24/06/2007
Droits de l'Homme en Chine: Un Document de "Rue59" accablant et révoltant
"Nous nous agenouillons
devant le pouvoir.
Sauvez nos enfants!"
photo Rue89Rue89 publie un document fort et émouvant. Alors que l'affaire de ces jeunes Chinois réduits en esclavage dans des briqueteries du centre de la Chine n'en finit pas de faire des vagues, les 400 pères d'enfants disparus, dont la déclaration publique a été à l'origine de la découverte du scandale, ont publié cette semaine un deuxième appel à l'opinion et au gouvernement.
Lisez ce texte (diffusé sur l'Internet, mais qui a été edulcoré dans les médias chinois), dont la traduction a été assurée par un internaute de Rue89. Ce document publié ici intégralement en dit plus long que tout sur la vie quotidienne d'une partie du peuple en Chine, sur l'attitude des autorités locales et de la police, complices de ces formes extrêmes d'exploitation.
Et, comme je tentais de l'expliquer dans mon précédent post sur le sujet, sur la difficulté pour le gouvernement central de faire respecter son autorité ou tout simplement la loi, lorsque les autorités locales ne pensent qu'à mettre la population en coupe réglée et à s'associer aux secteurs les plus mafieux de la société.
"Le sauvetage s'est bien déroulé"
"Nous sommes les malheureux pères, nos enfants sont kidnappés et sont forcés de travailler dans des briqueteries clandestines. Le 5 juin, nous avions publié un texte titré "Qui va sauver nos enfants - le cri de 400 pères". Nous espérions faire parvenir ce message jusqu'au pouvoir central par le biais de l'Internet, pour attirer l'attention des dirigeants.
"Cette lettre a été diffusée par plusieurs sites, nous avons eu des soutiens moraux de la part des personnes de bon coeur de tous les milieux. Les principaux médias ont aussi rapporté et dévoilé cette affaire. Et même le sommet du Parti y a attaché beaucoup d'importance. Le secretaire général du parti, le Président Hu Jintao, et le premier ministre, Wen Jiabao, ont aussi donné des instructions importantes. Le vice-président du Syndicat national, Zhang Mingqi, a dirigé une équipe pour superviser le travail de sauvetage.
"La province du Shanxi a enfin clarifié son attitude, chaque niveau de la hiérarchie gouvernementale a pris la décision d'interdire les briqueteries clandestines, et de sauver les travailleurs piégés. La police de la province du Henan a concu un plan de sauvetage trans-provincial en même temps que l'arrestation des trafiquants d'êtres humains.
"Grâce aux instructions des dirigeants, et à la surveillance du public, le sauvetage s'est bien déroulé et a progressé pendant deux semaines: 370 travailleurs ont été sauvés. L'inspecteur qui participait à la vente d'enfants a été puni sévèrement: il a été exclu de son poste et a subi une baisse de salaire de deux niveaux. Le secrétaire du Parti du village Caosheng, dont le fils tenait une briquetterie, a été aussi suspendu de la fonction et exclu du parti communiste.
"Nous ne pouvons nous sentir soulagés"
"Cette affaire s'est achevée sur un plein succès. Nos responsables proclament que le travail de sauvetage se poursuit, et qu'ils ne laisseront tomber aucun travailleur piégé. Malgré tout, nous ne pouvons pas nous sentir soulagés. Quand nous voyons des discussions vagues dans certains médias, nous nous sentons encore plus tristes et désespérés. Dans ce pays de l'"harmonie", nous ne sentons pas le respect de la vie et des droits de l'homme.
"Le 11 juin, quand tous les médias explosaient sur ce sujet, nous, 800 parents d'enfant disparus, cherchions encore dans la ville de Yuncheng. Des patron de briqueteries nous ont menacés: "Ne rentrez pas chez nous, sinon nous vous tuons." Nous nous sommes adressés à la police locale. Un policier (immatriculé 092703) nous a accompagnés pour poursuivre la recherche.
"Mais, par hasard, nous avons rencontré sur la route Yue Xishan, le propriétaire d'une briqueterie. Il conduisait une voiture immatriculée JINOM1061. Il s'est adressé au policier sur le ton du reproche: "Pourquoi laisses-tu ces gens-là dans ta voiture? Fais les descendre tout de suite." Sous la menace de Yue, le policier nous a expulsés de sa voiture.
"Nous avons accumulé beaucoup de preuves"
"Le matin du 12 juin, nous avons sauvé difficilement 23 enfants par nous même. Quand nous les avons conduits à la police pour avoir le permis de les ramener avec nous, les policiers nous l'ont refusé tout net. Ils ne voulaient même pas nous donner les coordonnées des autres parents. Ils nous ont juste donné un engagement oral - "nous allons les envoyer chez eux". Mais, nous ne savons pas où ils vont les envoyer.
"Pendant deux mois de recherche, nous avons accumulé beaucoup de preuves, nous avons vu des milliers de briqueteries, dans la plupart, les travailleurs sont des adolescents. Rien que dans la ville de Yuncheng, il y a 1000 briqueteries. Et dans la province du Shanxi? Combien d'enfants leurs propriétaires ont-ils exploité? On peut faire un calcul. Ils nous ont accusé de répandre des fausses rumeurs pour tromper le public.
"Mais les éléments filmés par les chaines de télévision et les blessures sur le corps des enfants sont des preuves dures comme du fer. Nous voulons demander: qu'est devenu cet enfant esclave de 8 ans qui était dans le reportage de la télévision? Et celui qui pleurait devant la caméra, qui voulait partir avec nous, mais a été stoppé par la police locale nous en disant qu'"il n'est pas votre enfant, il ne peut pas partir"? Où sont ils maintenant? La province du Shanxi peut-elle nous donner une explication?
"Le 4 juin, un enfant, Yuan, incité par un chef d'usine, a téléphoné à son père pour qu'il envoie une rançon de 35000 yuans (3500 euros environ). Ce coup de téléphone est bien une preuve. Avec les moyens dont dispose la police, elle aurait pu l'identifier et le localiser. Il y a encore Kang, Chai, Yang, ces trois enfants sont encore tous au Shanxi.
"Quand pourrons-nous revoir nos enfants?"
"Mais pourquoi, alors que l'action de sauvetage va bientôt terminer, ne les a-t-on pas encore trouvés? Quand pourrons-nous revoir nos enfants? Des patrons de briqueteries ont brulé toutes les traces d'esclavage avant l'arrivée de l'inspection centrale. Nous nous inquiétons pour le sort de ces milliers d'enfants, ils pourraient être les témoins d'actes sanglants. Ont-ils été assassinés?
"Nous ne sommes que des gens humbles, nous ne voulons pas dénigrer notre pays et notre Parti. A tel point que quand il y a des médias étrangers qui voulaient nous interviewer, nous avons refusé, même si nous avons besoin de parler. Nous ne voulions pas dénigrer notre pays. Sans enfant, nos familles sont brisées. Où est la loi?
"Aux autorités, nous demandons: quand vous camouflez tous ces crimes, c'est pour la stabilité de la société ou pour créer des catastrophes? Vous êtes insensible au sort des enfants? Comment allez vous faire face avec ces âmes innocentes? Comment allez-vous répondre à votre coeur? La découverte des cas d'esclavage à Hongtong n'est qu'une partie de la vérité. Il y a encore des milliers de vies menacées. Nous nous agenouillons devant notre gouvernement, Sauvez nos enfants!"
A LIRE ET A VOIR AUSSI: La révolte verte de Xiamen bouscule le pouvoir chinois>>>>>>>>>>>>
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UN REPORTAGE PHOTO POIGNANT, SUR RUE 89 également
Photo Céline Anaya GautierEn République dominicaine,
aussi:
Sous la plage, l'esclavage

REPERES SUR L'ESCLAVAGE>>>>>>>>>>>>>>

L'ESCLAVAGE AUJOURD'HUI
Beaucoup de gens, quand ils entendent le mot « esclavage », pensent à des personnes achetées, vendues, transportées d'un continent à l'autre, et au fait que l'esclavage a été aboli au début du XIXème siècle. Même quand nous ne savons rien de la traite des esclaves, nous considérons qu'elle appartient à une époque révolue. Ce n'est pas le cas : l'esclavage existe encore AUJOURD'HUI.
Dans le monde entier, des millions de femmes, d'enfants, d'hommes, sont contraints à mener une vie d'esclave. Ils sont exploités dans des conditions qui s'apparentent à l'esclavage, même si l'on n'utilise généralement pas ce terme. Ils sont en effet vendus comme des objets, forcés à travailler pour peu d'argent, voire pour rien du tout, et se trouvent à la merci de leur
« employeur ».
Dans la plupart des pays où l'esclavage est pratiqué, il est officiellement illégal ; cela ne l'empêche pas d'exister. L'esclavage est également interdit par la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, la Convention supplémentaire de l'ONU relative à l'abolition de l'esclavage, de la traite des esclaves et des institutions et pratiques analogues à l'esclavage de 1956. En Europe de l'Est, des femmes sont forcées de se prostituer ; en Afrique de l'Ouest, des enfants font l'objet de trafic entre différents pays ; au Brésil, des hommes sont contraints à travailler comme esclaves dans les grands domaines. L'esclavage d'aujourd'hui a de multiples visages et ses victimes sont très diverses, par leur âge, leur sexe ou leur origine ethnique.

Qu'est-ce que l'esclavage ?
Il existe un certain nombre de caractéristiques qui distinguent l'esclavage d'autres formes de violation des droits de l'homme. Elles sont les suivantes :
-
un esclave est forcé de travailler, sous la menace de sévices corporels ou psychologiques,
-
un esclave est la propriété d'un « employeur », ou sous sa coupe, et maintenu dans cette relation de dépendance par des sévices, ou menaces de sévices, corporels ou psychologiques,
-
un esclave n'est plus traité comme un être humain, mais comme une marchandise, et acheté ou vendu comme tel,
- un esclave se voit imposer des entraves physiques ou voit sa liberté de mouvement restreinte d'une autre façon.
Quelles formes d'esclavage existent aujourd'hui ?
La servitude pour dettes touche au moins 20 millions de personnes dans le monde. Comment en sont-elles devenues victimes ? Par exemple parce qu'elles n'ont pas d'argent pour acheter un médicament à leur enfant malade, et qu'elles doivent donc en emprunter, quelquefois convaincues par de fausses promesses. Pour le rembourser, elles seront contraintes à travailler de longues journées, sept jours par semaine, 365 jours par an. En guise de
« rémunération », elles reçoivent gîte et couvert, mais quelquefois n'arrivent jamais à éponger leur dette, qui peut alors être transmise aux générations suivantes.
Le travail forcé : Des personnes sont recrutées dans l'illégalité par des Etats, des partis politiques ou des particuliers, et forcées à travailler pour eux, généralement sous la menace de sévices ou d'autres punitions.
Les pires formes de travail des enfants : Il s'agit d'enfants qui travaillent dans des situations dangereuses ou impliquant exploitation. Des dizaines de millions d'enfants dans le monde travaillent à plein temps, et sont donc privés d'éducation comme de loisirs, pourtant essentiels à leur épanouissement personnel et social.

L'exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales : Les enfants font l'objet d'une exploitation commerciale dans le cadre de prostitution, de trafic, de pornographie. Fréquemment, ils sont enlevés, achetés, forcés à se prostituer.
La traite : Le déplacement ou le commerce des êtres humains, généralement des femmes ou des enfants, à des fins commerciales, par la force ou la ruse. Ce sont souvent les femmes migrantes qui sont ainsi forcées à travailler comme employées de maison ou comme prostituées.
Le mariage précoce ou forcé : Des femmes ou des jeunes filles sont mariées sans leur consentement, et forcées à vivre en état de servitude, faisant souvent l'objet de sévices corporels.
L'esclavage traditionnel : Des personnes sont achetées et vendues. Elles sont souvent enlevées de leur foyer, peuvent être héritées ou données en cadeaux.
A VOIR (en anglais) >>>>>>>>
A LIRE ESCLAVES, ENCORE....>>>>>>>>>>

Lutte contre la traite des êtres humains :
prévention, protection et poursuites,
Erevan, 5-6 septembre 2007
Le huitième séminaire d’information et de sensibilisation dans le cadre de la campagne du Conseil de l'Europe, organisé à Erevan (Arménie) les 5 et 6 septembre 2007, réunira une centaine de participants venant d’Arménie, d'Azerbaïdjan, de Belgique, de Bulgarie, de Croatie, de Géorgie, de Roumanie, de la Fédération Russe et de Turquie.
Des rapporteurs/euses du Conseil de l’Europe et des fonctionnaires nationaux, expert(e)s en droits de l'homme et en matière pénale et de poursuites, ainsi que des représentant(e)s d’ONG nationales pertinentes, présenteront et examineront des mesures et des actions de lutte contre la traite prises au plan national, à la lumière des principales dispositions de la Convention du Conseil de l'Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains.
Le séminaire est organisé par la Division du Conseil de l'Europe pour l’égalité entre les femmes et les hommes et la lutte contre la traite de la Direction générale des Droits de l’homme et des affaires juridiques, en collaboration avec le ministère des Affaires étrangères d’Arménie.
Pour en savoir plus sur le séminaire d’Erevan
L'être humain - pas à vendre
La traite des êtres humains est la forme moderne du commerce mondial des esclaves. Les êtres humains sont considérés comme des marchandises à acheter et à vendre, que l’on force à travailler, la plupart du temps dans l’industrie du sexe, mais aussi, par exemple, dans le secteur agricole ou dans des ateliers, pour des salaires de misère voire sans salaire. La traite des êtres humains est une atteinte directe aux valeurs sur lesquelles le Conseil de l’Europe fonde son existence.
La Campagne du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains a été lancée en 2006 sous le slogan L’être humain - pas à vendre. Elle a pour objectif de sensibiliser les gouvernements, les parlementaires, les collectivités locales et régionales, les ONG et la société civile à l’ampleur du problème de la traite des êtres humains en Europe aujourd’hui. Elle attire l’attention sur les différentes mesures qui peuvent être prises pour empêcher cette nouvelle forme d’esclavage, pour protéger les droits fondamentaux des victimes et pour poursuivre en justice les auteurs de la traite.
La campagne vise à promouvoir la signature et la ratification de la Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains afin que cet instrument efficace puisse entrer en vigueur dans les meilleurs délais.
Pour en savoir plus sur la campagne du Conseil de l’Europe

La Bulgarie est le 7ème pays à ratifier et l'Irlande le 36ème pays à signer la Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains
Le 17 avril 2007 la Bulgarie est devenue le 7ème Etat à avoir ratifié la Convention du Conseil de l'Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains, après les ratifications par la Moldova, la Roumanie, l'Autriche, l'Albanie, la Géorgie et la Slovaquie.
Le 13 avril 2007 l'Irlande est devenue le 36ème Etat signataire de la Conventio
Apercu des ratifications par pays de la Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains
L'Albanie, l'Autriche, la Bulgarie, la Géorgie, Moldova, la Roumanie, et la Slovaquie sont les premiers Etats à avoir ratifié la Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains. 10 ratifications sont nécessaires pour l’entrée en vigueur de la convention. La convention a été signée par 28 autres Etats membres du Conseil de l’Europe : Andorre, Arménie, Belgique, Bosnie-Herzégovine, Croatie, Chypre, Danemark, Finlande, France, Allemagne, Grèce, Islande, Irlande, Italie, Lettonie, Luxembourg, Malte, Monténégro, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Portugal, Saint-Marin, Serbie, Slovénie, Suède, « Ex-République yougoslave de Macédoine », Ukraine et le Royaume Uni.
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