19/07/2007

CLEARSTREAM: UN DOSSIER QUI EVOLUE

aedc9162462ff1be4d461a19ea9ee21e.jpgGergorin confirme les notes de Rondot impliquant Chirac

Entendu mercredi, l'ex-vice-président d'EADS a confirmé devant les juges le contenu de notes inédites du général mettant en cause Dominique de Villepin et l'ancien président.

 

L'ancien vice-président d'EADS, Jean-Louis Gergorin

L'ancien vice-président d'EADS, Jean-Louis Gergorin (Sipa)

L'ex-vice-président d'EADS Jean-Louis Gergorin a confirmé mercredi devant les juges le contenu de notes inédites du général Philippe Rondot mettant en cause Dominique de Villepin et Jacques Chirac, a indiqué jeudi 19 juillet à l'AFP une source proche du dossier.
1bf27b3522605e6c92691411ff8e66b6.jpgJean-Louis Gergorin a été entendu mercredi pendant près de 12 heures par les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, chargés du dossier Clearstream, dans les locaux du pôle financier de Paris. Cette audition, suspendue mercredi vers 23H00, doit reprendre vendredi après-midi.
L'ex-vice président d'EADS a confirmé devant les juges les déclarations du général Rondot sur le rôle qu'aurait joué l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin dans cette affaire et mis directement en cause Jacques Chirac, a indiqué cette source proche du dossier confirmant une information du Monde, daté de vendredi.
Les juges d'Huy et Pons ont convoqué l'ancien Premier ministre le 27 juillet en vue de sa mise en examen notamment pour "complicité de dénonciation calomnieuse".

"C'est une instruction du président"

952aa27ab1427c840661b8a8804ab83a.jpgDans une note du 26 mai 2004, Philippe Rondot relatait un entretien avec Jean-Louis Gergorin, le 4 mai 2004, où celui-ci aurait affirmé "avoir reçu des instructions de Dominique de Villepin, huit jours auparavant, de 'parler au juge van Ruymbeke'".
Selon une source proche du dossier, Jean-Louis Gergorin a confirmé durant son audition que Dominique de Villepin lui avait bien demandé, courant mai 2004, de saisir un juge en lui précisant: "C'est une instruction du président de la République".
Selon une autre source proche du dossier, Jean-Louis Gergorin a cependant déclaré aux juges que Dominique de Villepin était à ce moment-là convaincu, comme lui-même, de la véracité des listings (à l'origine de cette dénonciation, ndlr), dont l'enquête judiciaire a par la suite démontré la fausseté.
En mai et juin 2004, le juge Renaud Van Ruymbeke avait reçu des lettres anonymes accompagnées de listings financiers accusant faussement des personnalités, dont Nicolas Sarkozy, de détenir des comptes occultes à la société financière Clearstream.

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Fiche Wikipedia sur l'affaire Clearstream 2

Biographie de Dominique de Villepin

Une biographie de Philippe Rondot avec le texte intégrale d'une de ses dépositions

Un récit de l'affaire Clearstream

Le site officiel de Clearstream (en anglais)

Le juge Renaud Van Ruymbeke sur le rôle de Nicolas Sarkozy dans le scandale

Traduction d'un article de The Independent sur la guerre Chirac/ Sarkozy

Un extrait du livre "Règlement de comptes à l'Elysée"

Jacques Chirac refuse de témoigner dans l'affaire Clearstream

L'affaire Clearstream 1 et PanEuroLife, justice française et luxembourgeoise

b99890171f4983d578038dfe9b8b4f9f.jpgSUR LE SITE DU NOUVELOBS.com

 

Imad Lahoud dit ne pas connaître le rôle des politiques

Chronologie

Mise en examen de Villepin: possible mais difficile

Le général Rondot dit avoir voulu détruire ses notes

Les notes du général Rondot

3 questions à... Denis Robert: "Je ne crois pas à la sincérité de Lahoud" 

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RAPPEL: QUELQUES PROTAGONISTES DE L'AFFAIRE

f80c09b4ad3c40c321f65ea4826a85c8.jpgPhilippe Rondot, 69 ans, est général de division. Il a mené sous plusieurs gouvernements une longue et discrète carrière dans le renseignement. Cet officier parachutiste était entré trois ans après sa sortie de Saint-Cyr en 1965 au Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (Sdece), devenu la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Il avait rejoint la Direction de la surveillance du territoire (DST, service de police) en 1980. Le général Rondot a joué un rôle déterminant dans la libération d'otages français à Beyrouth en 1986, dans celle de la famille Valente en Lybie en 1990 et dans l'accueil en France du général chrétien libanais Michel Aoun, réfugié pendant près d'un an à l'ambassade de France à Beyrouth. Il s'était fait connaître en capturant le terroriste Carlos en août 1994 au Soudan.
Il a quitté fin 2005, à sa demande, le ministère de la Défense où il était chargé, depuis 1997, de la coordination des services de renseignements et des opérations spéciales.

 

Nommé à ce poste par le ministre socialiste de la Défense Alain Richard, il y avait été maintenu par Michèle Alliot-Marie. Ses archives privées ont été déposées au Service historique de la défense à Vincennes.
Dans l'affaire Clearstream: le général Rondot a affirmé aux juges qu'il avait été chargé dès janvier 2004 par Dominique de Villepin, alors ministre de l'Intérieur, et sur "instructions" de Jacques Chirac d'une enquête sur les soupçons de corruption pesant sur Nicolas Sarkozy. Soit plusieurs mois avant que le "corbeau" n'envoie des listes au juge Van Ruymbeke.

Pierre Bousquet de Florian, 51 ans, un proche de Jacques Chirac, a pris les rênes de la DST (Direction de la surveillance du territoire), le contre-espionnage, en juillet 2002. Enarque issu d'une famille protestante du Saumurois, il avait eu jusque-là une carrière de haut fonctionnaire dans la préfectorale, marquée par un poste de conseiller technique chargé de l'Outre-mer et de l'aménagement à l'Elysée de 1995 à 1998. Il a été parallèlement, de 1997 à 1999, représentant personnel en Andorre du chef de l'Etat, co-prince d'Andorre.
Il fut aussi, de 1986 à 1988, chef de cabinet du ministre de la Justice Albin Chalandon.
Dans l'affaire Clearstream: Redevenu ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy lui reproche d'avoir enquêté sur ses prétendus comptes occultes et d'avoir conclu à une manipulation sans l'en informer. Entendu par les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons en janvier 2005, Pierre Bousquet de Florian avait évoqué un simple "recueil de renseignements" dans cette affaire.

Jean-Louis Gergorin, 60 ans, a été vice-président exécutif du groupe européen de l'aéronautique EADS. Il est un polytechnicien et énarque, proche de Dominique de Villepin qu'il a rencontré au Quai d'Orsay, où il a dirigé de 1979 à 1984 le centre d'analyse et de prévision. C'est aussi dans cette fonction qu'il a connu Philippe Rondot.
Cet homme a ensuite rejoint le groupe Matra comme conseiller pour la stratégie industrielle de Jean-Luc Lagardère, avant de passer à EADS.
Dans l'affaire Clearstream: Soupçonné d'être le corbeau qui a alimenté au printemps 2004 les juges chargés de l'enquête sur les ventes de frégates à Taïwan en livrant des listes et des numéros de comptes occultes et en citant notamment Nicolas Sarkozy, il a vigoureusement nié. Et mis ces accusations sur le compte d'"un petit groupe de lobbyistes qui veut changer le management d'EADS".

Imad Lahoud, 40 ans, est un informaticien qui a débuté sa carrière en gérant les fonds de riches familles arabes. Il est le gendre de l'ancien directeur adjoint de cabinet de Jacques Chirac à Matignon en 1974, François Heilbronner. Son parcours a été interrompu par trois mois de détention provisoire pour une escroquerie bancaire mise à jour en 2002 dans laquelle est aussi impliqué son beau-père.
Début février 2003, ce spécialiste en cryptographie collabore ponctuellement avec la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) pour lutter contre le financement du terrorisme mais cette collaboration prend rapidement fin, fin mai.
Jusqu'à juin 2004, il travaille aux côtés du général Philippe Rondot, chargé au ministère de la Défense de la coordination des services de renseignements et des opérations spéciales.
Il est alors recruté par Jean-Louis Gergorin à EADS où il est maintenant directeur scientifique.
Dans l'affaire Clearstream: Imad Lahoud a été soupçonné d'être un (ou un des) corbeau(x). Il aurait récupéré en mars 2003 des listings de comptes de Clearstream auprès du journaliste Denis Robert.

96bef0c854bddda953a9acdb96b21a44.jpgDenis Robert, 48 ans, est écrivain. Il a été journaliste à Libération pendant douze ans, révélant notamment l'affaire Longuet. Il vit à Metz. Il est l'auteur d'essais sur Clearstream ("Révélation$" et "La boîte noire" aux éditions Les Arènes) ainsi qu'un documentaire "Les Dissimulateurs", réalisé avec Pascal Lorent. Ses accusations sur l'opacité de Clearstream lui ont valu de nombreuses poursuites.
Denis Robert a aussi participé à "l'Appel de Genève" contre les paradis bancaires, aux côtés de magistrats comme Bernard Bertossa et Renaud Van Ruymbeke.
Dans l'affaire Clearstream: Il a dit aux juges d'instruction avoir remis en 2003 et devant témoin des fichiers informatiques de clients de Clearstream à Imad Lahoud qui l'avait contacté pour une mission de la DGSE sur le financement du terrorisme. Denis Robert espérait que les talents d'Imad Lahoud lui seraient utiles pour décrypter ces listes. Mais les deux hommes ont "rompu les ponts".
Dans son dernier livre "Clearstream, l'enquête", il affirme que sa source et celle d'Imad Lahoud sont la même personne: Florian Bourges, un ex-auditeur d'Arthur Andersen chez Clearstream.

5936ebdf99910ea57c3562164408e2c4.jpgRenaud Van Ruymbeke, 53 ans, magistrat, est juge d'instruction au pôle financier de Paris. Sorti en 1977 de l'Ecole nationale de la magistrature, il apparaît sur le devant de la scène en s'attaquant au ministre du Travail de Valéry Giscard d'Estaing, Robert Boulin, alors mêlé à l'achat suspect d'un terrain à Ramatuelle. Il travaillera également entre 1997 et 2000 sur le meurtre de Caroline Dickinson. "RVR" a mené l'instruction de plusieurs affaires politico-financières, comme par exemple l'affaire Urba, l'affaire des frégates de Taiwan et, initialement, l'affaire "Clearstream 2".
Signataire en 1996 de "l'appel de Genève", il a rejoint en avril 2000 le pôle financier de Paris où il a clos l'affaire Elf. Il devait quitter ce pôle financier en septembre 2006 pour la cour d'appel de Paris.
Dans l'affaire Clearstream: Renaud Van Ruymbeke avait accepté de rencontrer en avril 2004 Jean-Louis Gergorin, vice-président d'EADS, qui avait des "révélations" à faire mais disait craindre pour sa vie, au cabinet de son avocat. Quelques jours après cette rencontre informelle, le magistrat a reçu une première lettre anonyme dénonçant l'existence de comptes chez Clearstream appartenant à des industriels qui auraient touché des commissions occultes en marge de la vente des navires de guerre.

Florian Bourges, 30 ans, faisait partie d'une équipe de 35 auditeurs du cabinet Arthur Andersen qui a travaillé pour Clearstream après la parution en 2001 du livre de Denis Robert, "Révélation$".
Selon Denis Robert, Florian Bourges va passer trois mois à Luxembourg et "trouver énormément d'anomalies sur le système de la société financière internationale". Ses rapports seront ignorés par sa hiérarchie.
Il prend alors contact avec l'écrivain, qui recevra un fichier de 33.000 noms de comptes chez Clearstream. Florian Bourges devient la source désignée sous le pseudonyme "Jonas" dans "La Boîte Noire", le deuxième livre de Denis Robert sur Clearstream.
Dans l'affaire Clearstream: Denis Robert estime qu'Imad Lahoud, l'ex-informaticien d'EADS qui a transmis des listings au n°2 du groupe Jean-Louis Gergorin (le "corbeau"), a réussi à convaincre Florian Bourges de lui remettre ces documents au titre de sa mission anti-terroriste pour la DGSE. Pour y rajouter des noms par la suite, dans le cadre d'une manipulation montée contre des industriels de la défense. Sur les conseils de Denis Robert, l'ancien salarié d'Arthur Andersen s'est rendu en octobre 2004 au cabinet du magistrat, où il a constaté que les listings étaient quasiment identiques à ceux qu'il avait transmis à Imad Lahoud. Plusieurs dizaines de noms, notamment d'hommes politiques, avaient cependant été ajoutés.

dbebf1208e9e08a0f97adbb2caa49459.jpgThibault de Montbrial, 37 ans, avocat spécialisé dans le droit pénal en matière financière.
Il s'est fait connaître en 1998 en assurant la défense du patron de Festina, Bruno Roussel, dans l'affaire du dopage lors du Tour de France. Il sera plus tard l'avocat de la compagnie américaine SCA, assureur de Lance Armstrong.
Il est aussi apparu dans les dossiers Elf, dans la défense de policiers et des gros dossiers boursiers. Thibault de Montbrial a ainsi été l'avocat d'une assistante de William Lee, personnage central de l'affaire de la tentative de déstabilisation de Matra par Thomson, entre 1992 et 1997. Plusieurs anciens dirigeants de Thomson-CSF, dont l'ex-PDG Alain Gomez, étaient poursuivis. Les autres prévenus étaient deux cadres de Thomson-CSF, deux avocats et deux secrétaires ayant travaillé pour William Lee, ainsi qu'un petit actionnaire de Matra. Cette affaire s'est conclue par la relaxe générale des prévenus en février 2006.
Dans l'affaire Clearstream: En avril 2004, l'avocat avait organisé une rencontre entre Jean-Louis Gergorin et le juge Van Ruymbeke. Certains accusent aujourd'hui Me de Montbrial d'avoir personnellement remis au juge la première lettre du corbeau dans l'affaire Clearstream. Un fait que l'avocat nie.
Son cabinet a été perquisitionné par les juges Pons et d'Huy le 11 mai.
Thibault de Montbrial est le fils de Thierry de Montbrial, l'ancien directeur du Centre d'études de politique étrangère où travaillait Jean-Louis Gergorin dans les années 80. Thierry de Montbrial qui est également éditorialiste au Monde, à l'origine de nombre de révélations dans l'affaire Clearstream

CE QU'EST CLEARSTREAM

Clearstream est une chambre de compensation internationale située au Luxembourg et spécialisée dans l'échange de titres. Il s'agit maintenant de la division compensation de Deutsche Börse.

C'est elle qui est au centre de deux affaires politico-financières : l'affaire Clearstream 1 et l'affaire Clearstream 2.

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