14/10/2007

L'opposition aux tests ADN

"Touche pas à mon ADN". De nombreuses personnalités de droite, mais surtout de gauche ont manifesté dimanche leur opposition à l'amendement ADN lors d'un meeting organisé au Zénith de Paris, au cours duquel le socialiste François Hollande a salué "l'ouverture" ainsi faite autour des "choses essentielles".

"Cette mobilisation dépasse les clivages", a constaté le premier secrétaire du Parti socialiste, présent à la même tribune que le député UMP François Goulard ou le fondateur du MoDem François Bayrou. "Nous, nous sommes pour l'ouverture chaque fois qu'il faut défendre les choses essentielles", a-t-il ironisé devant quelque 6.000 spectateurs, selon les organisateurs.

"Ce soir, un combat commence", a-t-il lancé, "tant qu'il ne sera pas victorieux, nous serons toujours mobilisés". Le responsable socialiste a assuré que si l'amendement n'était pas retiré lors de l'examen de la loi Hortefeux, mardi par les parlementaires la Commission mixte paritaire, il serait renvoyé devant le Conseil constitutionnel. "Si nous revenons aux responsabilités, nous supprimerons, si ça ce n'a pas été fait, les tests ADN en matière d'immigration", a-t-il promis.

"Je ne suis pas d'accord avec tout ce que j'ai entendu jusqu'à présent (...), mais il y a des choses qui nous dépassent", a ensuite appuyé l'ancien ministre délégué à la Recherche François Goulard, député UMP et seul élu du parti majoritaire présent. "Il y a en particulier ce qui appartient (...) à tous les hommes et les femmes de notre planète: cela s'appelle les droits de l'Homme. Rien ne nous fera y renoncer."

Le fondateur du MoDem François Bayrou a de son côté dénoncé la volonté affichée de maintenir dans le projet de loi Hortefeux cet amendement ADN, dont l'application a été extrêmement encadrée lors de la discussion au Sénat. "C'est qu'ils voulaient le maintenir dans l'esprit (...) pour que ça soit étendu un jour à d'autres cas", a-t-il mis en garde.

Ce meeting-concert gratuit était organisé par SOS-Racisme et les journaux "Libération" et "Charlie-Hebdo". Il a rassemblé de nombreuses personnalités politiques, des artistes (Isabelle Adjani, Josiane Balasko, Bénabar, Stomy Bugsy, Fellag, Renaud, Sanseverino) et des intellectuels, dont Bernard-Henri Levy ou Axel Kahn, qui a dénoncé une loi "immorale" "indigne de la France".

A cette occasion le Réseau éducation sans frontières et le collectif Uni(e)s contre une immigration jetable, qui regroupe plusieurs centaines d'organisations, ont appelé à une journée de mobilisation nationale le 20 octobre "pour dire non à Sarkozy, non à Hortefeux, oui à la résistance et à la solidarité!". A Paris, une manifestation sera organisée à 14h30 dans le quartier de Belleville

06/10/2007

« Touche pas à mon ADN ! » : Une pétition de Résistance., par Daniel RIOT

Il n’y a qu’un problème avec la pétition lancée par Charlie Hebdo et SOS Racisme : le site www.touchepasamonadn.com,   est trop sollicité…Déjà 100 000 signatures à l'heure où j'écris cette note ! Prenez patience, donc, si vous voulez y aller ! Et « rechargez la page » à plusieurs reprises s’il le faut.

Car cette pétition, il faut la signer : elle est une mesure de salubrité civique. Et une bouffée d’oxygène dans un air bien pollué par une perverse imbécillité. « Un détail », ose dire Fillon à propos d’un amendement que même Pasqua a, dans un mouvement réprimé, trouvé indigne des combats menés en d’autres temps contre le fascisme.Le mot "principe" ne doit pas devenir politiquement incorrect! Le mot "valeur", si chanté, doit recouvrer du sens. 

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Plus cette pétition recueillera de signatures, plus on pourra garder espoir dans la perfectibilité démocratique. Et plus nous pourrons avoir confiance dans la capacité de RESISTANCE des Personnes aux forces terribles de ce « mimétisme de masse » qui entraîne l’humanité vers des catastrophes collectives quand la légende du joueur de flûte et des rats devient réalité.

C'est tout le sens aussi de la pétition lancée par le collectif "Sauver la recherche" qui a recueilli plus de 44 000 signatures: les chercheurs comme les médecins (et les juges!) dignes de ce nom savent où peut mener une conception exclusivent biologique de la nature humaine....

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Cet amendement parlementaire à un texte déjà chargé de germes d’inhumanité est en effet honteux en tant que tel, par son  texte (même  mal corrigé) et par son contexte. Par son texte : «cet amendement est la porte ouverte à une classification biologique des personnes, dont les implications vont au-delà des questions d'immigration», écrit justement Philippe Val, le directeur de Charlie.

Par son contexte : les dérives droitières extrêmes en ce pays de « droit du sol » où l’on combattait le « doit du sang » deviennent banales, trop banales. C’est ce qui les rend dangereuses.

C’est la banalité des dérives accumulées qui enfante ce « fascisme ordinaire » toujours condamné trop mollement et trop tardivement quand il imprègne une société.

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Lier « adn » et « immigration », donc adn et « étrangers », c’est contraire à la loi républicaine. C’est sortir de ce qui était une règle morale et éthique française : « l’adn » est réservée à des fins scientifiques et judiciaires. Et c’est réduire la filiation aux liens de sang. La nature humaine n’est pas qu’un paquet de viande, d’os et d’eau…

Un argument avancé est irrecevable : « ce texte n’est pas contraire au droit européen ». Ce n’est pas un juge qui l’a dit : c’est le Commissaire chargé de la Justice qui se prend pour le ministre de l’intérieur de l’UE, Franco Frattini , l’homme qui rêve  d’une Europe où la droite polonaise ferait figure de force « progressiste »…

Le recours à l’adn est effectivement déjà utilisé à des fins de « regroupement familial » dans sept pays de l’Union, mais il n’est pas appliqué dans le même esprit,  il n’y a aucune norme communautaire en la matière et toutes les recommandations du Conseil de l’Europe en bioéthique ne confondent pas l’identité et le groupe sanguin…

Un argument n’est jamais avancé, en revanche, mais il pèse lourd. Il suffit de surfer un peu sur internet, et vous le découvrirez : des esprits entreprenants et imaginatifs voient dans le recours systématique aux tests adn un champ d’action juteux...

 

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Cette pétition, demande le retrait pur et simple de l’amendement Mariani. Cela s’impse en effet d’autant plus qu’elle est incohérente avec le but avoué de cette loi (la Xième sur la maîtrise de l’immigration) qui est de limiter les regroupements familiaux, ces regroupements autorisées sous Giscard et reconnus comme légitimes dans les accords internationaux qui engagent la France.

Une remarque, au passage : c’est terrible de voir qu’une telle pétition est lancée par un journal dit satirique…Dans les pays qui souffre d’ « inforexie » et d’un système d’information apathique, seuls les organes de presse anticonformistes font sinon avancer les choses, du moins freiner les régressions. Merci à Philippe Val !

Daniel RIOT

Parmi les premiers signataires de la pétition initiée par Dominique Sopo (SOS-Racisme), Philippe Val (Charlie) et Bernard-Henri Lévy entre autres, on compte notamment l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, le président du Modem François Bayrou, le Premier secrétaire du PS François Hollande, le généticien Axel Kahn, le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault et les actrices Jeanne Moreau et Isabelle Adjani. On retrouve également le chanteur Akhénaton, l'ensemble de l'équipe de Charlie Hebdo et la secrétaire nationale du PCF Marie-Georges Buffet

15/09/2007

Un amendement au projet Hortefeux autorise ces analyses dans le cadre du regroupement familial.

LA TENSION monte et les POLEMIQUES se développent autour du projet de loi sur l'immigration après l'adoption, en commission des lois de l'Assemblée nationale, de  deux amendements politiquement explosifs.

Le premier, déposé par Thierry Mariani, député UMP du Vaucluse, instaure la possibilité de recourir aux tests ADN dans le cadre du regroupement familial. Un second, rédigé les UMP Sébastien Huyghe et Michèle Tabarot, autorise le recueil de données faisant, directement ou indirectement, apparaître les origines des personnes. Et ce dans le cadre d'études ayant pour finalité « la mesure de la diversité des origines des personnes, de la discrimination et de l'intégration ».
Ce sont deux sujets extrêmement sensibles qui divisent les opinions au-delà des partis politiques. Hier, le ministre de l'Immigration, Brice Hortefeux, a déclaré lors d'un déplacement à Lyon qu'aucun sujet ne devait être « tabou ». Dans son entourage, on tente toutefois de relativiser la portée de ces dispositions. « Concernant les tests ADN, il s'agit de donner la possibilité à des étrangers démunis de preuve tangible de leur état civil de prouver la réalité de la filiation. Il ne s'agit en aucun cas de créer un fichier. »
Thierry Mariani, ancien rapporteur des deux lois Sarkozy sur l'immigration, est, lui, plus explicite. « Onze états européens dont l'Allemagne et l'Italie les pratiquent déjà, explique-t-il. Dans certains pays africains, les états civils sont peu fiables et souvent trafiqués. Du coup, les délais de traitements des demandes de regroupement sont très longs. Les personnes qui se soumettront aux analyses ADN verront leur dossier étudié plus rapidement. »
Statistiques ethniques
L'argumentation n'a pas convaincu tous les députés de la majorité qui siègent à la commission. Deux députés UMP, François Goulard (qui avait soutenu Bayrou à la présidentielle) et le maire de Versailles, Étienne Pinte, s'y sont opposés. « Les tests génétiques sont des outils difficiles à manier, considère François Goulard. Est-il raisonnable de les utiliser pour 23 000 demandes de regroupement familial par an ? Les véritables fraudes sont celles liées au mariage et dans ce cas le test est inopérant. Je pense que le Conseil constitutionnel pourrait trouver à redire à cette disposition. »
La mesure pose aussi des questions techniques. Le coût d'un test salivaire peut varier de 150 à 1 000 euros suivant les pays. « Il existe d'autres moyens qu'un système de fichage généralisé pour savoir si le lien familial est démontré », s'est indigné dans Le Monde le premier secrétaire du PS, François Hollande, qui ne remet pas en cause la nécessité d'un contrôle administratif.
Sur la question des statistiques ethniques, les auteurs de l'amendement évoquent la possibilité de conduire des études pour mesurer notamment le niveau des discriminations, une revendication ancienne de chercheurs et d'associations communautaires. Il s'agirait de rester dans le cadre de rapports scientifiques, autorisés expressément par la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés), et dans la mesure où les intéressés auraient donné un accord préalable. Des précautions qui n'ont pas empêché le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, de réagir violemment : « Cet amendement présente un drôle de relent colonial puisqu'il reprend à son compte les conceptions nauséabondes d'un découpage de l'espèce humaine en races et ethnies. » Après la convocation des préfets qui n'expulsent pas suffisamment d'étrangers en situation irrégulière, le projet de loi sur le regroupement familial promet décidément d'être houleux.

31/05/2007

Les dangers de la généralisation de la biométrie

Craignant des risques pour les libertés individuelles, le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) juge "indispensable la mise en œuvre d'un réel contre-pouvoir à la généralisation excessive de la biométrie", dans un avis rendu public, jeudi 31 mai. Il recommande également "d'assurer un strict respect des finalités liées au recueil de chaque type de données", et d'interdire toute "interconnexion des fichiers présentant des identifiants communs mais destinés à des finalités différentes".


"L'utilisation universelle de la biométrie pour définir l'identité des personnes se développe irrésistiblement et en apparence inéluctablement pour des besoins affirmés d'une sécurité accrue", estime le CCNE, jugeant qu'il est "grand temps de redonner son sens véritable à la biométrie" en faisant "de la technologie un instrument réel de progrès au lieu d'une arme souvent inadaptée et par là même contraire au but qu'elle s'assigne".

Dans son document, le CCNE prend l'exemple du passeport biométrique, en vigueur dans vingt-sept pays européens et américains, sur lequel des "expertises convergentes réalisées par des sociétés de sécurité information et par le groupe Fidis" (Futur de l'identité dans la société de l'information), pour le compte de l'Union européenne, "ont montré que la confidentialité des données transmises à partir de puces électroniques intégrées au passeport biométrique était illusoire"

30/12/2006

La corde de Saddam Hussein

Les réactions à l'exécution de Saddam Hussein se sont multipliées tout au long de la matinée du samedi 30 décembre. A Londres, la ministre britannique des affaires étrangères Margaret Beckett, s'exprimant au nom du premier ministre Tony Blair, a estimé que l'ancien président irakien Saddam Hussein avait "payé", mais réaffirmé l'opposition de principe de son pays à la peine de mort. "Je me félicite du fait que Saddam Hussein ait été jugé par un tribunal irakien pour au moins quelques-uns des crimes horribles qu'il a commis à l'encontre du peuple irakien", a-t-elle déclaré dans un communiqué, rappelant toutefois que le "gouvernement britannique ne soutenait pas le recours à la peine de mort en Irak ni nulle part ailleurs".

 

 

Le ministère français des affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, a "pris acte" de l'exécution et a appelé les Irakiens à "regarder vers l'avenir et à travailler à la réconciliation et à l'unité nationale".

L'exécution de Saddam Hussein est un "événement tragique comme toutes les peines capitales" et risque de provoquer de nouvelles violences en Irak, a estimé, de son côté, le Vatican. "Une peine capitale est toujours un événement tragique, une cause de tristesse, même lorsqu'elle est infligée à une personne qui s'est rendue coupable de graves crimes", a déclaré le porte-parole du Saint-Siège, le Père Federico Lombardi. "La mise à mort d'un coupable n'est pas la manière de reconstruire la justice et de réconcilier la société. Au contraire, elle comporte un risque de nourrir un esprit de vengeance et de semer de nouvelles violences", a-t-il ajouté.

Human Rights Watch, association de défense des droits de l'homme, a condamné, dans une déclaration, la pendaison : "Saddam Hussein était responsable de terribles et nombreuses violations des droits de l'homme, mais ces actes, aussi brutaux soient-ils, ne peuvent justifier son exécution, une punition cruelle et inhumaine".

RAPPEL: La peine de mort a été bannie de l'espace du Conseil de l'europe

A noter: france 3 a choisi de ne pas diffuser les images de la pendaison de Saddam Hussein. Une belle exception dans un océan médiatico-voyeurtiste!