02/11/2006
STYRON, l'auteur du "Choix de Sophie", est mort

Comment Vivre après Auschwitz-Birkenau ?
« Le choix de Sophie », publié en 1979 (et traduit en fraçais en 1981). Un chef d’œuvre. Par l’écriture, l’histoire et la puissance de la narration, les personnages, atypiques et profonds. L’amour entre Sophie et Nathan. Voyage dans les ténèbres du mal absolu, au cœur d’une tragédie hallucinante, avec des regards sur le nazisme, les camps, le tourbillon de l’inhumanité (humaine, trop humaine…) totalitaire. Avec la difficultés de trouver les mots de l’indicible.WILLIAM STYRON EST MORT. LIRE L'ARTICLE DE Daniel RIOT >>>>
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22/10/2006
Le livre du mois du Conseil de l'Europe: l'aide aux victimes
La justice véritable dépend non seulement de l'aptitude des Etats à poursuivre les auteurs d'un crime mais aussi de leur capacité à rétablir la situation des victimes. Depuis plus de cinquante ans, le Conseil de l'Europe contribue à la construction d'un espace juridique commun fondé sur le respect des droits de l'homme, la démocratie et l'Etat de droit. La lutte contre la criminalité est au coeur de ces efforts.
Depuis les années 1980, le Conseil de l'Europe a intégré dans ses travaux le sort réservé aux victimes et a produit et mis à jour une série d'instruments juridiques visant à aider les Etats à répondre aux besoins des victimes.
Ce livre rassemble ces normes et vise à constituer un document de référence accessible et exhaustif.
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29/11/2005
"Esprits d'Europe" d'Alexandra Laignel-Lavestine sacré meilleur essais européen de l'année
Enfin un prix littéraire qui ne souffre aucune contestation. Alexandra Laignel-Lavastine reçoit le Prix Européen de l'Essai"Charles Veillon" 2005 à l'occasion de la parution de son livre "Esprits d'Europe", publié cette année aux Editions Calmann-Lévy, Paris. J'en suis ravi. Elle le mérite. Et je ne recommanderai jamais assez la lecture de cet ouvrage à tous ceux qui veulent mieux penser ou repenser l'Europe. La cérémonie d'attribution aura lieu le 10 février 2006 à Lausanne.Sur les intellectuels d'Europe centrale et orientale, elle a publié trois ouvrages : l'un consacré au philosophe roumain Constantin Noïca, Nationalisme et Philosophie : le paradoxe (1998), le second à la pensée politique de la dissidence, Jan Patocka : l'esprit de la dissidence (1998), le troisième à Cioran, Eliade, Ionesco : l'oubli du fascisme (2002).Elle collabore, par ailleurs, au "Monde des livres" et à RFI

Esprits d'Europe
Calmann-Lévy, 2005
Pourquoi faisons-nous l'Europe ? À la question de son sens et des valeurs qui la fondent, de nombreux intellectuels d'Europe centrale ont consacré leur oeuvre, leur engagement, leur vie même.
Le moment est venu de redécouvrir cette extraordinaire communauté d'esprits, dominée par trois figures exemplaires : Czeslaw Milosz (1911-2004), poète et essayiste polonais, prix Nobel de littérature ; Jan Patocka (1907-1977), philosophe tchèque, grand inspirateur de la dissidence, mort assassiné par la police politique ; et le Hongrois Istvan Bibo (1911-1979), l'un des penseurs les plus pénétrants des "hystéries collectives" qui secouent à intervalles réguliers le Vieux Continent.
C'est autour de la trajectoire, des idées et du rayonnement de ces trois consciences de notre temps que s'organise cet essai. Au-delà, tout un continent immergé de la culture européenne se révèle à nous, entre affinités électives et influences réciproques : de Kafka à Kertész et de Koestler à Kundera, mais aussi de Musil à Milosz, de Husserl à Patocka ou encore de Hannah Arendt à István Bibó, et de Sandor Marai à Zygmunt Bauman. Instruits par les catastrophes du XXe siècle, ces penseurs rendent à nouveau visibles les fondements éthiques de la civilisation européenne. Pour qu'aujourd'hui, la Réunification ne s'accomplisse pas dans le désenchantement de l'homme et de la démocratie.
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24/09/2005
Vient de paraître
Guide du langage juridique - Vocabulaire, pièges et difficultés,
2e édition 2005, éditions Litec JurisClasseur :
Trois outils en un :
- un lexique des termes et expressions du droit ;
- un guide de rédaction juridique ;
- un recueil des pièges et difficultés du langage juridique.
« Plus qu’une simple liste de définitions », « des exemples concrets », « une mine de conseils »,
« des entrées d’une réelle originalité »…
Christine Schmidt-König, Revue internationale de sémiotique juridique
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06/05/2005
De la difficulté d'être...
Découverte ce matin sur France-Culture, Zahia Rahmani:de l'Espoir malgré une grande désespérance. Un témoignage poignant et des réflexions qui en entraînent d'autres.... Deux livres-références
Zahia Rahmani
Musulman roman
Sabine Wespieser éditeur (3 mars 2005)
La narratrice est une femme condamnée : recluse dans un monde désert, elle interroge sa double identité française et arabe. Confrontée à la fatalité de ses origines berbères, elle introduit une réflexion à mi-chemin entre la poésie et le roman sur les langues minoritaires, la figure du musulman, le bannissement et l'absurde.
Zahia Rahmani
Moze
Sabine Wespieser éditeur (6 mars 2003)
L'auteur relate la vie d'une famille de harkis en France. Interdit de retour sur la terre de sa jeunesse, considéré comme traître par la communauté algérienne de France, étranger dans le pays pour lequel il s'est battu, Moze, père de famille, se donne la mort le jour du 11 novembre 1991. Sa fille veut comprendre son geste.
09:55 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Droit et Justice
29/04/2005
"Seul l'amour fracasse les tombeaux" par Denis LEDOGAR
Denis Ledogar n'en est pas à son premier livre. " Seul l'amour fracasse les tombeaux" qui vient de praître aux éditions de la Renaissance s'ajoute (entre autres) à " La tendresse pour tout bagage" et "Au chevet des malades".
Denis, le père Denis, y confirme ses qualités humaines (d'écoute) et d'écriture:"le travail doit finir par effacer le travail", disait Paul Valéry. Denis a suivi le conseil: écrit simplement, d'une façon fluide, parce qu'il a su trouver des mots qui correspondent à ce qu'il est et à ce qu'il fait.
Pas d'éloquence:la force du réel. Pas d'effets de langage:la force vraie des mots de la réalité. Pas de sensiblerie:des entiments. Et du coeur, beaucoup de coeur. Naturellement. De l'affect, sans affectation. De la sincérité. Pas de fausse sympathie:de l'authenique empatie. Pas de jeu de rôle: des témoignages sans cynisme et sans fard.
Au fil des pages, préfacées par Bernard Kouchner, sobrement mais vigoureusement, sept étapes, sept défis, sept exigences. Pour que la mort, cette fin de vie, soit un Passage vers la paix avec soi et avec les autres, indépendemment des croyances, de la foi, des chimères, des mirages, des fausses certitudes et des vraies mystères.
Poignant. Mais plein d'espérance authentique. "Accepter la mort, c'est accepter la vie".
Une clef, essentielle:l'Amour. Aimer, c'est aider, donner non vouloir, posséder, exiger. Aimer, c'est s'accepter et accepter les autres.
Merci Denis. Ta foi en Dieu dans les respect de ceux qui ne croient pas dans le même dieu, doutent ou ne croient en aucun Dieu, est d'abord une foi en l'Homme, en ce principe d'Humanité qu'il importe de remettre au coeur de toutes les actions de vie, en cet humanisme eiu ce personalisme qui nous fait si souventtellment défaut en cette ère de marchandisation des êtres et de mercantilisation des actions.
Merci aussi,denis, de nous rappeler en cette ère où le mot MORT fait peur et où la mort n'est acceptée que sous forme fictive ou virtuelle qu'une "personne en fin de vie reste une personne en vie".
Les débats sur la bioéthique, sur l'eurthanasie, sur l'accompagnement des mourants, sur l'allègement de la douleur dans le respect de la Personne, sont loin d'être clos. Ils ne peuvent se poursuivre en faisant abstraction des témoignages que tu nous présentes dans ce livre qui en nous remettant la "mort en face" peut permettre à chacun de mieux voir "la vie en face"
Daniel RIOT
"Seul l'Amour fracasse les tombeaux", par Denis LEDOGAR. Préface de Bernard KOUCHNER. 192 pages.17€.Editions presses de la Renaissance.
www.presse-renaissance.fr
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27/04/2005
En librairie:la force de Primo Lévy
Ce site a été ouvert symboliquement le 27 janvier, jour du soixantième anniversaire de l'ouverture des camps. Je viens de lire l' inédit de Primo Levi sur Auschwitz "Rapport sur Auschwitz", un document "technique" qu'il importe de recommander à un moment où les voix négationnistes se font réentendre. Je reprends ici en partie la note de lecture publiée par le Nouvel observateur.
DR
"La lecture de ce texte d'une cinquantaine de pages est une clé permettant d'accéder à l'oeuvre de l'écrivain italien et, en premier, à son chef d'oeuvre devenu un classique "Si c'est un homme", dont il est une des principales sources.
Juste libéré d'Auschwitz, Primo Levi rédige avec le médecin Leonardo Debenedetti, à la demande des autorités russes, un "rapport sur l'organisation hygiénico-sanitaire du camp de concentration pour Juifs de Monowitz" (un des camps d'Auschwitz). Le texte est publié en Italie dès 1946.
"C'était exiger des signataires un extraordinaire contrôle de soi lorsqu'on pense qu'ils se sont presque immédiatement attelés à la tâche, à peine sortis de l'enfer", a écrit l'écrivain René de Ceccatty dans Le Monde des Livres. Debenedetti a perdu sa femme à Monowitz.
Témoin exemplaire
Ce texte est suivi d'une interview de Primo Levi en 1982 - qui occupe alors en Italie la place du témoin exemplaire -, à l'occasion de son retour à Auschwitz. Avec le regard qu'il porte sur son expérience concentrationnaire à travers les lieux et les gens de Pologne, il laisse transparaître une grande lassitude.
D'autre part, l'éditeur Robert Laffont publie, dans la collection "Bouquins", plusieurs de ses livres en un seul volume ("Oeuvres"): outre "Si c'est un homme", il comprend "La trêve", "Le système périodique", "La clé à molette", "Maintenant ou jamais", "Conversations et entretiens".
Primo Levi, chimiste de profession, a écrit une oeuvre importante, dont une partie est un témoignage direct de l'expérience concentrationnaire.
"C'était un homme à la conscience paisible, né dans une famille de juifs assimilés, établis depuis longtemps dans la région de Turin et qui cultivaient l'amour des livres", écrit le directeur de "Bouquins", Daniel Rondeau, sur le 4ème de couverture. "Au printemps 87, cet homme tranquille, qui avait manifesté une si violente volonté de vivre pendant qu'il était à Auschwitz, se jette dans la cage d'escalier de son immeuble à Turin", rappelle-t-il.
("Rapport sur Auschwitz", suivi de "Retour à Auschwitz". Traduits de l'italien par Catherine Petitjean, présentation et appareil critique de Philippe Mesnard, 112 pages, 13 euros, "Oeuvres", sous la direction de Catherine Coquio, 1.134 pages, 29 euros).
A VOIR:LE SITE DE L'ASSOCIATION PRIMO LEVY >>>>>>>
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"Valeurs de la démocratie"...Huit notions et un rappel:c'est en droit que les valeurs prennent tout leur sens
« C’est donc une vérité éternelle et qu’on ne peut trop répéter aux hommes, que l’acte par lequel le fort tient le faible sous son joug, ne peut jamais devenir un droit ; et qu’au contraire l’acte par lequel le faible opprimé se soustrait au joug du fort, est toujours un droit. » E. Sieyès, Préliminaire de la Constitution Reconnaissance et exposition raisonnée des droits de l’homme et du citoyen, Paris, Baudoin, 1789, p. 23.
" Valeurs de la démocratie". (ed.DALLOS)
par Emmanuel Dockès
Professeur de droit à l'Université de Dijon
Cet ouvrage a pour ambition de retrouver le sens de quelques mots, afin de mieux comprendre ce qu’est la démocratie et ce qu’elle pourrait être.
Il est situé au croisement de deux objets d’étude : le droit et les valeurs de la démocratie. Ces deux objets sont apparus indissociables. C’est en droit que les valeurs prennent tout leur sens (1). Et, réciproquement, les grandes notions du droit actuel tirent des valeurs une part essentielle de leur signification (2).
Les huit notions juridiques approfondies dans le corps de l’ouvrage forment une problématique d’ensemble. Les grandes lignes de cette problématique peuvent être résumées, dès l’introduction (3).
1. C’est en droit que les valeurs de la démocratie prennent sens
Les démocraties sont construites autour de deux valeurs primordiales, la liberté et l’égalité. La remarque est relativement banale, voire évidente. Elle fait l’objet d’un très large accord. En revanche, dès que se posent les questions « qu’est-ce que la liberté ? » ou « qu’est-ce que l’égalité ? », toutes sortes de positions contradictoires, dont certaines sont même franchement ésotériques, apparaissent. On s’épuiserait à tenter d’en faire la liste. Faut-il en conclure, comme de nombreux auteurs, que les valeurs de la démocratie sont dépourvues de toute signification claire ?
Je ne le pense pas. Certes, il n’existe pas de sens « véridique » des mots et ce d’autant moins lorsque ces mots sont aussi débattus que la « liberté » et l’« égalité ». Cependant tous les sens possibles n’ont pas la même portée, ni la même influence. La liberté et l’égalité sont des valeurs pour lesquelles de très nombreuses personnes se sont battues. Elles ont été proclamées au sommet des grandes déclarations de droits, en 1776, en 1789 ou encore en 1948. En leur nom, de très nombreuses règles de droit ont été édictées, de très nombreuses décisions de justices précises, concrètes, ont été rendues. Ainsi, la « liberté » et l’« égalité » ont acquis un sens beaucoup plus précis. Ce sens juridique n’est sans doute pas au-dessus de toute discussion possible, il n’en est pas moins objectif, relativement clair et univoque. De plus, il se trouve que ce sens juridique rejoint, en l’occurrence, le sens habituel, commun des mots. Comparativement, toutes les autres significations possibles de la liberté et de l’égalité apparaissent alors marginales, anecdotiques, trompeuses même, tant il est vrai qu’utiliser des mots dans un sens autre que leur sens habituel est source de bien des malentendus. Pour ces raisons, le sens juridique et commun doit prévaloir, même s’il n’est pas le seul imaginable.
2. Les notions fondamentales du droit expriment des valeurs
Ce lien entre notions juridiques et valeurs n’a rien d’étonnant. Fruit de débats, de compromis, de luttes, le droit est un ensemble de choix, de prises de position, de convictions. Cette absence de neutralité est reconnue et même revendiquée au sein des grands concepts juridiques qui seront étudiés par la suite, comme la « liberté », l’« égalité », la « représentation », « le contrat » ou la « propriété ». Ces éléments du vocabulaire juridique ont conservé leur charge émotive et, sous cette émotion intacte, on peut redécouvrir des significations symboliques, des justifications, des espérances, des positions idéologiques, en bref des valeurs. Et ces valeurs permettent de comprendre et donc de définir les notions étudiées. C’est ce qui sera constamment vérifié par la suite. Par exemple, la notion de droit subjectif se comprend avant tout comme une prise de position en faveur d’une certaine idée de la liberté ; la notion de « contrat » est indissociable de la valeur qu’exprime l’idée d’autonomie ; les notions d’« intérêt » et de « représentation » expriment déjà une certaine violation de cette même idée d’autonomie ; la notion de « droit » exprime parfois une certaine conception de la démocratie, etc. Les notions juridiques expriment des valeurs. Et cette expression est une partie essentielle de leur sens.
Pour bien montrer cette dimension, il sera nécessaire de confronter constamment les définitions techniques des mots du droit à leurs significations communes, politiques, philosophiques ou même économiques.
3. Problématique d’ensemble
Les deux premières notions étudiées sont les deux valeurs sur lesquelles se sont construites les démocraties contemporaines : la « liberté » et l’« égalité ». Toutes deux issues d’un certain humanisme, elles expriment la valeur de l’être humain. La liberté valorise l’individu, unique, irremplaçable et sa volonté propre. L’égalité est le premier principe concernant le rapport à l’autre. Valeur relationnelle, sociale, elle commande d’accorder une égale valeur à tout être humain.
Ces deux valeurs s’opposent parfois. Elles s’affaiblissent alors l’une l’autre. D’autres fois, en revanche, elles s’associent pour œuvrer dans une même direction. Et c’est alors, sans doute, que l’on touche à l’essentiel. Or, le pouvoir peut porter atteinte à la fois à la liberté – celle de la personne soumise – et à l’égalité – lorsque le détenteur du pouvoir est placé dans une position de supériorité –. Une certaine défiance de principe vis-à-vis du pouvoir résulte ainsi des valeurs de liberté et d’égalité. Cette défiance est un trait fondamental des démocraties, voire leur essence même. L’étude de la notion de « pouvoir » prend alors une place centrale. Elle révèle notamment que la distinction des pouvoirs privés et des pouvoirs publics, naguère perçue comme structurante, a presque perdu toute pertinence. Cette réunification de la problématique du pouvoir est sans doute l’évolution la plus marquante qu’ont connue les systèmes juridiques démocratiques depuis une cinquantaine d’années.
Au sein de cette problématique, le « droit » apparaît a priori comme un outil ambigu. Parce qu’il est lui-même un phénomène de pouvoir, il peut susciter une certaine méfiance. Mais il est aussi l’outil par excellence de toute limitation du pouvoir. Seul le droit peut permettre une limitation durable des pouvoirs de fait. Et c’est encore par le droit que les pouvoirs juridiques peuvent être encadrés, divisés et contrôlés. Dans cette fonction de contre-pouvoir, le droit retrouve une incontestable valeur démocratique. Au point qu’intensité démocratique et importance de la place du droit peuvent apparaître parfois indissociables.
Sont ensuite étudiées les quatre notions qui structurent l’essentiel des discours de justification du pouvoir, à savoir le « contrat », la « propriété », l’« intérêt », et la « représentation ». Les termes de « contrat » et de « propriété » véhiculent des valeurs démocratiques, au travers de l’idée d’autonomie. Mais, comme justifications du pouvoir, leur utilisation apparaît plus que délicate. La notion d’« intérêt » comporte quelques aspects inquiétants, lorsqu’elle est utilisée pour réduire le rôle de la volonté. Et le terme de « représentation » s’avère trompeur.
Huit notions seront donc successivement étudiées : la « liberté », l’« égalité », le « pouvoir », le « droit », le « contrat », la « propriété », l’« intérêt » et la « représentation ». Bien entendu, aucune de ces notions ne peut être comprise sans aborder bien d’autres notions et concepts issus du droit et d’ailleurs. Ainsi, par exemple, les notions de « droit subjectif » et de « droits de l’homme » ne sont guère détachables d’une étude juridique de la liberté ; placer le pouvoir dans une échelle de valeur, c’est aussi définir la « démocratie » ; analyser le pouvoir juridique revient à se pencher sur les « sources du droit » ; traiter du droit c’est encore se prononcer sur la notion de « norme » et, partant, sur celle plus générale encore de « valeur », etc.
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24/04/2005
Une page d'histoire méconnue:Les Noirs victimes des camps
Lu "Les Noirs dans les camps nazis" de Serge BILE.
Les faits: Au début du XXè siècle, 60.000 éleveurs namibiens de l'ethnie herero, sont morts dans les camps de concentration mis en place par les colonisateurs allemands dans l'indifférence de la communauté internationale, Plus tard, sous Hitler, une grande partie des "Afro-allemands" seront persécutés, stérilisés et parqués, comme les juifs, dans des camps, eux aussi sous le coup des lois de Nuremberg.
Serge Bilé estime à 24.000 ces "Afro-allemands", mais selon l'une des principales associations des Noirs en Allemagne, l'ISD (Initiative des Noirs en Allemagne), il n'existe pas de chiffres précis sur la communauté africaine ou d'origine africaine d'Allemagne avant la Seconde Guerre mondiale. L'IDS estime cependant que "plus de 100.000" Noirs devaient y vivre avant 1939. En Namibie, les Allemands en butte à la résistance des Hereros, des éleveurs mais aussi des guerriers qui résistent à l'occupation de leurs terres, créent dès 1904 les premiers camps de concentration.
"Dans le travail de recherche que j'ai pu faire, j'ai découvert que les premiers camps (allemands) n'avaient pas commencé avec Hitler, mais en Namibie. De vrais camps de concentration avec des barbelés, des baraques en bois, des tatouages, des êtres rachitiques, qui mouraient de faim", raconte Serge Bilé, journaliste franco-ivoirien, interviewé par le Nouvel Observateur.
Sur 80.000 Hereros présents à l'arrivée des colons, 60.000 mourront de la politique d'extermination menée par les Allemands dans ce qui se révèlera être un laboratoire de la future politique de solution finale des nazis.
Dans ces camps de Namibie, les "deux personnes importantes qu'on retrouve sont le docteur Eugen Fischer, médecin qui fait des expériences médicales, notamment de stérilisation, et qui plus tard aura pour bras droit Josef Mengele, de sinistre réputation pour ses expériences médicales au camp d'extermination d'Auschwitz.
On retrouve aussi Heinrich Goering, le gouverneur de la Namibie, le père d'Hermann Goering", un des hauts responsables du régime nazi, raconte l'auteur du livre publié par les éditions du Serpent à plumes.
"Ce qui est extraordinaire, c'est qu'il n'y a pas eu de réaction internationale, ça n'intéressait personne, ce génocide ne concernait que des Africains", observe Serge Bilé.
Un autre drame méconnu concerne, sous Hitler, les Noirs des colonies venus vivre en Allemagne.
"On oublie souvent que les Allemands avaient eu des colonies (Togo, Tanganyika, Cameroun) et que beaucoup de Noirs se sont installés en Allemagne. Pour Hitler, il est inconcevable que des Noirs aient des rapports avec des Allemandes", raconte Serge Bilé.
De ces unions naîtront environ 800 enfants métis que les nazis appelleront "les bâtards de la Rhénanie".
A leur arrivée au pouvoir, ils enlèvent les enfants à leurs parents, les stérilisent et les déportent. "Les Noirs sont systématiquement stérilisés, pour qu'il n'y ait pas d'enfants qui naissent de leurs unions avec des aryennes".
Victimes des lois de Nuremberg, comme les juifs, les Afro-allemands seront déportés, sans qu'on sache combien d'entre eux sont envoyés dans les camps et combien sont morts, selon Serge Bilé.
Aucun historien ne s'étant penché sur le sujet, aucune estimation n'a été faite. Au moment de la Seconde Guerre mondiale, à l'exception d'Haïti, de l'Ethiopie et du Liberia, il n'existait pas de pays noir indépendant, les victimes noires ont donc été comptabilisées avec leur puissance coloniale. Rien ne permet ainsi de différencier dans les statistiques un Noir français déporté, d'un Auvergnat ou d'un Breton.
"Je fais juste une approximation, je pense qu'il y a eu de 1933 à 1944 de dix mille à trente mille déportés noirs", dit Serge Bilé qui n'oublie évidemment pas de rappeller l'engagement dans la résistance contre les nazis d'Africains et d'Antillais qui, une fois capturés, furent déportés en Allemagne
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