28/11/2005
"Cette guerre aux feux mal éteints": En mémoire du futur
Harkis à Vie ?
Toutes les guerres sont sales. Toutes les guerres continuent après les cessez-le-feu et les accords de paix. « Surtout quand ces guerres sont des guerres civiles », précise avec pertinence le colonel AZIZ MELIANI, « des guerres civiles qui se superposent, dans les deux camps ». Eh oui…. Et le devoir de mémoire est d’abord un devoir de mise à plat, de mise au clair des événements, des faits, des méfaits, des réalités. Le temps historique n’est ni le temps émotionnel, ni le temps médiatique : l’Histoire franco-algérienne de la « guerre d’Algérie » reste à écrire. Il est temps de prendre le temps de l’écrire. La dernière loi sur l’indemnisation des Harkis prévoit ce type d’action :donnons aux historiens les moyens de l’écrire.
Harkis. « Ceux qui sont en mouvement en arabe ». « Français musulmans d’Algérie », en Français de France. « Traitres, collabos », en français d’Algérie. Harkis : victimes d’injustices avant-hier, hier, et aujourd’hui encore. Des injustices que les seules indemnisations matérielles ne suffisent pas à réparer. Des injustices héréditaires : ce sont les fils et les petits fils de harkis qui payent la lourde facture de cette guerre aux feux si mal éteints.
« Cette guerre aux feux mal éteints » : c’est le titre du film que l’excellent Jean-Marie FAWER a réalisé. Sa diffusion, hier, dans l’Espace Insignt, à Strasbourg, a bouleversé toutes celles et ceux qui avaient répondu à l’invitation de DpJ ,de l’Association Franco-Algérienne (présidée par Mohamed Guerroumi) et du collectif Insight (animé par Arnaud Weber) . Des témoignages poignants. Des images de honte.
Fawer a su pourtant jouer avec sobriété, pudeur et tact, avec ses caméras. Mais les faits sont tels que ce film est un cri. D’horreur et d’alarme.
Un point commun entre ce film et l’exposition des photos de Julien Chapsal : les visages marqués et surtout les regards. Un signe, comme l’a remarqué Chantal Cutajar : les yeux des fils de harkis sont plus durs, donc plus chargés de douleurs, de rancoeurs et de désespérance que ceux de leurs pères et de leurs mères.
C’est l’espoir qui faut réveiller dans les yeux des fils et de petits fils (et filles, bien sûr) qu’il faut allumer. Harkis à mort ? C’est fait. Harkis à vie ? « Le modèle de la réconciliation franco-allemande est pour nous un modèle », souligne le Colonel Aziz MELIANI…
Daniel RIOT
15:00 Publié dans Le vie de DpJ | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Europe








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