09/12/2007

Van Ruymbeke s'insurge contre une reprise en main de la justice

"On veut transformer les procureurs en préfets, c'est inacceptable dans une démocratie digne de ce nom", dénonce le juge d'instruction du pôle financier. Il s'inquiète particulièrement des projets de dépénalisation du droit des affaires.

Renaud van Ruymbeke (AP)

Renaud van Ruymbeke (AP)

Renaud Van Ruymbeke, le juge d'instruction connu pour avoir instruit de nombreuses enquêtes sur des scandales politico-financiers dont l'affaire Clearstream, estime que le pouvoir politique cherche à reprendre en main la justice, dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, dimanche 9 décembre.
"Il apparaît qu'on cherche à discréditer notamment la justice financière, qui dérange. Il existe indiscutablement une volonté de reprise en main de la justice, par le biais des procureurs notamment, sommés aujourd'hui de rendre compte, y compris lorsqu'ils prennent la parole à l'audience", déclare-t-il.

"Veut-on en finir avec les 'affaires' ?"


Renaud Van Ruymbeke critique les changements de dix postes de procureurs généraux sur 35 intervenus le 14 novembre sur décision de la ministre de la Justice Rachida Dati.
"On veut transformer les procureurs en préfets, c'est inacceptable dans une démocratie digne de ce nom. L'époque est à la dépénalisation du droit des affaires et les juges d'instruction sont de moins en moins saisis. Veut-on en finir avec les 'affaires' ?", se demande-t-il.
Il dit redouter que la réforme sur cette "dépénalisation", actuellement à l'étude auprès d'une commission formée par le ministère de la Justice, "ne crée de nouveaux obstacles juridiques à la poursuite des investigations (dans les affaires financières)".

Poursuivi en marge de l'affaire Clearstream

Renaud Van Ruymbeke, juge d'instruction à Paris, a notamment instruit des dossiers sur le financement occulte du PS et sur les détournements de fonds à Elf. Il attend actuellement une décision du Conseil supérieur de la magistrature devant lequel il est poursuivi sur le plan disciplinaire pour ses méthodes contestées en marge du dossier Clearstream.

06/11/2007

Dati / magistrats : le malaise s'accroit, selon l'USM

La garde des Sceaux, qui accompagne Nicolas Sarkozy aux Etats-Unis, a annulé in extremis un rendez-vous avec l'Union syndicale des magistrats. Le syndicat parle d'"un manque de respect".

Bruno Thouzellier et Rachida Dati (Sipa)

Bruno Thouzellier et Rachida Dati (Sipa)

Bruno Thouzellier, président de l'Union syndicale des magistrats (USM), syndicat majoritaire en France, estime, mardi 6 novembre, que "le malaise s'accroît de jour en jour" entre Rachida Dati et les professions judiciaires. Il s'est exprimé à la suite d'un rendez-vous, prévu mardi matin, entre l'USM et la ministre de la Justice et décommandé à la dernière minute en raison de l'agenda de Rachida Dati, qui accompagne Nicolas Sarkozy aux Etats-Unis.
"Il y a un manque de respect pour nous. La ministre traite les gens de manière très légère", a déclaré Bruno Thouzellier à l'AFP. Selon lui, "le problème est de savoir ce qu'on privilégie : son ministère ou autre chose ?"

La Chancellerie explique

"Il n'est en aucun cas question d'un manque de respect pour l'USM, le départ pour Washington a été avancé et un autre rendez-vous a été proposé" pour jeudi, a répliqué le porte-parole de la Chancellerie, Guillaume Didier.
"La priorité pour Rachida Dati est de s'entretenir avec les syndicats, comme elle le fait régulièrement", a-t-il ajouté en soulignant que des rencontres étaient déjà prévues jeudi avec le Syndicat de la magistrature (SM, gauche) et FO-magistrats.
L'annulation du rendez-vous de mardi matin combinée à "une absence réelle de concertation sur les sujets essentiels" comme la carte judiciaire, "ne concourt pas à désamorcer la crise et le malaise très profond qui s'accroît de jour en jour", a souligné, de son côté, le président de l'USM.

"L'impossibilité de dialogue avec Rachida Dati"

Bruno Thouzellier a également insisté sur le "climat très lourd" après la manifestation contre la réforme de la carte judiciaire, lundi à Colmar, au cours de laquelle une avocate a été blessée dans une bousculade avec les forces de l'ordre. Cet incident s'ajoute à l'important déploiement policier qui avait entouré la visite de Rachida Dati au palais de justice de Paris, le 29 octobre.
"On ne fait pas donner la troupe contre les professions judiciaires", a-t-il protesté, appelant à un "front commun avec les avocats".
Dans ce contexte, même si la décision n'a pas été prise officiellement, l'USM "s'oriente vers un mouvement de mobilisation le 29 novembre", date à laquelle le SM et trois syndicats de fonctionnaires de justice ont appelé à la grève et à une manifestation nationale.
Au-delà de la question de la carte judiciaire, le mot d'ordre de l'USM devrait à cette occasion s'élargir à "l'impossibilité de dialogue avec Rachida Dati", selon Bruno Thouzellier.(source AFP)

30/10/2007

Une plainte déposée au pénal contre Bernard Laporte

Le secrétaire d'Etat aux Sports aurait monnayé ses relations avec Nicolas Sarkozy contre des parts dans un casino du bassin d'Arcachon.

Bernard Laporte

Bernard Laporte (c) AP

Une plainte pénale pour "tentative d'extorsion de capital", visant le secrétaire d'Etat aux Sports Bernard Laporte, a été déposée au parquet de Paris, révèle Libération dans son édition du mardi 30 octobre. Selon le journal, c'est la première fois que l'ancien entraîneur de l'équipe de France de rugby est visé directement par une procédure judiciaire, même s'il fait l'objet, lui-même ou son entourage, d'enquêtes sur des activités commerciales ou fiscales irrégulières.
La plainte a été lancée le casino de Gujan-Mestras (Gironde), gérée par Frédérique Ruggieri. L'établissement est en concurrence avec les groupes Partouche et Barrière et serait, affirme Libé, "en butte à l’ostracisme du ministère de l’Intérieur", qui privilégierait les deux grands groupes. Selon le casino de Gujan, Bernard Laporte aurait fait jouer ses relations avec Nicolas Sarkozy contre des parts dans l'établissement.

"Donne-moi 10%"

Libération rappelle que Bernard Laporte, dans une édition de L'Equipe d'octobre, expliquait : "C’est elle (Frédérique Ruggieri) qui m’avait demandé de lui organiser un rendez-vous avec Nicolas Sarkozy. En déconnant, j’ai répondu : Donne-moi 10 % et je te l’aurai, le rendez-vous". Pour Me Francis Terquem, avocat du casino, "il est assez inopérant que M. Laporte ait tenu ces propos 'pour rire' ou 'en déconnant'. Les faits relèvent d’une tentative d’extorsion de capital".
Cette plainte du casino est la troisième. Une première plainte a été retirée en 2005, "après un coup de fil du chef adjoint du cabinet de Sarkozy, contre la promesse d’un examen serein de (la) demande d’ouverture (du casino, ndlr), acquise dans la foulée", indique Libération. Une deuxième plainte avait été lancée en mars 2007 après que le casino s'était vu refuser des machines à sous supplémentaires.

Irrégularités fiscales

La semaine dernière, L'Equipe magazine affirmait qu'au terme de près d'un an d'enquête visant Bernard Laporte et d'une quinzaine de perquisitions, la Direction nationale d'enquêtes fiscales, qui dépend de la direction générale des impôts, a mis au jour une série d'irrégularités dont les plus graves pourraient être transmises à la justice.
Bernard Laporte avait pour sa part assuré avoir "la conscience tranquille", ajoutant : "il n'y a pas d'enquête. Il y a juste une société qui est contrôlée comme cela arrive tout le temps".

29/10/2007

Carte judiciaire : appel à la grève le 29 novembre

Le Syndicat de la Magistrature et les trois principaux syndicats de fonctionnaires de justice devraient être rejoints par l'Union syndicale des magistrats

Ils espèrent associer les avocats à ce mouvement national contre la réforme de Rachida Dati.

(Reuters)

(Reuters)


Le SM et les trois principaux syndicats de fonctionnaires de justice (USAJ, CGT, CFDT) devraient être rejoints par le principal syndicat de magistrats, l'Union syndicale des magistrats (USM), après une réunion de ses instances nationales, a précisé le secrétaire national de l'USM Christophe Régnard, lors d'une conférence de presse à Paris.
L'intersyndicale a appelé à une "journée nationale" le jeudi 29 novembre avec un mot d'ordre de grève pour les fonctionnaires de justice et les magistrats et à un rassemblement national à Paris, a précisé la secrétaire générale du SM Hélène Franco qui a espéré "y associer les avocats".

5 millions de Français

 

concernés par la réforme

 

 

Selon Le Parisien paru lundi 29 octobre, près de 5 millions de Français seront concernés par la réforme de la carte judicaire, qui est présentée actuellement dans les régions par la ministre de la Justice, Rachida Dati.
Quelque 650.000 personnes, sur les 4.886.000 Français concernés, se verront perdre leur tribunal de grande instance (TGI) le plus proche, affirme Le Parisien. 4,22 millions d'autres seront confrontés à l'éloignement de leur tribunal. Un chiffre qui devrait augmenter, indique le quotidien, puisqu'une moitié seulement du projet de réforme est connue.
Depuis le début de ses déplacements en province pour présenter la réforme de la carte judiciaire, Rachida Dati a annoncé au total la suppression de six TGI et de 73 tribunaux d'instance.

20/10/2007

Cinquante propositions pour améliorer la situation des détenus

Encellulement individuel obligatoire, accès au téléphone, contrat de travail, visite des familles en quartier disciplinaire. Le comité d'orientation, installé en juillet par la ministre de la justice, Rachida Dati, pour préparer une loi pénitentiaire, devait présenter lundi 22 octobre une cinquantaine de propositions pour changer la prison. Les préconisations, dont Le Monde a eu connaissance, portent sur les régimes de détention, les droits et devoirs de la personne détenue et les alternatives à la prison. Le chapitre sur les "missions du service public pénitentiaire" devrait être rendu dans deux semaines et certaines dispositions affinées.

Le comité d'orientation restreint sur la loi pénitentiaire est présidé par Jean-Olivier Viout, procureur général à Lyon, et composé de 25 membres (magistrats, avocats, syndicats, etc.). Une bonne partie de ses préconisations visent à permettre l'application de règles pénitentiaires européennes.

Régimes de détention. Le comité demande "l'encellulement individuel obligatoire des prévenus et accusés", comme cela est prévu par le code de procédure pénale, mais n'est pas appliqué en raison de la surpopulation carcérale. Il souhaite un régime de détention identique entre prévenus et condamnés. Les prévenus ont moins de droits que les condamnés.

Le comité veut mieux encadrer les critères d'affectation des condamnés dans des établissements à sécurité renforcée. Le maintien dans ces établissements sera réexaminé tous les ans. Il propose aussi la création d'unités regroupant certains détenus (toxicomanes, délinquants sexuels), avec des programmes de prise en charge, sur la base du volontariat. Il demande une meilleure prise en compte du maintien des liens familiaux, au moment du placement dans un établissement.

Il prévoit d'étendre d'un à deux ans le maintien des condamnés en maison d'arrêt, à condition qu'ils soient séparés des prévenus. Il préconise "l'abandon de l'exclusivité du critère de la longueur de la peine pour le choix de l'établissement".

Droits de la personne détenue. Le comité propose l'"élaboration systématique d'un bilan de la situation personnelle (physique, mentale, culturelle, professionnelle, familiale, sociale, etc.) de toute personne entrant en détention". Le détenu pourra se faire domicilier à la prison ou dans un centre communal d'action sociale. L'accès au RMI sera amélioré et les détenus ne le percevant pas pourront bénéficier d'une allocation d'insertion, à condition de suivre un projet de formation ou d'insertion. Le comité prévoit le droit à l'expression collective sur les conditions de détention. Le recours à la fouille corporelle doit être limité et le détenu doit être présent lors de la fouille de ses affaires.

La durée maximale de placement en cellule disciplinaire (le "mitard") passe de 45 à 28 jours. La décision du chef d'établissement peut faire l'objet d'un recours devant le directeur régional de l'administration pénitentiaire. Les détenus pourront recevoir des visites de leur famille pendant qu'ils sont en quartier disciplinaire.

Alternatives à l'incarcération et aménagements de peines. Le comité propose la création de l'assignation à résidence sous surveillance électronique pour éviter l'incarcération et l'obligation pour des collectivités locales de créer des postes de travail d'intérêt général.

Pour le comité, "l'aménagement de peines égales ou inférieures à un an d'emprisonnement est un droit pour le prévenu comparaissant libre". La mise en oeuvre de ces mesures reviendrait au parquet ou au service pénitentiaire d'insertion et de probation, sous le contrôle d'un juge d'application des peines. Le comité préconise un "examen systématique" de la situation des condamnés à mi-peine, pour voir s'ils peuvent bénéficier d'une mesure de libération conditionnelle. Il propose aussi de créer "de la semi-liberté ou du placement extérieur aux fins de recherche d'emploi".

19/10/2007

Les avocats du barreau de Strasbourg "s'insurgent"

Comptant 700 avocats, le barreau exige, notamment, que le siège de la future Juridiction interrégionale spécialisée civile (JIRS) de l'Est soit à Strasbourg et non à Nancy.

Contre le "total défaut de transparence" de la réforme de la carte judiciaire, le barreau de Strasbourg a affirmé, vendredi 19 octobre, "s'insurger" et "exige" que le siège de la future Juridiction interrégionale spécialisée civile (JIRS) de l'Est soit à Strasbourg et non à Nancy.
Strasbourg est préférable à Nancy car il est "le siège de la première juridiction du Grand-Est" et le "lieu où sont principalement localisés les contentieux spécialisés", indique le barreau dans une motion dans laquelle il affirme avoir pris connaissance de ce projet dans le discours de la ministre de la Justice Rachida Dati lundi à Dijon.

Ferme opposition

La future JIRS civile du Grand-Est sera compétente pour les contentieux en matière d'adoption internationale, du droit de la presse, de la nationalité, de l'indemnisation de l'amiante et des catastrophes dans le secteur des transports dans le Grand-Est, selon le projet.
Le barreau de Strasbourg, qui compte 700 avocats, "exige en outre le respect de l'intégrité du ressort territorial du tribunal de grande instance de Strasbourg" et s'oppose fermement au projet d'amputer la juridiction des
cantons de Hochfelden et Niederbronn-les-Bains (Bas-Rhin), qui seraient rattachés au tribunal de Saverne (Bas-Rhin).

18/10/2007

Magistrature: Rachida Dati crée uen nouvelle filière

Une nouvelle filière d'accès au concours d'entrée à l'Ecole nationale de la magistrature (ENM) visant à favoriser les candidats issus de milieux sociaux pauvres a été mise sur pied par le ministère de la Justice, annonce son porte-parole Guillaume Didier. Cette "classe préparatoire intégrée pour l'égalité des chances" doit aboutir à l'intégration début janvier 2008 de quinze candidats, qui travailleront dans les locaux parisiens de l'ENM et bénéficieront d'aides financières. Une promotion de l'ENM compte au total environ 210 personnes.

Les membres de cette nouvelle filière seront choisis parmi des diplômés à Bac+4 âgés au maximum de 27 ans, mais sur des critères "d'origine géographique" et de "ressources (modestes) du candidat et de sa famille" par un comité constitué du directeur de l'Ecole nationale de la magistrature, d'un magistrat, d'un professeur de droit et du responsable de la classe préparatoire.

Le ministère conteste que son initiative relève de la "discrimination positive", idée chère à Nicolas Sarkozy, mais qui fait l'objet de critiques à droite comme à gauche. En effet, souligne-t-on, il n'y aura pas de places réservées à l'ENM. Cependant, cette filière pourrait profiter de facto aux étudiants de banlieue notamment noirs ou maghrébins dont l'ascension sociale est entravée pour des raisons financières ou en raison de discrimination raciale.

"L'idée est de rétablir l'égalité des chances pour des gens dont les parents n'ont pas les moyens de financer une préparation privée", a dit Guillaume Didier aux journalistes. La "discrimination positive" est une politique inspirée des Etats-Unis où ont été instaurés dans certaines universités, dans les années 60 et 70, des quotas obligatoires d'étudiants noirs pour lutter contre le racisme.

Comme dans la plupart des corps sociaux dirigeants ou dans les grandes écoles, les classes les plus riches et les plus favorisées de la société française se taillent la part du lion à l'Ecole nationale de la magistrature, selon les statistiques publiées par Guillaume Didier jeudi. Ainsi, dans la promotion 2007 de l'ENM, 38% des élèves avaient des parents cadres supérieurs, chefs d'entreprises ou titulaires de professions libérales, 29% des parents travaillant dans la haute fonction publique, et seulement 5,7% avaient des parents employés, 3,34% des parents ouvriers, 1,43% artisans et 0,95% agriculteurs.

Rachida Dati, première Française d'origine arabe à diriger un grand ministère, est née d'un père marocain et d'une mère algérienne, tous deux immigrés, dans une famille modeste de douze enfants.

16/10/2007

Rachida Dati estime que le test ADN n'est "pas contraire à la dignité"

Rachida Dati (Sipa)

Rachida Dati (Sipa)

Le recours à des tests ADN pour établir une parenté en cas de regroupement familial respecte "la dignité", a affirmé la garde des Sceaux, Rachida Dati, lundi 15 octobre sur France 3. Députés et sénateurs se retrouvent en commission mixte paritaire mardi pour rédiger un compromis sur le projet de loi sur l'immigration, source de polémiques à répétition. Ils devraient maintenir les tests ADN malgré les différentes protestations.
"Ce test ADN permettra d'établir le lien de filiation dans le respect de la dignité, et je le rappelle, sous le contrôle d'un juge", a insisté Rachida Dati.
"Il ne faut pas perdre de vue l'objectif de ce test sur l'immigration : il s'agit de lutter contre les filières clandestines et de sans-papiers parce que c'est exploiter la misère humaine", a-t-elle ajouté.
La ministre de la Justice a précisé que le texte législatif, "tel qu'il est rédigé et encadré aujourd'hui" correspondait à "des recommandations du Haut commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés".

Fadela Amara est "libre dans ses propos"

L'article instituant ces tests ADN pour les candidats au regroupement familial en cas de doute sur leurs papiers, très décrié, y compris au sein de la majorité, a été modifié par le Sénat, qui l'a strictement encadré, mais sans en modifier la philosophie.
Interrogée ainsi sur les déclarations de Fadela Amara, qui avait trouvé "dégueulasse" d'"instrumentaliser" le dossier de l'immigration, Rachida Dati a estimé qu'il s'agissait de "son point de vue". "Elle est tout à fait libre dans ses propos et dans sa pensée, et elle l'a exprimée", a-t-elle conclu

11/10/2007

Réforme de la carte judiciaire : les avocats se retirent de la négociation

Le Conseil national des barreaux (CNB), qui représente les quarante-sept mille avocats français, a annoncé, mercredi 10 octobre, qu'il suspendait sa participation au conseil consultatif créé par le ministère de la justice sur la réforme de la carte judiciaire. Les avocats entendent protester contre "le fractionnement des annonces, région par région", de la mise en œuvre de la réforme, qui "n'est pas de nature à répondre aux légitimes inquiétudes des barreaux qui se sont déjà manifestés", dit le CNB dans un communiqué.
La garde des sceaux, Rachida Dati, avait annoncé, mardi, à l'Assemblée, qu'elle allait finalement présenter région par région, et non pas au niveau national, son schéma de réorganisation de la carte judiciaire.

La ministre de la justice commencera, vendredi, ce tour de France des régions, en tandem avec François Fillon, par un déplacement à Lille. "Cette méthode, contraire à celle qui avait été annoncée, tend à imposer une réforme élaborée sans réelle concertation", estiment les avocats.

Les oppositions à la réforme de la carte judiciaire, qui doit rationaliser l'implantation sur huit cents sites des mille deux cents juridictions françaises, se sont multipliées ces derniers jours, notamment de la part des petits barreaux de province. La gauche, appuyée par certains élus de droite, demande un débat au Parlement.

10/10/2007

Le palais de justice de Belfort occupé par des avocats en colère

Une dizaine d'avocats du barreau de Belfort ont occupé toute la nuit le tribunal de grande instance de la ville pour protester contre la refonte de la carte judiciaire, a-t-on appris mercredi matin auprès de plusieurs d'entre eux."Notre bâtonnier a été reçu lundi par un sous-directeur du cabinet du ministre. Il lui a été dit qu'une décision sera prise par décret et qu'on verrait bien à ce moment-là. En l'absence de toute concertation préalable, on a décidé de durcir le mouvement", a expliqué à l'AP Me Jean Gonnin, l'un des avocats, qui a passé la nuit au palais du justice.

L'occupation des lieux, débutée mardi en fin d'après-midi, pourrait durer plusieurs jours dans l'attente de la décision qui sera prise quant à l'avenir du tribunal."La quarantaine d'avocats du barreau ont bien compris les enjeux de ce qui peut se passer. Les informations recueillies il y a un mois ne sont pas bonnes pour notre tribunal. On parle d'un rattachement à la juridiction de Montbéliard. Une intervention de la police? Je crois que tout le monde a compris que nous ne sommes pas là pour casser le tribunal", a poursuivi l'avocat belfortin.

La Garde des Sceaux, Rachida Dati, se rendra vendredi à Lille avec le Premier ministre François Fillon pour discuter de la réforme de la carte judiciaire. "J'irai dans toutes les autres régions pour voir où en est cette réforme à laquelle nous ne souhaitons pas renoncer", a déclaré la garde des Sceaux mardi lors de la séance de questions au gouvernement.La réforme de la carte judiciaire lancée le 27 juin dernier par la ministre de la Justice préoccupe notamment les élus locaux, qui s'alarment des conséquences des fermetures de tribunaux lors des élections municipales de mars 2008

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