Exposition à Strasbourg:"Gravé pour Mémoire"
À l¹occasion du 60eme anniversaire de la libération du camp de Dachau
GRAVURES de Johnny FRIEDLAENDER Zoran MUSIC Igael TUMARKIN
provenant d¹une collection privée strasbourgeoise
L¹histoire de cette exposition est celle d¹une rencontre entre un collectionneur strasbourgeois, amateur de gravures et plus largement d¹art contemporain et Arnaud Weber, responsable de la programmation de l¹Espace Insight et écrivant une thèse d¹histoire de l¹art sur Johnny Friedlaender.
Au fil de la discussion est né le projet de présenter des ¦uvres de trois maîtres de la gravure contemporaine, qui traduisent de manière puissante l¹horreur des persécutions nazies. En commémoration de l¹anniversaire de la libération du camp de concentration de Dachau, sera montrée une série d¹estampes de Zoran Music, témoignant de sa déportation dans ce camp. L¹exposition est complétée par deux séries de gravures de Johnny Friedlaender et de l¹israelien Igael Tumarkin.
Dachau fut le premier camp de concentration officiel créé par les Nazis. Il fut ouvert le 22 mars 1933 sur ordre personnel de Himmler. Dachau fut le centre de formation où de nombreux futurs commandants de camp apprirent leur "métier". Rudolf Höss, futur commandant d'Auschwitz et Adolf Eichmann y firent leur premières armes. En outre, Dachau fut le lieu de certaines des pires expériences médicales faites par les médecins SS. A la libération par les troupes américaines, il y avait encore 31432 prisonniers dans le camp principal et 36246 autres dispersés dans les kommandos annexes (le camp principal était censé héberger un maximum de 11000 prisonniers à l'origine). On estime que près de 150.000 personnes moururent à Dachau. Premier camp créé, il fut aussi le dernier libéré, par les américains le 29 avril 1945.
Zoran Music est un peintre majeur de la 2ème moitié du 20ème siècle. Né en 1909, il a été déporté à Dachau en 1944-45 Il y réalisa, dans ces circonstances dramatiques, deux cent dessins, dont il put sauvegarder une trentaineŠ (une dizaine sont conservés au Musée de Bâle depuis 1963). Ces dessins serviront de base, bien plus tard, à une série de peintures, dessins et gravures intitulée : « Nous ne sommes pas les derniers » (1970-1975). Des gravures de cette série ainsi que des lithographies (« Cadastre de cadavres », de 1974) seront exposées.
Music a été l¹élève de Johnny Friedlaender (1912-1992) lorsque celui-ci a ouvert en 1950 à Paris son célèbre cours de gravure (parmi les autres élèves, on pouvait compter Zao Wou-Ki, Vieira da Silva, et plus tard, Nicolas de Staël). Friedlaender, qui a connu plusieurs internements dans des camps en Allemagne, puis en France où il s¹était réfugié, a publié en 1945 le recueil de gravures « Images du Malheur » qui sera exposé. Ces gravures expressionistes surprendront ceux qui connaissent son ¦uvre ultérieure très poétique.
Igael Tumarkin est né en 1933 à Dresde, ville où vivait alors Friedlaender et année où ce dernier a été arrêté pour la 1ère fois. Tumarkin a vécu ensuite très jeune en Palestine, puis travaillé avec Bertolt Brecht au Berliner Ensemble à partir de 1955. Après 1961, il a vécu aux Etats-Unis avant de s¹installer à Tel-Aviv où il réside aujourd¹hui. Plusieurs de ses ¦uvres sont inspirées par la Shoah, sculptures, peintures ou gravures, mais également par le rétable d¹Issenheim. C¹est un artiste très reconnu et un graveur à la technique inventive, mais qui est controversé de par ses prises de positions provocatrices. Les gravures de la série « Le Roi des Aulnes, Hommage à Michel Tournier » (1985-86) mettent en parallèle la poésie de Goethe et la montée de la barbarie nazie.
Vernissage Jeudi 14 avril 2005 à 19h
Du vendredi 15 avril au dimanche 1er mai 2005
Ouverture du jeudi au dimanche de 15h à 19h, entrée libre
Espace Insight
10, rue Thoman à Strasbourg (Tram Homme de Fer)
www.espace-insight.org