noyau dur" des récidivistes est formé de toxicomanes et de personnes désinsérées, avait fait remarquer Véronique Degermann, chef de l'unité de traitement en temps réel de la délinquance du parquet de Paris, lors d'une visite de la ministre, Rachida Dati, le 29 juin. A leur sortie de prison, avait ajouté la magistrate, "leur RMI n'est pas en place, ni leurs soins. Du jour au lendemain ils sont à la rue, et les facteurs de récidive sont réunis".

Nathalie Guibert (Le Monde)

27/06/2007

Les adolescents ne sont pas des adultes

Professionnels de l’enfance, magistrats, avocats, pédopsychiatres, éducateurs, enseignants..., ils contestent le projet de loi qui conduit, en cas de récidive, à faire juger les adolescents âgés de 16 à 18 ans comme des majeurs. Et lancent un appel, "Les adolescents ne sont pas des adultes", que vous pouvez, vous aussi, signer en ligne.

Un des premiers projets de loi du gouvernement Fillon, présenté à l’Assemblée nationale dès le mois de juillet, conduit, en cas de récidive, à faire juger les adolescents âgés de 16 à 18 ans comme des majeurs. En clair, les adolescents concernés seront traités comme des adultes.

Des professionnels de l’enfance, magistrats, avocats, pédopsychiatres, éducateurs, enseignants, spécialistes de la jeunesse lancent un appel pour que soit conduite une évaluation des politiques publiques, en concertation avec tous les acteurs concernés, et que soient attribués des moyens sérieux aux politiques qui permettent l’éducation des adolescents.

> Pour signer l'appel, cliquer ici

Le texte de l'appel

"L’adolescence est l’âge de tous les possibles. C’est aussi l’âge de tous les défis, des prises de risques, de l’entraînement réciproque. Le nombre des suicides, d’accidents de la circulation, de violences subies, et la surconsommation d’alcool ou de drogues sont les signes de la fragilité de cet âge. Une petite minorité s’engage dans la délinquance, parfois avec violence.

Devons nous traiter ces adolescents délinquants comme des adultes, alors qu’aucun débat n’a eu lieu sur l’age de la majorité, et vouloir les envoyer, plus nombreux encore, en prison ?

Cela peut être l’effet du projet de loi présenté par le gouvernement, qui entend faire juger les adolescents âgés de 16 à 18 ans comme des adultes, et durcir les peines de prison, en cas de récidive.

En l’état du texte, par exemple, un vol de portable, commis après deux précédents vols, pourra conduire, sauf exception, un adolescent de 16 ans pendant deux ans en prison, peine plancher minimum. Il en résultera une augmentation importante du nombre d’adolescents détenus.

Aujourd’hui, en France,  15 millions de jeunes poursuivent des études au delà de 20 ans, vivent en couple à 25 ans, ont un premier enfant à 30 ans. La prolongation des études et aussi l’accès difficile à un premier emploi, retardent, pour tous les jeunes, l’entrée dans la vie adulte.

Sur ces 15 millions de jeunes, 15 000 d’entre eux âgés de 16 et 17 ans sont  interpellés plusieurs fois dans l’année. La plupart de ces adolescents sont déscolarisés depuis l’age de 14 ans, sans qualification ; ils ne parviennent pas à accéder à un premier emploi. Se percevant comme inutiles, humiliés par les échecs répétés, ils « traînent », provoquent, commettent ensemble la plupart de leurs infractions.

Ce sont ces adolescents qui, seuls, seraient traités comme des adultes ? Ce sont ces adolescents pour lesquels la France abandonnerait tout effort d’éducation ?

Trois mille trois cent cinquante d’entre eux ont été en prison en 2006.

Faire de l’enfermement la seule réponse « automatique » à la délinquance des mineurs est une impasse ; dangereuse pour les adolescents, à cet age de la vie, et inefficace pour la société quand nous connaissons l’importance de la récidive à la sortie de prison.

D’autres sanctions existent, qui fixent des limites, réparent sans exclure, et permettent un nouveau départ.

Nous devons aussi oser nous engager dans la réussite des programmes éducatifs, des  internats éducatifs qui structurent ces adolescents, des classes relais, des centres de jour, des maisons des adolescents, qui les inscrivent dans  un projet.

Leur efficacité est démontrée. Elle serait encore plus forte si elle était appuyée par des budgets à la hauteur de ces enjeux.

A l’heure de l’ouverture politique et de la modernisation proclamée, nous demandons un moratoire sur le texte en projet, l’ouverture d’un « Grenelle de l’adolescence » pour mener un débat serein sur la délinquance des adolescents, une évaluation des politiques publiques et des réformes législatives successives, pour dégager un consensus sur l’insertion de tous les jeunes.

 Conscients de notre responsabilité d’adultes, nous souhaitons que l’adolescence fasse l’objet d’une politique audacieuse de la jeunesse, à la mesure des espoirs et des fragilités dont est porteuse cette période de la vie."

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06/12/2006

Appel pour une contraception gratuite et anonyme pour les mineures

Le Prof. Israel NISAN: " 13 400 IGV shes les moins de 18 ans par an...

Un rapport du Haut conseil de la population et de la famille publié mardi 5 décembre dénonce le "déficit considérable d'information à l'école" sur la contraception et préconise la généralisation d'une gratuite et anonyme pour les mineures.
"Aujourd'hui en France, on peut avoir la pilule du lendemain et l'IVG gratuitement mais pas la contraception", s'insurge le professeur Israël Nisand, gynécologue-obstétricien à Strasbourg, co-auteur du rapport remis au président de la République. Le texte dénonce ainsi l'accès difficile pour les mineures à la contraception préventive, qui reste payante ou remboursable sur la sécurité sociale des parents, hors des centres du planning familial.

Le préservatif mal utilisé

Selon le professeur Israël Nisand, chez les jeunes le préservatif est certes couramment utilisé, mais souvent mal, et son efficacité n'est pas suffisante en matière de contraception, car la fécondité des très jeunes filles est élevée.
Ainsi, chez les filles de moins de 18 ans, trois grossesses sur cinq aboutissent à une interruption volontaire, soit 13.400 IVG en 2004 (dont 700 avant 15 ans), un chiffre qui n'a pas baissé depuis dix ans.
Il s'agit d'un "problème de santé publique et non de moralité", affirme le Haut conseil, qui souligne que l'IVG laisse des séquelles psychologiques bien plus graves chez une mineure que chez une femme, et que le recours plus tardif à l'avortement, au-delà bien souvent du délai légal, comporte plus de risques.
La pilule du lendemain, obtenue gratuitement et anonymement, est de plus en plus couramment utilisée par les mineures. Sur l'année scolaire 2004-2005, au moins 11.450 mineures sont venues à l'infirmerie scolaire de leur établissement pour une contraception d'urgence et des pharmaciens témoignent de plusieurs passages par semaine des mêmes jeunes filles.
Or, son efficacité n'est que de 85% lorsqu'elle est prise dans les 12 heures qui suivent le rapport, et elle tombe à 54% lorsqu'elle est prise dans les 48 heures.

Suivi médical et information

La prise en charge gratuite et anonyme de la contraception, recommandée par le Haut conseil, qui permettrait également que la jeune fille bénéficie d'un suivi médical, doit s'accompagner d'une information précoce et adaptée, pour éviter, note Israël Nisand, que "le film porno ne soit la seule information sur la sexualité".
"Notre société considère encore que la sexualité des ados n'est pas normale", dit-il, "or les pays qui l'ont acceptée, comme les Pays-Bas, ont moins d'IVG de mineures que nous".
L'"exclusion", la "détresse", la "prise de risques" sont à l'origine de nombre de grossesses de jeunes mineures, mais surtout le déficit de connaissances, dit-il.
"Combien sont persuadées qu'on ne peut pas tomber enceinte au premier rapport, pendant les règles, ou si le garçon se retire, s'il n'y a pas de pénétration, que le préservatif protège totalement ...", poursuit Israël Nisand.
Les objectifs de la loi du 4 juillet 2001 en matière d'éducation à la sexualité à l'école ne sont pas remplis, estime le Haut conseil qui souhaite que "cette obligation devienne effective au plus vite", en y associant le planning familial, pour que les adolescents aient un repère en dehors de l'école.

 

30/11/2006

De la sensibilité des jeunes...

Selon une étude d'Olivier Galland, chercheur associé au CNRS, publiée aujourd'hui les jeunes se plaignent davantage de vexations, moqueries ou insultes que d'injustices ou de privations de droits. Dans les sources de conflit relationnel, ils invoquent plus souvent des motifs liés à l'apparence que ceux ayant trait à leur situation économique et sociale.

 

 

"La construction d'un style, où l'apparence physique et vestimentaire tient une grande place, est devenue une composante essentielle de l'identité de beaucoup d'adolescents", souligne M. Galland, qui s'est appuyé pour son étude sur l'enquête de l'Insee "Histoires de vie". Il précise que ses travaux ne visent pas à mesurer objectivement les discriminations subies, mais à analyser les réponses à une série de questions sur les "relations avec les autres".

Il en ressort que les jeunes, spécialement entre 12 et 15 ans, font preuve d'une sensibilité particulière aux "moqueries" et"insultes". 65 % de celles qui ont "eu des conséquences" ont été proférées à l'école. Les faits plus graves, tels que subir une injustice ou se voir refuser un droit, sont ressentis à un âge plus élevé, après l'adolescence. Ils sont plus rares, et ont près de deux fois moins souvent lieu à l'école ou à l'université.

LES JEUNES FEMMES PLUS VICTIMES DE MOQUERIES QUE LES HOMMES

Les femmes de 18-30 ans se disent beaucoup plus victimes de moqueries ou d'insultes que les hommes du même âge, à 40,2 % contre 27,5 %. Les proportions tombent respectivement à 17,2 % et 17,3 % pour les plus de 30 ans. Par ailleurs, les premières causes de stigmatisation évoquées – la corpulence, la taille et la façon de s'habiller – sont surreprésentées chez les jeunes par rapport aux adultes. Ces critères sont ainsi cités par 23 % des jeunes contre 9 % des adultes.

Si 19 % des filles disent être victimes de moqueries sur leur physique, seuls 12 % des garçons s'en plaignent. Et les "normes" s'opposent : ce sont les jeunes filles corpulentes qui disent subir le plus de remarques sur leur physique alors que chez les garçons, ce sont les petits et les maigres. L'étude souligne également que les jeunes ayant subi "des moqueries ou des brimades relatives à leur apparence physique" vivent plus souvent seuls que les autres.

Enfin, l'enquête confirme que les tensions identitaires liées à l'apparence vestimentaire sont plus aiguës parmi les jeunes ayant vécu en cité.

(Source: Le Monde)

Les jeunes, des électeurs très convoités

SELECTION DpJ sur LA CROIX: Le vote des jeunes sera déterminant pour l'élection présidentielle. Les candidats cherchent à convaincre cet électorat des 18-25 ans réputé très volatil.

La course aux jeunes est ouverte. Comme à chaque élection présidentielle, les candidats savent qu’ils n’obtiendront pas la victoire sans séduire une large part de cet électorat. Mais l’enjeu est cette fois plus perceptible encore, tant la jeunesse a été en première ligne lors de deux des principales crises du quinquennat finissant : la flambée de violence dans les banlieues en novembre 2005 et la forte mobilisation contre le contrat première embauche (CPE) au printemps 2006.

Pour les deux favoris de l’élection, Nicolas Sarkozy à droite, Ségolène Royal à gauche, l’issue de l’élection tiendra pour une part non négligeable dans leur capacité à séduire les jeunes. Représentant 12 à 13 % des électeurs, les 18-25 ans « pèsent » donc environ un bulletin sur huit. Et s’ils s’abstiennent traditionnellement plus que leurs aînés dans la majorité des scrutins, ils ont tendance à se remobiliser pour la présidentielle, rappelle Anne Muxel, politologue et spécialiste des comportements électoraux de la jeunesse. La chercheuse souligne que les jeunes, parce qu’ils n’ont évidemment pas d’habitudes politiques marquées, constituent un électoral volatil, capable « de faire basculer une élection dans un sens ou dans l’autre ».

C’est ainsi sur le vote « jeune » que se sont bâtis le succès de François Mitterrand en 1981 comme la victoire de Jacques Chirac en 1995. En 2002, l’éparpillement des jeunes électeurs a contribué, à gauche, à l’élimination de Lionel Jospin et, à droite, à la percée du FN. Aujourd’hui, dans cet électorat mouvant, la gauche se sent le vent en poupe. « Pour toute cette génération, qui a vécu le CPE comme une agression, la page n’est pas tournée. Cela se sentira dans les urnes », assure Malek Boutih, secrétaire national du PS, proche de la candidate socialiste.

Un terrain à conquérir

La dernière étude sur le vote jeune lui donne raison. Ségolène Royal apparaît comme la candidate préférée de 34 % des jeunes de 15 à 25 ans, loin devant les 14 % de Nicolas Sarkozy (1). Certes, une partie de cette classe d’âge n’est pas en âge de voter, mais le rapport de force chez les jeunes est bel et bien posé. La droite aurait donc quelques raisons de s’inquiéter. C’est d’ailleurs ce qu’a rappelé récemment Michèle Alliot-Marie devant ses amis de l’UMP : « Trop souvent, nous avons braqué la jeunesse. Trop souvent, nous avons laissé s’insinuer l’idée pernicieuse qu’un jeune était un délinquant en puissance ou en devenir. » Des propos qui lui valurent d’être sifflée par une partie des amis de Nicolas Sarkozy.

Il n’empêche. Pour le ministre de l’intérieur, l’électorat jeune demeure largement un terrain à conquérir. Mais les proches du ministre de l’intérieur ne baissent pas les bras pour autant. « Le CPE, ce n’est pas Sarko », souligne un de ses fidèles pour rappeler ses réticences face à une mesure qu’il avait tout de même soutenue, solidarité gouvernementale oblige.

Les proches du président de l’UMP reconnaissent néanmoins la nécessité pour lui de « casser l’image du Kärcher ». Quitte parfois à désarçonner ses sympathisants en enrôlant le rappeur Doc Gynéco… Laurent Wauquiez, benjamin de l’Assemblée nationale, admet « un déficit de Nicolas Sarkozy chez les 20-30 ans ». Mais, pour lui, cette « coupure n’a rien de rédhibitoire ». Le député, âgé de 31 ans, estime même que son champion ne manque pas d’atouts pour séduire les jeunes : un discours « énergique, clair, net et précis », la place qu’il accorde au sport, ou encore le soutien que lui a apporté le plus connu des « blogueurs » français, le chef d’entreprise Loïc Le Meur.

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« Etre en phase avec une génération très diverse et complexe »

Afin d’« être en phase avec une génération très diverse et complexe », Laurent Wauquiez mise, en outre, sur la communication interactive avec la mise en place d’un « groupe d’écoute des 20-30 ans » pour tester les propositions du candidat.

Que proposer aux jeunes ? La question taraude évidemment tous les états-majors. D’autant que la jeunesse est loin de constituer un bloc homogène, souligne encore Anne Muxel. Le niveau de diplôme, remarque-t-elle, crée une coupure entre une « jeunesse scolarisée plus proche de la gauche » et « une jeunesse déscolarisée ou déjà au travail favorisant plutôt les candidats de l’ordre ».

Face à ces groupes multiples, aux attentes parfois divergentes, Laurent Wauquiez estime que la différence se fera sur « le registre de l’affectif et de l’image », mais pas seulement. L’élu de la Haute-Loire s’est d’ailleurs investi dans la préparation du projet législatif de l’UMP, destiné à « apporter les réponses de fond ». C’est bien sur ce terrain, « celui des propositions, que les jeunes feront leur choix », renchérit Malek Boutih.

L'emploi et le logement d'abord

Ancien président de SOS Racisme, ce « royaliste » estime que les jeunes sont effectivement plus sensibles à certains thèmes, « mais pas forcément à ceux qu’on leur prête ». « Ils ne votent pas en fonction de ce qu’on dit sur la musique ou le sport ! C’est insultant de penser cela. Les premières préoccupations des jeunes, ce sont l’emploi et le logement. Mais aussi la sécurité, car on l’oublie souvent mais c’est un problème qui frappe d’abord les jeunes. »

Au PS, comme à l’UMP, le programme a donc fait une place de choix à quelques mesures destinées à parler spécifiquement aux jeunes. Le parti de Nicolas Sarkozy avance notamment une idée originale : une « pré-majorité » pour les adolescents de 16 à 18 ans leur permettant « d’exercer librement un certain nombre de droits et de prendre certaines responsabilités qui leur sont aujourd’hui interdites : en particulier créer et diriger une association ou une entreprise ». Si l’UMP ne va pas plus loin, Nicolas Sarkozy, en tant que candidat à l’élection présidentielle, envisagerait d’inclure dans cette pré-majorité le droit de vote aux élections locales.

L’UMP se prononce aussi pour l’établissement d’un « service civique ». Une mesure figurant d’ailleurs aussi dans le programme de l’UDF et du PS ! Avec des modalités néanmoins différentes. Premier à l’avoir proposé, François Bayrou envisage un service obligatoire de six mois, qui « pourrait être effectué en deux périodes » et serait accompagné d’une « juste compensation en termes de validation des acquis, d’aide aux études… ». Afin de donner « une grande légitimité » à cette mesure, le président de l’UDF prévoit de la soumettre à référendum. Le projet de service civique de l’UMP est moins ambitieux, et même un peu ambigu, parlant tour à tour de « possibilité » ou d’« obligation ».

La gauche, elle, place le service civil obligatoire au centre d’un nouveau contrat social. « Ce ne sera acceptable pour les jeunes que si cette obligation nouvelle répond à des droits nouveaux », prévient Razzye Hammadi, président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS). Et en matière de droits pour les jeunes, le MJS estime avoir largement fait progresser le projet socialiste en y faisant entrer 10 de ses 12 propositions, notamment la création d’une allocation d’autonomie estimée à « 10 milliards d’euros par an ». « Franchement, estime Razzye Hammadi, c’est la première fois que nos revendications ont été à ce point prises en compte. J’ai l’impression que tout le monde a bien compris le poids des jeunes. » Avis aux candidats.

Mathieu CASTAGNET, avec Laurent de BOISSIEU et Antoine FOUCHET (LA CROIX)

(1) Sondage BVA-Citato-Le Mouv réalisé du 17 au 25 novembre sur 466 personnes de 15 à 25 ans.

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