08/11/2007

L’Europe face aux vagues xénophobes : « DOSTA »!

L’éditorial de Daniel RIOT pour RELATIO

Les « Ritals »… Ce n’est pas si vieux ! Et ce n’est pas seulement le titre d’un (excellent) livre de Cavanna. C’était (et c’est encore d’une façon plus sympathique, heureusement)  le surnom péjoratif et insultant des Italiens, ou plutôt des migrants italiens plus ou moins bien accueillis en France et ailleurs. Car l’Italie était une terre pauvre, donc d’émigration. Des émigrations qui depuis ont  d’ailleurs contribué à la richesse des pays d’accueil et … de l’Italie.

Qualités des travailleurs, rayonnement de la culture italienne (gastronomie en tête), intelligence et dynamisme des « colonies » italiennes. Même l’ombre des maffias n’a empêché une bonne intégration ou une excellente assimilation des Italiens et des italiennes…

Comme dit Jacques Attali dans ses bonnes analyses sur le nomadisme : les diaspora constituent un atout considérable des pays d’origine. C’est d’ailleurs, à terme, l’une des faiblesses des USA, par rapport aux pays européens, asiatiques et…africains !

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Immigrés italiens parqués en France au siècle dernier (avant-hier)

Et voici que les « Ritals » se défoulent ou prennent peur, contre d’autres personnes qui fuient la misère, cherchent une terre où la vie est plus facile,  tentent de trouver de l’air plus respirable quitte à s’enfoncer dans d’autres malheurs. Les milliers de gens qui quittent l’Afrique ou l’Asie ne sont pas les seuls : la Roumanie, entrée (peut-être prématurément) dans l’Union européenne reste une terre où la vie est dure, et où, surtout, des roms souvent mal traités sont tentés d’aller voir ailleurs ! Comme on ironisait en France en dénonçant les idéologies reposant sur un nationalisme d’exclusion : « il y a vraiment trop d’étrangers dans le monde »….

D’ailleurs, il y a des étrangers partout : 20 000 Italiens sont installés en Roumanie où  700 entreprises italiennes  travaillent. Un rappel que le chef du gouvernement roumain n’a pas manqué de faire à Prodi

La vague xénophobe qui frappe l’Italie, comme la plupart des pays européens, à des degrés divers, s’explique par des constats de bon sens. Quantitatif et qualitatif : aucune contrée ne peut, selon la formule de Rocard, « cueillir toute la misère du monde ». Et les faits divers médiatisés, ces moulins à émotions, des usines à déraison, ces accélérateurs de réflexes tripaux, provoquent vive des explosions. La peur, cette mauvaise conseillère, ne favorise pas la réflexion et les réactions de sang froid. Une irrationalité logique à impact politique inévitable et (hélas !)…exploités. En cela l’Italie actuelle n’est en rien un « cas », une « exception ». Hélas…

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Avant de crier haro sur Prodi, remarquons d’abord, sans rien excuser, que nous ne sommes pas en face «  d’expulsions de masse ». Il n’y a aucune « chasse aux romanichels » officiellement déclenchée, avec obligation des résultats statistiquement concrets. Et agités avec le bonheur qu’affiche, en France aujourd’hui, par exemple, Monsieur Hortefeux…

Le ministre de l’intérieur italien a, lui, donné le chiffre de 12 expulsions. Elles concernent des Roumains qui ont commis des délits ou sont soupçonnés d’en commettre.

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Deuxième remarque, à décharge si l’on peut dire afin de mieux comprendre l’émotivité de masse qui secoue l’Italie : la plupart des autres pays européens ont connu une immigration étalée dans le temps, l’Italie, elle,  a connu un afflux massif d’immigrés en l’espace de seulement 10 ans. On recense aujourd’hui 3,5 millions d’immigrés légaux et entre 1 et 2 millions de clandestins. Pour ce qui est des Roumains, on estime qu’ils sont 500 mille en Italie dont 160 mille romanichels. Des chiffres sans doute à multiplier par deux… L’ouverture des frontières en janvier 2007 avec l’entrée de la Roumanie en Europe a généré un flux énorme.

Mais il faut, évidemment,  distinguer la population roumaine « laborieuse », active notamment dans les travaux de garde et de maçonnerie, de sa « frange clandestine et criminelle ». Or,  c’est évidemment cette confusion qui pose problème. Toute la communauté roumaine qui risque d’en pâtir.Avec des vendetta à la clef. C’est déjà fait. Et il y a un véritable consensus là-dessus, même à gauche. 80% des Italiens selon un dernier sondage pensent que les Roumains sont des criminels potentiels ou réels. Et les mesures prises par le gouvernement, les expulsions et les camps des roms rasés, ne font que confirmer ce sentiment d’exutoire, ou de quête d’un bouc-émissaire. La droite elle réclame des mesures plus drastiques…

Les décrets gouvernementaux ne sont donc que la face émergée du drame qui est en train de se jouer. « On est en effet en train de raser massivement les baraques où vivent les romanichels. Sans les reloger. C’est terrible et grotesque. Jeter toutes ces personnes dans la rue, de plus alors que le froid commence à se faire sentir, risque évidemment d’accroître encore l’illégalité, la violence, la criminalité. Cela va avoir pour effet pervers de rendre cette population encore plus insupportable aux yeux des Italiens », souligne Marcelle Padovani, l’excellente envoyée spéciale permanente du Nouvel Obs en Italie…

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La mesure prise concernant les expulsions et la vague de xénophobie est  bien sûr extrêmement choquante et inquiétante au niveau européen : « la dangerosité devient en soi un critère d’expulsion ! Et sans garde-fou juridique. », souligne Marcelle Padovani. 

Le Conseil de l’Europe n’a pas manqué de rappeler les engagements pris par ses Etats membres en matière de droits de l’homme et de droits des migrants. Il ne manque pas non plus  de souligner l’importance de la campagne en faveur des rooms lancée dans l’Europe du Sud-est mais qui devrait être élargie :« DOSTA ! » Explications, ou plutôt rappel pour les lecteurs de Relatio qui ont eu l’occasion de la découvrir à plusieurs reprises :

« Dosta », un mot qui en Romani signifie “assez”, c’est une campagne de sensibilisations qui vise à faire rencontrer les citoyens Roms et non-Roms.”Dosta” signifie qu’on en a assez des préjugés et des stéréotypes, qui souvent faussent la réalité, et qu’on veut les combattre non pas en les dénonçant mais en démontrant qui sont les Roms.

« Les Roms ne sont pas parfait, bien sûr, mais qui l’est? Ce qui est clair est que les Roms sont des citoyens européens: ils sont un groupe qui compte environ 8 à 10 millions de personnes réparties dans presque tous les États membres du Conseil de l’Europe. Dans certains pays d’Europe centrale et orientale, ils représentent d’ailleurs plus de 5 % de la population. »

Marcelle Padovani, qui connaît bien l’Italie, termine son analyse sur le NouvelObs.com en déclarant « On dit souvent que l’Italie est le laboratoire du meilleur et du pire. En imaginant le pire, l’hypothèse la plus terrible serait que ce pays devienne un laboratoire du pré-fascisme vis-à-vis d’autres communautés européennes. » Alors, « Dosta » ! Ou alors, nous deviendrons tous les « Ritals » de quelqu’un. La xénophobie, on voit quand elle commence, mais on n’imagine jamais assez où elle peut conduire.

Daniel RIOT

 

LE SITE SPECIAL DE “DOSTA” >>>>>>>>

UNE FICHE SUR L’IMMIGRATION EN ITALIE >>>>>>

La France et la directive européenne sur le financement du terrorisme, par Chantal CUTAJAR

Lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme : l’urgence d’une indispensable refonte du dispositif de prévention à l’occasion de la transposition de la 3ème directive de l’UE.

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Chantal Cutajar

Dans un communiqué du Conseil des ministres du 21 mars 2007, le gouvernement a fait savoir qu’il « entend maintenir la lutte contre le blanchiment en France au niveau des meilleurs standards internationaux car elle constitue un élément majeur de la sécurité des populations et de la sécurité économique ».

Pour mener à bien la  transposition de la directive du Parlement et du Conseil relative à la prévention de l’utilisation du système financier aux fins du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme 2005/60/CE du 26 octobre 2005, dite 3ème directive anti-blanchiment, une mission a été confiée à Jean-Louis FORT , ancien président du GAFI et Yves CHARPENEL, magistrat, pour procéder à une concertation approfondie avec les professionnels pour « que les nouvelles règles intègrent au mieux leurs préoccupations ».

Les auditions se sont déroulées, le rapport a été remis au ministre des finances fin juillet 2007, dans le plus grand secret.  Alors que la France s’apprête à assurer la présidence tournante de l’Union européenne à compter du 1er juillet 2008, il lui revient de transposer cette directive au plus tard le 15 décembre 2007.

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Le principe de la directive qui fait table rase du dispositif antérieur a été arrêté au lendemain des attentats de Madrid avec l’objectif affiché de « Porter un coup » à la criminalité et au terrorisme. Il est certain que la lutte contre le blanchiment constitue un axe essentiel de la lutte contre les organisations criminelles parce que, sans le blanchiment, elles ne pourraient pas réintroduire dans le système financier les masses considérables de capitaux provenant des trafics d’êtres humains, d’organes, de drogue, de la contrefaçon, de la corruption etc… De fait, sans le blanchiment, les organisations criminelles ne pourraient pas prospérer.

Le législateur européen a fait le choix éclairé d’adapter le dispositif préventif à l’évolution de la criminalité organisée et des organisations terroristes en mettant en œuvre une approche plus concrète et pragmatique, moins légaliste

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06/11/2007

Le semestre de Sarkozy, par Daniel RIOT

 L’urgentiste, la cigale frimeuse et le "choc de confiance"

Six mois. « Le temps s’en va, le temps s’en va, Madame, le temps, non mais nous nous en allons »… Ronsardien, Sarkozy ! Il a raison. « Cueillons dès aujourd’hui les roses de la vie ». C’est ce qui est appréciable et le plus apprécié chez lui. Il sait maximaliser son temps en se jouant de l’espace. En donnant au temps l’épaisseur que seule l’action peut donner et en occupant l’espace qui compte le plus aujourd’hui dans le paysage politique: le « médiatique ». « Je me montre, donc je suis » : Descartes 2007…

Problème : autant un chef de gouvernement doit faire face à toutes les urgences, le « nez dans le guidon », autant un chef de l’Etat (même en république monarchique) devrait pour inscrire son action dans des perspectives d’avenir prendre de la hauteur (non de l’altitude) et de la distance (non de l’éloignement) par à rapport aux événements qui restent « l’écume des choses ». Sinon, il prend un risque, chargé de périls, qui est l’un des pièges majeurs des « décideurs « ne cette ère de « zappanthropie » aiguë : « A force de sacrifier l’essentiel à l’urgent, on oublie l’urgence de l’essentiel », selon l’excellente formule d’Edgar Morin.

En six mois, quoi de changé ?

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04/11/2007

WEB: Halte aux proxénètes de l'info-intox!

 

DESINFORMATION : Confidences en guise

de Défense et illustration de… Sarkozy.

« Sarko, l’Américain » : un « agent » de l’Oncle Sam ?

Le « réseau Voltaire » devrait avoir la décence de changer de nom…

7a2956bdf21090d4570f2f1301ff0cf8.jpgRUE89 éprouve le besoin de s’étendre, pour les leur tordre le cou,  sur des fausses infos diffusées par le « réseau Voltaire », l’un des champions toutes catégories de l’intox sur internet, et reprises sur d'innombrables blogs. Un réseau qui devrait avoir la décence de changer de nom, tant il insulte ce philosophe que l’on devrait tellement relire en cette période liberticide et lâche.  

Voici une preuve de plus de l’extrême difficulté de lutter contre les effets pervers d’Internet « grande machine à rumeurs ». Sarkozy se voit d'avoir été "formé" par les Américains, voire d'être un "agent" américain. Du coup, l’effet boule de neige du web en folie, accrédite cette connerie immonde !

A la base de cette accusation, un voyage d'étude aux Etats-Unis effectué par Nicolas Sarkozy dans les années 80 alors qu'il était maire de Neuilly, à l'invitation du département d'Etat dans le cadre de son Programme d'invitation de personnalités étrangères.

SIX SEMAINES QUI VALENT DES ANNEES

Et alors ? Confidence : ce programme, j’en ai bénéficié aussi.  Et je ne regrette en rien d’avoir grâce à lui passé six semaines (plus que la norme de ce type de bourse) à sillonner les Etats-Unis, à rencontrer des membres du Congrès, des conseillers de la maison Blanche, des responsables du département d'etat,et les meilleurs chercheurs, experts ou acteurs  des domaines qui m’intéressaient : la presse et le média (bien sûr), les minorités (Noirs , Portoricains,Indiens, Amish, Mexicains, Chinois, "Français" de Louisiane), les rouages du complexe militaro-industriel et les multinationales... 

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Humanitaire et droits de l'homme....

Sarkozy au Tchad:En finir vraiment avec “L’Afrique de papa”…

Le commentaire de Daniel RIOT pour RELATIO 

Voyage-éclair, opération sauvetage : « Sarko-Assistance » peut afficher une belle réussite : rapatrier en Europe celles et ceux qui ont été embarqués dans le scandale de Zoé malgré eux, les trois journalistes français et les hôtesses de l’air. Bravo et merci pour eux. Même si l’on peut ironiser sur le fait que le chef de l’Etat, omniprésent, joue ainsi personnellement les « stewarts » dans l’avion du retour. En communication, c’est le geste qui compte le plus. Et le Président tchadien a dû apprécier cette (première) attention qui sera suivie par d’autres, notamment en février lors d’une visite officielle annoncée avec opportunité.

Nous n’avons pas encore pris la pleine mesure des dégâts provoqués par le scandale de « l’Arche de Zoé ». Sur plus d’un terrain et à plus d’un niveau…En France, en Afrique et ailleurs. A  court terme, le sort des personnes encore retenues par les autorités tchadiennes et, surtout, des enfants au cœur de cette affaire n’est pas réglé. Mais ce ne sont pas là les seuls drames humains à soulager.

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03/11/2007

Europe: Sécurité, Liberté, et migrations...

L’Europe face à des vrais problèmes de sécurité liés aux migrations au sein de l’Union européenne : La quadrature du cercle…

DECRYPTAGE RELATIO : L'Europe face au défi de l'immigration, ce n'est pas nouveau. Mais ujourd'hui, ce sont les migrations à l'intérieur de l'Union qui posent problèmes et soulèvent émotions...Nous sommes loin des fantasmes et des mensonges sur le "plombier polonais"... Dans l’Union européenne, le nombre d'immigrés en situation régulière était de 3,7 millions en 2006, soit 6,2 % de la population . Mais combien sont-ils en situation irrégulière ?Tous les chiffres sont contestés : comment compter ce qui est « illégal » ou « clandestin » ? Tentons de faire le point.

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29/10/2007

L'Europe face au scandale de L'Arche de Zoé: Un trouble français...

DECRYPTAGE RELATIO: Que s’est-il passé au juste au Tchad  « l’Arche de Zoé » ? Difficile de démêler  les fils, de percer les nuages de mystères, de clarifier les choses… Mais une chose est sûre : Les déboires  de l'ONG française tombent au pire moment pour le gouvernement de Sarkozy.

>>>D’abord, il va  devoir, d’une façon ou d’une autre,  justifier son action - ou son inaction. Le président tchadien, Idriss Déby, parle d'"enlèvement pur et simple", Paris aurait, dit-on, "tout fait" pour tenter d'empêcher cette opération "illégale et irresponsable" que constituait la tentative d'évacuation de 103 enfants africains à bord d'un Boeing 757, de l'aéroport d'Abéché, dans l'est du Tchad.

Comme le note Le Monde, « cette explication est peut-être un peu trop simple ». Le " peut-être" est gentil…Et pour l'heure, des clarifications laissent trop de questions sans réponse, dont une, essentielle : quelles sont les aides, les soutiens, les complicités, dont L'Arche de Zoé a pu bénéficier au Tchad, y compris du côté des militaires français de la force Epervier ? C’est grave. Très grave. 

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La secrétaire d'Etat française aux droits de l'homme, Rama Yade (photo), a expliqué, dimanche 28 octobre, que Paris avait depuis des mois tiré la sonnette d'alarme à propos des activités de L'Arche de Zoé. Ah, bon ! Et comment, auprès de qui ?

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24/10/2007

En relief sur RELATIO

Les populismes européens en débat

>>> « Vous avez dit « populiste ? », par Daniel RIOT

>>>  Le dossier d’euro/topics  

A LIRE AUSSI:

>>> Traité de Lisbonne : Polémique avec un Noniste, par Daniel RIOT 

>>>  La Pologne nouvelle accepte la Charte des droits fondamentaux

>>> Tests adn : le coup de gueule du New-York Times

>>> Suisse :Le triomphe de Blocher

 

18/07/2007

Dans LE MONDE: La CNIL au bord de la crise, par Michel Alberganti

La faiblesse des moyens de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) devient d'autant plus préoccupante que les technologies susceptibles de porter atteinte à la vie privée se multiplient. Le cri d'alarme du sénateur du Nord Alex Türk (non-inscrit), président de la CNIL depuis 2004, prend des accents à la fois pathétiques et dérisoires. Les chiffres sont sans appel : lorsque ses homologues allemande et anglaise disposent respectivement de 400 et 270 personnes, la CNIL comptera 100 employés à la fin de l'année. La France se classe ainsi parmi les trois derniers des pays européens. M. Türk demande au gouvernement le doublement de ses salariés... d'ici cinq ans, "afin de rejoindre le peloton de la moyenne européenne", indique-t-il.

S'il l'obtient, ce doublement des effectifs permettra-t-il à la CNIL de remplir son rôle ? Son président rappelle que, pendant la campagne électorale, Nicolas Sarkozy s'était prononcé pour une augmentation des moyens de la Commission. Mais M. Türk ne sous-estime-t-il pas lui-même ses besoins ? Le "plan de rattrapage", présenté en mars 2005 par le premier ministre Jean-Pierre Raffarin, prévoyait une augmentation des effectifs de 10 personnes par an sur la période 2006-2009. Deux ans plus tard, Alex Türk demande à passer à 20 par an... "Le problème, c'est que nous partons de très bas", reconnaît-il.

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La CNIL, créée par la loi du 6 janvier 1978 sur l'informatique, les fichiers et les libertés, révisée en 2004, semble de plus en plus inadaptée à ses missions. Au cours des trente dernières années, l'informatique s'est glissée dans la plupart des activités quotidiennes. "Nous intervenons aujourd'hui dans tous les domaines", note M. Türk. Le développement d'Internet, de la biométrie, de la géolocalisation et de la vidéosurveillance fait exploser le nombre de réclamations. Le 31 mai, le Conseil consultatif national d'éthique (CCNE) a dénoncé la généralisation de la biométrie et appelé au renforcement du statut et des moyens de la CNIL afin de mieux lutter contre ses dérives.

En 2006, outre l'enregistrement de près de 74 000 traitements de données nominatives, sa première mission, la CNIL a reçu 1 600 demandes d'accès aux fichiers du système de traitement des infractions constatées, le fameux STIC. "Au 1er juillet, nous avons déjà atteint le même niveau", constate M. Türk, qui révèle un retard de traitement de 3 000 demandes. La CNIL se retrouve à la merci de la moindre vague d'inquiétude. Ainsi, au début de l'année, les déboires de l'ex-dirigeant de Greenpeace Bruno Rebelle avec les renseignements généraux ont conduit à la multiplication des demandes d'accès aux fichiers, de la part d'hommes politiques et de journalistes. "Nous sommes totalement débordés, résume M. Türk. Nous allons inévitablement rater quelque chose, et, un jour ou l'autre, on nous reprochera de ne pas avoir été assez vigilants."

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Le pire est que la situation de la CNIL pourrait, ou devrait, être encore plus difficile : la Commission estime qu'à peine un tiers des Français sont conscients des problèmes de libertés individuelles posés par le développement des technologies de fichage. Les jeunes font massivement partie des deux tiers d'inconscients. Pour inverser cette tendance, la CNIL reconnaît qu'il faudrait développer l'information du public, voire lancer des campagnes de publicité. "Nous n'en avons pas les moyens", constate son président, qui précise que le budget de communication de la Commission ne dépasse pas les 150 000 euros, quand son homologue anglaise lui consacre... l'équivalent de 3 millions d'euros. Ainsi, en France, il ne semble même pas possible de connaître le nombre exact de caméras de surveillance installées.

Dans ce contexte, une forme d'autorégulation se dessine. Incapable de diffuser largement l'information nécessaire à une prise de conscience, la Commission évite de facto de déclencher une vague de demandes qu'elle ne pourrait pas satisfaire. Cette situation absurde a permis de faire illusion, en évitant la crise ouverte. Parfois de justesse, comme en 2006, où un amendement a amputé de moitié son maigre budget de fonctionnement (3,5 millions d'euros en 2007) avant d'être retiré. Mais les effets pervers se font déjà sentir.

"SOCIÉTÉ DE SURVEILLANCE"

Faute d'une pression suffisante de la CNIL, institutions et organismes publics, aussi bien qu'entreprises, font souvent l'impasse sur les mesures de protection des données personnelles. En 2006, la Commission a effectué 127 contrôles, contre près de 700 pour son homologue espagnole.

En marge des conflits individuels, deux exemples touchant des millions de personnes illustrent cette dérive. En 2006, le nouveau passeport biométrique et le passe Navigo ont été mis en service. Malgré cette introduction massive d'une toute nouvelle technologie - les puces radiofréquences (RFID), qu'il est possible de lire à distance -, aucun débat public n'a accompagné ce lancement. Résultat, le nouveau passeport français est plus vulnérable au piratage que son homologue américain, protégé par une feuille métallique. Quant au passe Navigo, qui doit définitivement remplacer la carte orange magnétique en septembre, il n'est pas accompagné de la moindre information claire des usagers, alors que la date, l'heure et le lieu des entrées et sorties des usagers du métro parisien sont enregistrés et conservés pendant une durée limitée à 48 heures. Grâce à l'intervention de la CNIL, le Vélib', vélo en libre-service, qui a démarré le 15 juillet, est "tracé" de la même manière.

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Sur le plan international, la Commission reconnaît son échec, avec ses homologues européennes, dans le dossier des données sur les passagers aériens (PNR). Un nouvel accord, qui entre en vigueur le 1er août, se plie aux exigences de la surenchère américaine. Les négociations sur l'accès aux informations européennes sur les transferts de fonds (Swift) conduisent à un bras de fer entre l'Europe et les Etats-Unis, dont l'issue risque fort d'être identique.

M. Türk stigmatise l'avènement d'une "société de surveillance" et craint un "endormissement" collectif sur les libertés. Cette analyse ne provoque guère de réactions, comme si, de fait, le 11-Septembre avait anesthésié toute velléité de réguler des mesures sécuritaires toujours plus contraignantes. La balle est dans le camp du citoyen. Lui seul peut justifier le renforcement des moyens de la CNIL. Il lui suffit de faire appel à ses services. Au rythme actuel, il faudrait plus de sept mille ans pour que les 23 millions de personnes fichées dans le STIC accèdent aux informations personnelles qui les concernent et les vérifient.

Michel Alberganti
Article paru dans l'édition du 19.07.07.du MONDE

a propos de l'antisémitisme, par Monette Bohrmann

Que signifie "être plus fidèle à Israël qu'à leur propre pays"? Un juif d'Europe y est depuis 2000 ans quand Rome l'a fait quitter la Judée. Il est depuis Français, Allemand, Italien etc., de religion juive et reste sensible à Israël comme un Catholique reste sensible au Vatican.

Les Juifs ont "probablement" un trop grand rôle dans le monde des affaires.
Relier le Juif à l'argent existe depuis le Moyen âge. Il me semble important de citer l'abbé Grégoire un député du Clergé aux Etats Généraux de 1789, élu à la Convention et qui contribua à faire voter les décrets accordant les droit civiques et politiques aux Juifs et à l'abolition de l'esclavage . Dans son "Essai sur la régénération physique, morale et politique des Juifs, 1788. Il écrit :
"En interdisant au Juif l'exercice des arts et métiers, les gouvernements ont limité l'objet de son travail, lié ses bras et par là l'on forcé à devenir commerçant
Etre commerçant correspond donc à la situation économique des Juifs au Moyen Age. La solution pour vivre était donc de faire du commerce, ne pouvant acquérir une terre pour être cultivateur ou élever des animaux.

"responsables de la mort du Christ". Réalités de l'époque : le Christ était un Juif qui troublait le quotidien et ce sont les Romains, dirigeant la région, qui l'ont crucifié. Les Romains utilisaient la crucifixion (ce qui est impensable dans le judaïsme) comme peine de mort pour ceux qui n'avaient pas le statut de citoyen. Puis Jésus devint le Christ ce qui signifie "Messie", concept du monde juif à l'époque et qui persiste.

L'antisémitisme existe toujours
Le 16 aout 2006 fut écrit à l'extérieur des boites à lettre d'une maison de l'Esplanade à Strasbourg :
- Juifs assassins sinon complices.
et dans l'entrée à côté
- Méfiés vous des Juifs.
Le 11 octobre 2006 est marqué sur le mur du dispensaire du centre Neuro Chimie de Strasbourg :
- ISRAEL PUTE

à quand le respect de l'Autre "l'amour du prochain"?

Monette Bohrmann

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