31/05/2007

Les dangers de la généralisation de la biométrie

Craignant des risques pour les libertés individuelles, le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) juge "indispensable la mise en œuvre d'un réel contre-pouvoir à la généralisation excessive de la biométrie", dans un avis rendu public, jeudi 31 mai. Il recommande également "d'assurer un strict respect des finalités liées au recueil de chaque type de données", et d'interdire toute "interconnexion des fichiers présentant des identifiants communs mais destinés à des finalités différentes".


"L'utilisation universelle de la biométrie pour définir l'identité des personnes se développe irrésistiblement et en apparence inéluctablement pour des besoins affirmés d'une sécurité accrue", estime le CCNE, jugeant qu'il est "grand temps de redonner son sens véritable à la biométrie" en faisant "de la technologie un instrument réel de progrès au lieu d'une arme souvent inadaptée et par là même contraire au but qu'elle s'assigne".

Dans son document, le CCNE prend l'exemple du passeport biométrique, en vigueur dans vingt-sept pays européens et américains, sur lequel des "expertises convergentes réalisées par des sociétés de sécurité information et par le groupe Fidis" (Futur de l'identité dans la société de l'information), pour le compte de l'Union européenne, "ont montré que la confidentialité des données transmises à partir de puces électroniques intégrées au passeport biométrique était illusoire"