08/11/2007

L’Europe face aux vagues xénophobes : « DOSTA »!

L’éditorial de Daniel RIOT pour RELATIO

Les « Ritals »… Ce n’est pas si vieux ! Et ce n’est pas seulement le titre d’un (excellent) livre de Cavanna. C’était (et c’est encore d’une façon plus sympathique, heureusement)  le surnom péjoratif et insultant des Italiens, ou plutôt des migrants italiens plus ou moins bien accueillis en France et ailleurs. Car l’Italie était une terre pauvre, donc d’émigration. Des émigrations qui depuis ont  d’ailleurs contribué à la richesse des pays d’accueil et … de l’Italie.

Qualités des travailleurs, rayonnement de la culture italienne (gastronomie en tête), intelligence et dynamisme des « colonies » italiennes. Même l’ombre des maffias n’a empêché une bonne intégration ou une excellente assimilation des Italiens et des italiennes…

Comme dit Jacques Attali dans ses bonnes analyses sur le nomadisme : les diaspora constituent un atout considérable des pays d’origine. C’est d’ailleurs, à terme, l’une des faiblesses des USA, par rapport aux pays européens, asiatiques et…africains !

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Immigrés italiens parqués en France au siècle dernier (avant-hier)

Et voici que les « Ritals » se défoulent ou prennent peur, contre d’autres personnes qui fuient la misère, cherchent une terre où la vie est plus facile,  tentent de trouver de l’air plus respirable quitte à s’enfoncer dans d’autres malheurs. Les milliers de gens qui quittent l’Afrique ou l’Asie ne sont pas les seuls : la Roumanie, entrée (peut-être prématurément) dans l’Union européenne reste une terre où la vie est dure, et où, surtout, des roms souvent mal traités sont tentés d’aller voir ailleurs ! Comme on ironisait en France en dénonçant les idéologies reposant sur un nationalisme d’exclusion : « il y a vraiment trop d’étrangers dans le monde »….

D’ailleurs, il y a des étrangers partout : 20 000 Italiens sont installés en Roumanie où  700 entreprises italiennes  travaillent. Un rappel que le chef du gouvernement roumain n’a pas manqué de faire à Prodi

La vague xénophobe qui frappe l’Italie, comme la plupart des pays européens, à des degrés divers, s’explique par des constats de bon sens. Quantitatif et qualitatif : aucune contrée ne peut, selon la formule de Rocard, « cueillir toute la misère du monde ». Et les faits divers médiatisés, ces moulins à émotions, des usines à déraison, ces accélérateurs de réflexes tripaux, provoquent vive des explosions. La peur, cette mauvaise conseillère, ne favorise pas la réflexion et les réactions de sang froid. Une irrationalité logique à impact politique inévitable et (hélas !)…exploités. En cela l’Italie actuelle n’est en rien un « cas », une « exception ». Hélas…

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Avant de crier haro sur Prodi, remarquons d’abord, sans rien excuser, que nous ne sommes pas en face «  d’expulsions de masse ». Il n’y a aucune « chasse aux romanichels » officiellement déclenchée, avec obligation des résultats statistiquement concrets. Et agités avec le bonheur qu’affiche, en France aujourd’hui, par exemple, Monsieur Hortefeux…

Le ministre de l’intérieur italien a, lui, donné le chiffre de 12 expulsions. Elles concernent des Roumains qui ont commis des délits ou sont soupçonnés d’en commettre.

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Deuxième remarque, à décharge si l’on peut dire afin de mieux comprendre l’émotivité de masse qui secoue l’Italie : la plupart des autres pays européens ont connu une immigration étalée dans le temps, l’Italie, elle,  a connu un afflux massif d’immigrés en l’espace de seulement 10 ans. On recense aujourd’hui 3,5 millions d’immigrés légaux et entre 1 et 2 millions de clandestins. Pour ce qui est des Roumains, on estime qu’ils sont 500 mille en Italie dont 160 mille romanichels. Des chiffres sans doute à multiplier par deux… L’ouverture des frontières en janvier 2007 avec l’entrée de la Roumanie en Europe a généré un flux énorme.

Mais il faut, évidemment,  distinguer la population roumaine « laborieuse », active notamment dans les travaux de garde et de maçonnerie, de sa « frange clandestine et criminelle ». Or,  c’est évidemment cette confusion qui pose problème. Toute la communauté roumaine qui risque d’en pâtir.Avec des vendetta à la clef. C’est déjà fait. Et il y a un véritable consensus là-dessus, même à gauche. 80% des Italiens selon un dernier sondage pensent que les Roumains sont des criminels potentiels ou réels. Et les mesures prises par le gouvernement, les expulsions et les camps des roms rasés, ne font que confirmer ce sentiment d’exutoire, ou de quête d’un bouc-émissaire. La droite elle réclame des mesures plus drastiques…

Les décrets gouvernementaux ne sont donc que la face émergée du drame qui est en train de se jouer. « On est en effet en train de raser massivement les baraques où vivent les romanichels. Sans les reloger. C’est terrible et grotesque. Jeter toutes ces personnes dans la rue, de plus alors que le froid commence à se faire sentir, risque évidemment d’accroître encore l’illégalité, la violence, la criminalité. Cela va avoir pour effet pervers de rendre cette population encore plus insupportable aux yeux des Italiens », souligne Marcelle Padovani, l’excellente envoyée spéciale permanente du Nouvel Obs en Italie…

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La mesure prise concernant les expulsions et la vague de xénophobie est  bien sûr extrêmement choquante et inquiétante au niveau européen : « la dangerosité devient en soi un critère d’expulsion ! Et sans garde-fou juridique. », souligne Marcelle Padovani. 

Le Conseil de l’Europe n’a pas manqué de rappeler les engagements pris par ses Etats membres en matière de droits de l’homme et de droits des migrants. Il ne manque pas non plus  de souligner l’importance de la campagne en faveur des rooms lancée dans l’Europe du Sud-est mais qui devrait être élargie :« DOSTA ! » Explications, ou plutôt rappel pour les lecteurs de Relatio qui ont eu l’occasion de la découvrir à plusieurs reprises :

« Dosta », un mot qui en Romani signifie “assez”, c’est une campagne de sensibilisations qui vise à faire rencontrer les citoyens Roms et non-Roms.”Dosta” signifie qu’on en a assez des préjugés et des stéréotypes, qui souvent faussent la réalité, et qu’on veut les combattre non pas en les dénonçant mais en démontrant qui sont les Roms.

« Les Roms ne sont pas parfait, bien sûr, mais qui l’est? Ce qui est clair est que les Roms sont des citoyens européens: ils sont un groupe qui compte environ 8 à 10 millions de personnes réparties dans presque tous les États membres du Conseil de l’Europe. Dans certains pays d’Europe centrale et orientale, ils représentent d’ailleurs plus de 5 % de la population. »

Marcelle Padovani, qui connaît bien l’Italie, termine son analyse sur le NouvelObs.com en déclarant « On dit souvent que l’Italie est le laboratoire du meilleur et du pire. En imaginant le pire, l’hypothèse la plus terrible serait que ce pays devienne un laboratoire du pré-fascisme vis-à-vis d’autres communautés européennes. » Alors, « Dosta » ! Ou alors, nous deviendrons tous les « Ritals » de quelqu’un. La xénophobie, on voit quand elle commence, mais on n’imagine jamais assez où elle peut conduire.

Daniel RIOT

 

LE SITE SPECIAL DE “DOSTA” >>>>>>>>

UNE FICHE SUR L’IMMIGRATION EN ITALIE >>>>>>

12/07/2007

L'Allemagne lance son grand plan national pour l'intégration

Tous unis pour l'intégration. A l'occasion du deuxième sommet national sur l'intégration, une centaine de responsables politiques, de représentants syndicaux et patronaux, et d'acteurs sociaux et associatifs ont lancé aujourd'hui à Berlin un vaste plan national pour améliorer l'intégration des étrangers. Ils ont pris une série d'engagements - près de 400 au total, dont 150 pour le seul gouvernement fédéral. Les mesures mettent l'accent sur la maîtrise de l'allemand, l'égalité des chances à l'école, la formation et l'emploi. Des mesures qui vont dans le sens des campagnes lancées au niveau européen, par L'Union et par le Conseil de l'Erope.

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Le gouvernement d'Angela Merkel a programmé quelque 750 millions d'euros de dépenses par an d'ici à 2011 pour favoriser l'intégration. A ses yeux, cela passe d'abord par la maîtrise de l'allemand. En collaboration avec les Länder et les communes, il entend donc, premièrement, renforcer les cours d'intégration dispensés aux étrangers. Le nombre d'heures passera de 600 à 900. Les cours seront mieux ciblés en fonction des publics. Ils comprendront des offres spécifiques pour les jeunes, les femmes et les personnes analphabètes. Les enfants de migrants seront, par ailleurs, aidés dès le plus jeune âge dans l'apprentissage de la langue allemande.

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Le gouvernement veut ensuite renforcer l'égalité des chances à tous les niveaux. A l'école, les enfants de migrants bénéficieront de projets-pilotes visant à les réintégrer dans la scolarité, et à réduire l'échec scolaire dont ils sont plus souvent victimes que leurs camarades. Les organisations issues de la communauté turque (Communauté turque d'Allemagne - TDG - et Fédération des associations de parents turcs), se sont engagées, de leur côté, à agir auprès des parents pour qu'ils s'investissent dans la réussite de leurs enfants. Le gouvernement créera aussi un réseau de "parrains" éducatifs pour apporter aux jeunes un soutien à l'école et durant leur formation.
A l'entrée sur le marché du travail aussi, les participants au sommet veulent ouvrir des portes aux jeunes issus de l'immigration. Avec plusieurs partenaires, l'Association des Chambres de commerce et d'industrie allemandes (DIHK) a promis la création de 10.000 places d'apprentissages d'ici à 2010 dans les entreprises dont le propriétaire est d'origine étrangère. Les jeunes issus de familles immigrées auront aussi plus facilement accès aux aides à la formation professionnelle et aux bourses d'étude.

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La présentation du plan national pour l'intégration couronne un an de travail, entamé par tous les partenaires lors du premier sommet national sur l'intégration, en juillet 2006, à l'appel de la chancelière Angela Merkel. Tous les secteurs de la société se sont véritablement mobilisés. Les chaînes de télévision publique ARD et ZDF ont décidé de mettre davantage en valeur le thème de l'intégration. Le Comité olympique allemand souhaite former plus de migrants aux fonctions de préparateur physique, et accroître l'offre sportive dans les zones sensibles. La ligue nationale de football s'apprête à créer un réseau et à nommer un chargé de mission consacré à l'intégration. Le gouvernement se joindra à leurs efforts en lançant un programme et une campagne d'intégration par le sport. Une attention particulière est, par ailleurs, portée à l'avenir des femmes et des jeunes filles. Elles seront encouragées, tandis que seront combattus les mariages forcés et les violences à domicile.
Il y a quelques jours, certaines associations turques ont décidé de boycotter le deuxième sommet pour protester contre l'adoption récente nouvelle loi sur l'immigration . La modification législative relève à 18 ans l'âge minimal pour rejoindre son conjoint en Allemagne(ce qui est fait pour lutter contre les mariages forcés) et impose une connaissance rudimentaires de l'allemand ("200 à 300 mots") avant le départ. La ministre déléguée à la migration, aux réfugiés et à l'intégration, Maria Böhmer, a opposé une fin de non recevoir aux revendications des associations visant ces dispositions. Ces mesures visent à faciliter l'intégration des candidats à l'entrée sur le territoire allemand, et cela est dans l'intérêt de tous, a-t-elle expliqué à la télévision.

Plus d'informations :
www.bundesregierung.de/nn_1264/Content/DE/Artikel/2007/07...

05/04/2007

Paradoxe? Hausse des régularisation des étrangers en France

LU DANS LE MONDE : Selon les données de l'Agence nationale de l'accueil des étrangers et des migrations (Anaem), qui a en charge l'examen médical des étrangers admis à séjourner en France, le nombre de personnes régularisées au titre des "liens personnels et familiaux" a atteint, en 2006, 22 018, (+ 55 % par rapport à 2005).

 

 

 

La loi du 24 juillet 2006 a abrogé la régularisation de plein droit après dix années de résidence en France. Mais la possibilité d'attribuer une carte "vie privée, vie familiale" aux étrangers "dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser le séjour porterait, à (leur) droit au respect de (leur) vie privée et familiale, une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus", a été maintenue.

RYTHME SOUTENU AU COURS DANS LES DERNIERS MOIS DE 2006

A l'été 2006, Nicolas Sarkozy a certes engagé, sous la pression, une régularisation "exceptionnelle" des familles étrangères d'enfants scolarisés mais les 6 924 cartes de séjour attribuées dans le cadre de celle-ci n'expliquent pas à elles seules une telle hausse.

Même en tenant compte du décalage pouvant exister entre le moment où une préfecture donne son accord à l'octroi d'un titre de séjour et celui où l'étranger est convoqué par l'Anaem, force est de constater que les régularisations se sont poursuivies à un rythme soutenu au cours des quatre derniers mois de 2006. Elles ont été ces mois-là deux à trois fois plus nombreuses que pendant la même période de 2005.

Pourtant, le 14 septembre 2006, le ministre de l'intérieur affirmait que les familles non régularisées avaient vocation à quitter la France. Le lendemain, il fixait à 6 924 le chiffre "exact" et "final" des régularisations intervenues pendant l'été, alors que plus de 30 000 demandes avaient été déposées.

"Pourquoi une telle précipitation dans l'annonce des chiffres ?", interroge la Cimade dans un rapport d'observation sur l'application de la circulaire du 13 juin 2006 qu'elle devait présenter, jeudi 5 avril.

RAPPORT DE LA CIMADE (VOIR LA NOTE >>>>)

Contrairement à ce qui s'était fait pour les précédentes régularisations exceptionnelles, l'application de cette circulaire n'a pas fait l'objet d'une enquête parlementaire, le gouvernement étant resté sourd à la pétition qui avait recueilli près de 16 000 signatures, comme aux propositions de résolution déposées par les groupes parlementaires Vert, communiste et socialiste. La Cimade a donc décidé de coordonner une enquête citoyenne, en s'appuyant sur des observations de terrain, mais aussi sur des entretiens avec des professionnels et des informations émanant de l'administration.

Disparités dans les conditions d'accueil en préfecture, dans les pièces et documents à produire, divergences dans l'interprétation des critères de régularisation, refus d'enregistrement ou d'instruction de certains dossiers... : l'enquête conclut à "l'injustice et l'arbitraire". Selon la Cimade, le ministre a eu pour obsession, dès la parution de son texte, "d'éviter le succès de la circulaire" et "de limiter le nombre de régularisations".

"La circulaire n'a été en réalité qu'un "coup politique", relève le rapport, intitulé "De la loterie à la tromperie". Casser le mouvement de mobilisation engagé autour des familles en accordant quelques milliers de régularisations et donner des gages de fermeté en affichant plus de 24 000 refus de séjour semblent avoir été les véritables objectifs poursuivis."

"LA VIE FAMILIALE EST PROTÉGÉE PAR UN CADRE JURIDIQUE CONSTITUTIONNEL"

Si, en septembre 2006, pour le ministère de l'intérieur, "la parenthèse (était) refermée", et les arrêtés préfectoraux de reconduite à la frontière reprenaient, les préfectures ont continué à régulariser. Celles-ci préfèrent mettre dans l'avion des Roms célibataires pour atteindre les objectifs fixés par le ministère (Le Monde du 9 décembre 2006) et régulariser discrètement les familles, rétives à l'idée d'organiser leur expulsion. "Qu'on le veuille ou non, la vie familiale est protégée par un cadre juridique constitutionnel et international, dont M. Sarkozy pas moins qu'un autre, est obligé de tenir compte", relève Claire Rodier, du Gisti.

S'alarmant de la multiplication des interpellations dans son quartier, William Sternberg, parent d'élève dans le 11e arrondissement à Paris, constate que dans l'école de son fils, sur les six familles déboutées de la circulaire, cinq ont depuis la rentrée été régularisées. "Et pour certaines, il s'agit de familles qui répondaient parfaitement aux critères de la circulaire", souligne-t-il. Dans l'affaire du squat de Cachan, où M. Sarkozy s'était pourtant prévalu là aussi d'une attitude de fermeté, "tout le monde est en voie d'être régularisé, et beaucoup le sont déjà", affirme Fidèle Nitiéma, porte-parole des Mille de Cachan. Selon Pierre Henri, de France-Terre d'asile, "le dossier de la régularisation des sans papiers est sur le bureau du prochain président, quel qu'il soit, qu'il le veuille ou non".

Laetitia Van Eeckhout (LE MONDE)

La circulaire Sarkozy: Le réquisitoire de la CIMADE

La Cimade dénonce jeudi les refus de régularisations "injustes et arbitraires" que les autorités ont opposés aux parents sans papiers d'enfants scolarisés, à l'été 2006, dans le cadre de la circulaire Sarkozy et "exhorte les futurs élus" à régulariser les déboutés.Dans une enquête intitulée "de la loterie à la tromperie", la Cimade (Conseil oecuménique d'entraide) revient sur la circulaire du 13 juin 2006 qui a organisé, sous conditions, la régularisation "exceptionnelle" des étrangers en situation irrégulière dont au moins un des enfants était scolarisé depuis septembre 2005.

Sur plus de 30.000 demandes de régularisation présentées durant l'été, 6.924 ont été acceptées, laissant 24.000 demandeurs - et au moins autant d'enfants - toujours en attente d'un règlement de leur situation.

Dénonçant "cette triste farce", la Cimade rappelle que Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, avait publié la circulaire dans un contexte de forte mobilisation du Réseau éducation sans frontières (RESF) pour empêcher des expulsions. "A l'impressionnant mouvement de solidarité suscité par le sort de milliers de familles et d'enfants (....), le ministre a répondu à sa manière : pouvoir discrétionnaire, critères flous et, finalement, quotas de régularisation", s'insurge la Cimade.

L'association reproche en particulier à Nicolas Sarkozy d'avoir "fixé un quota (...) et fait mentir la promesse initiale d'un examen particulier de chaque dossier".

De fait, le 24 juillet, lors d'une réunion avec les préfets, M. Sarkozy avait annoncé que 6.000 régularisations seraient accordées sur un total estimé à cette date de 20.000 demandes. "Le 15 août, le ministre de l'Intérieur confirme le chiffre de 6.000 attributions de cartes de séjour, alors que plus de 30.000 demandes ont finalement été déposées", relève le rapport. "Autrement dit, les 10.000 dossiers déposés dans les dernières semaines ont été a priori tous regardés comme infondés", en déduit la Cimade.

"Nombre de familles répondant parfaitement aux critères ont vu leur demande de titre de séjour rejetée de manière totalement arbitraire", accuse-t-elle. Pour la Cimade, la "situation intolérable" faite aux "familles victimes de quota, massivement confrontées à des refus de régularisation à la fois injustes et arbitraires (...) ne pourra perdurer au delà des échéances électorales prochaines".

Le nouveau gouvernement, ajoute-t-elle, "devra répondre aux milliers de familles en attente de régularisation et aux nombreux citoyens qui restent mobilisés à leur côté".

A LIRE EN Pdf >>>>>>>>>>>: DE LA LOTERIE A LA TROMPERIE....